Fin octobre 2000, un médecin généraliste signalait au Médecin inspecteur de santé publique de la Drôme trois cas de syndromes infectieux aigus survenus en 10 jours sur la même petite commune rurale et évoquant un diagnostic de fièvre Q, rickettsiose due à Coxiella burnetii. Après confirmation biologique du diagnostic, une recherche active des cas fut réalisée et permit de confirmer la survenue de cas groupés de fièvre Q sur cette commune. Une enquête épidémiologique fut initiée par la DDASS et la CIRE Rhône-Alpes-Auvergne pour identifier la source probable de contamination, en particulier tester l'hypothèse d'une transmission par voie aérienne à partir d'un ou de plusieurs élevages identifiés par l'enquête exploratoire. Les témoins ont été recrutés par tirage au sort sur la liste électorale de la commune et ont été testés en immuno-fluorescence indirecte (IFI) afin d'exclure les personnes immunisées. Dans le même temps, la Direction départementale des services vétérinaires de la Drôme mettait en place un contrôle des élevages de la commune. Dix cas sont survenus entre le 04 octobre et le 10 décembre 2000. Il s'agissait d'adultes habitant ou travaillant sur la commune de Montoison. Sur les 50 témoins testés, trois se sont révélés positifs à la fièvre Q et ont été exclus de l'analyse. Les résultats de l'enquête cas-témoin ont mis en évidence une association significative entre le fait d'avoir emprunté au moins une fois par jour la route départementale de Montoison à Crest (axe nord/sud-est) et l'apparition de la maladie (OR=9,1 [1,62-51,12]) ainsi qu'une association entre la circulation à pied ou en véhicule ouvert (vélo, tracteur) sur un chemin communal au sud du village et l'apparition de la maladie (OR=11,5 [0,93-142,23]). La comparaison entre cas et témoins des distances en kilomètres des domiciles à trois élevages situés dans la zone sud de la commune montre également une différence entre cas et témoins avec un test statistique proche du seuil de significativité de 5% pour deux de ces trois élevages (test de Mann et Whitney). L'enquête vétérinaire confirme la prévalence importante de sérologies positives sur les échantillons d'animaux testés dans les élevages 2 et 3 (respectivement 80% et 66% de sérologies positives confirmées en IFI). De plus les épandages de fumiers de ces deux élevages ont été réalisés dans le sud de la commune dans des périodes pouvant correspondre avec les périodes de contamination des cas. A la suite des résultats de ces enquêtes, la direction des services vétérinaires a mis en place des mesures de contrôle vis à vis de ces élevages : traitement médicamenteux des animaux, pasteurisation du lait, bâchage des fumiers, interdiction d'épandage des fumiers. Cependant ces mesures ne s'appuyant sur aucune réglementation, hormis la pasteurisation du lait, relèvent de la bonne volonté des éleveurs à s'y soumettre. De plus, certaines, en particulier celles concernant les fumiers ne peuvent être que transitoires. At the end of October 2000, the local Health authorities
of the district of Drôme were informed by a general practitioner
about 3 cases of acute infectious syndrome declared over a period of
10 days. All were coming from the same rural sub-district and presented
clinical signs compatible with Q fever (rikettsial infection due to Coxiella
burnetti). The District Health Services (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) and the regional epidemiological centre (Cellule inter-régionale d'épidémiologie) conducted an epidemiological investigation in order to identify the sources of contamination. The hypothesis of an airborne transmission from the cattle of one or several farms was tested. Controls were randomly selected from the electoral list of the sub-district and were tested for indirect immuno-fluorescence (IIF) in order to exclude immune persons.In the same time, the veterinary services (Direction Départementale des Services Veterinaries) performed tests in the cattle. A total of 10 cases occurred between December 4th and 10th (date of onset symptoms). All cases were adults and lived or worked in Montoison sub-district. Among fifty selected controls, 3 presented a positive biology and were excluded from the analysis. The case-control study showed a significant association between the disease and the frequentation at least once a week of the secondary road between Montoison and Crest (OR=9.1 [1.62, 51.12]), and the disease and walking or circulating in an open vehicle (bike, tractor) in the south of the village (OR=11.5 [0.93, 142.23]). Comparison of the distances from home to 3 farms located in the southern area of the sub-district showed a difference between cases and controls with a statistical test close to significance for 2 farms. The veterinary survey demonstrated a high prevalence
of positive serology among animals of two farms (80% and 66% of positive
serology confirmed by IIF method). Following the study results, the veterinary services implemented control measures towards the cattle of the two incriminated farms: medical treatment of the animals, pasteurisation of the milk, manure covering, ban of manure spreading). However, except for milk pasteurisation, these measures are not mandatory by law and therefore depend on the farmers' good will. Moreover, they can only be temporary, specially the ones concerning manure. |
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