L'explosion qui s'est produite à Toulouse le 21 septembre 2001 sur le site " AZF " est l'un des accidents industriels les plus importants de ces dernières décennies de par la puissance du souffle et ses conséquences humaines et matérielles sur l'agglomération. Dans les premiers jours qui ont suivi, un dispositif
de suivi épidémiologique des conséquences sanitaires
de l'explosion a été mis en place par l'Institut de veille
sanitaire en collaboration avec la Direction Régionale des Affaires
Sanitaires et Sociales de Midi-Pyrénées. Ce suivi épidémiologique
a pour objectifs : La caractérisation des risques sanitaires liés
aux rejets de substances polluantes émises lors de l'accident
et au décours de celui-ci était l'un des trois axes de
travail du dispositif. Afin de fournir les résultats les plus exhaustifs possibles et de réduire les incertitudes, le volet " santé-environnement " du dispositif de suivi épidémiologique a utilisé de façon concomitante deux approches méthodologiques : la démarche d'évaluation des risques sanitaires à partir de données environnementales, populationnelles et bibliographiques d'une part, et la surveillance spécifique de pathologies ciblées à des fins d'alerte par les systèmes d'information sanitaires locaux d'autre part. Dans le contexte accidentel majeur du 21 septembre, cette double approche a permis de caractériser les risques liés aux expositions à des polluants émis lors de l'explosion et dans les semaines qui ont suivi. Ce rapport présente dans le détail les méthodes utilisées dans ces deux approches complémentaires, les résultats obtenus par chacune d'elle et leur interprétation en terme de risque sanitaire. De manière synthétique, l'analyse ne laisse pas entrevoir d'impact majeur des expositions aux polluants émis du fait de l'accident. Les expositions estimées dans les différents groupes de population touchée et les données sanitaires obtenues auprès des systèmes d'alerte n'ont pas conduit à recommander de surveillance spécifique ni de mesures conservatoires autres que celles qui avaient été prises dans les suites immédiates de la catastrophe. Ce travail a permis par ailleurs de montrer l'intérêt de l'intervention épidémiologique dans un contexte d'urgence et la nécessité d'organiser " à froid " la disponibilité des informations essentielles pour répondre aux questions de santé publique posées lors de telles catastrophes. The explosion which blew up the " AZF " factory in Toulouse on 21 September 2001 is one of the most severe industrial accidents of the last decades, as far as the power of the blast and its material and human consequences in the town are concerned. Within a few days of this accident, an epidemiological
evaluation of the health effects caused by this explosion was set up
by the Institut de Veille Sanitaire in collaboration with the Direction
Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales of the Midi-Pyrénées
region. The objectives of this programme were : The characterisation of health risks caused by the emission of pollutant substances during or just after the accident was one of the three directions of our work. Indeed, the explosion released a cloud of atmospheric pollution essentially made up of nitrogenous compounds which then spread over the South-Western part of the urban centre. The accident also caused the release of nitrogenous compounds in the arm of the Garonne river lining the plant. Finally, the blast sprayed fragments of soil and particles from this old industrial site to the neighbouring districts. The analysis of the health risks related to these releases took into account different types of pollution that took place simultaneously in different sites and with variable lengths of exposure depending on the contaminated site. Health effects were assessed for different delays of onset (immediate, long-term), for different groups of population (relief workers, general population, children) and for different geographical zones (close to or far from the site). In order to provide the best comprehensive results and to reduce uncertainties as much as possible, two methodological approaches were used in parallel for this "environmental health" work: the risk assessment methodology based on environmental measures, population data and bibliographic references, and the surveillance of specific pathologies defined as sentinel events and collected through local health information systems. These two approaches enabled the risks related to the exposure to pollutants released during and after the explosion to be characterised. This report presents in detail the methods used and the results obtained with these two complementary approaches, together with their interpretation in terms of health risks. In brief, the analysis does not indicate a major impact of the exposure to pollutants released by such an explosion. Exposures estimated for the various types of population concerned and the data collected through health information systems did not result in recommending any specific surveillance nor measures of conservation other than those which were taken immediately after the disaster. This work also showed the use of an epidemiological intervention in an emergency context, and the need to organise beforehand the available information which is essential to answer public health questions when such disasters occur. |
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