Les 19 et 20 mars 2001 l'Institut de Veille Sanitaire intervenait en
urgence à la demande de la DGS pour mener une enquête épidémiologique
au collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin dans le Calvados.
La survenue d'un décès subit chez un élève
de troisième après une succession d'événements
de santé au sein du collège avec malaises d'élèves
et d'adulte ayant entraîné la fermeture de l'établissement
donnait une dimension dramatique à un événement
géré jusqu'alors au niveau local.
L'enquête épidémiologique a permis de faire passer un questionnaire
en face à face à 84 % des élèves (n=286) et 71
% des adultes (n=32).
Les signes sont dominés par des maux de tête, des douleurs abdominales,
des nausées et des somnolences tant chez les élèves que
chez les adultes.
Ils sont survenus en trois pic les 5, 8 et 15 mars au collège mais des épisodes
sont survenus aussi entre ces dates et en dehors du collège.
Un grand nombre d'élèves ont présenté plusieurs épisodes
sur les 10 jours.
Au sein du collège quelques salles servant aux travaux pratiques ont
connu le plus grand nombre d'événements mais on a pu constater
des malaises dans la quasi totalité des autres lieux du collège.
Les examens biologiques et radiologiques effectués au service des urgences
de l'hôpital de Bayeux n'ont été en faveur d'aucune étiologie
précise.
L'hypothèse initiale a été celle d'une intoxication d'origine
environnementale et de multiples dosages ont été effectués
d'abord en urgence puis avec des méthodes plus fiables par l'INERIS.
Les premiers résultats se sont tous avérés négatifs
par contre les dosages réalisés par l'INERIS ont montré des
concentrations atmosphériques trop élevées en composés
organiques volatiles et en acétonitrile dans deux salles de classe.
Ces mesures ont été confirmées par plusieurs prélèvements.
Un doute demeure cependant sur la concentration élevée en acétonitrile
qui pourrait être liée à la technique de prélèvement.
Les résultats des différents examens effectués dans le
cadre de l'autopsie du jeune collégien ont permis d'affirmer qu'il n'y
avait aucun lien entre le décès et les autres événements
survenus au collège.
Au total, la nature des symptômes présentés par les élèves
et les adultes, leur distribution dans le temps en trois épisodes d'amplitude
grandissante, leur répétition chez les mêmes élèves,
l'absence de tout signe para-clinique objectif, l'absence de mise en évidence
d'exposition environnementale à un niveau toxique ou de source infectieuse
sont en faveur d'un phénomène psychologique de groupe.
Cependant, il est vraisemblable que le premier épisode ait été déclenché par
une émission d'odeurs et/ou de produits en provenance des circuits d'évacuation
d'eau ou d'un atelier renforcée par la très mauvaise ventilation
des locaux et leur température très élevés.
Les résultats de l'autopsie chez l'enfant excluent tout lien avec les événements.
On March 16th , 2001 , the high school Ernest Hemingway
in Port-en-Bessin (Calvados -France) was closed by the ministry of health,
after the death during the night, of one of the pupils, aged 13.,. Ten
days before,, several pupils and teachers felt unwell on three different
days (march 5, 8 and 15).
The ministry of health asked the Institut de Veille Sanitaire to undertake
an investigation in the high school.
During the survey 84 % of the pupils (n=286) and 71 % of the adults (n=32)
were interviewed.
The symptoms presented by the cases (pulpils and adults) were most of the time
headaches, -stomach aches, nausea, sleepiness.
There were three episodes on the 5th, 8th and 15th of March but some people
presented with symptoms between these days and outside of the school hours.
Most of the " events" occurred in classrooms used for "practical
teaching but were also reported before in most other classrooms of the school.
Biological and radiological examinations done at the hospital emergency ward
weres normal and gave no indication for a specific cause which could explain
the events.
The initial hypothesis was an environmental intoxication. Many atmosphere samples
were taken in the classrooms, first in emergency conditions and secondly by
INERIS?? with more reliable methods.
The first samples were s negative but the ones taken by INERIS showed a high
concentration of organic volatile compounds and acetonitril in two classrooms
: these results were confirmed by several samples but it is possible that the
high level of acetonitril is an artefact due to the sampling method.
Based on the post mortem examination results of the 13 years old pupil, it
was possible to confirm that there was no link between this death and the school
events.
The characteristics of the symptoms presented by pupils and adults working
in the high school, the fact, that their time distribution comprised three
growing peaks that the risk to be sick was higher among pupils who had a first
or a second event, that all the biological and radiological examinations were
normal and the fact that no infectious agent or environmental cause at a toxic
level were found, were in favour of a mass sociological disease .
But we suppose that the first events which occurred on march the 5th after
, statements of "bad smells" could be linked to chemical products
coming from "the water evacuation system or from a workshop just beside
the classroom where the first event started.
This was surely reinforced by existing high temperatures in the classrooms
and deficient "ventilation".
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