Surveillance du sida en France. Point sur la situation au 31 décembre 2000

Institut de Veille Sanitaire



Les données de la situation de l’épidémie de Sida en France au 30 juin 2000 montraient une stabilisation du nombre de nouveaux cas et du nombre de décès, une prépondérance des cas liés à une contamination hétérosexuelle et une part importante de personnes développant le Sida sans avoir pu bénéficier des avancées thérapeutiques du fait de la méconnaissance de leur séropositivité [1]. Au 31 décembre 2000, avec un semestre supplémentaire de données, ces tendances se confirment.

Le nombre de cas de Sida diagnostiqués chaque semestre continue à diminuer mais faiblement (-13% entre le second semestre 1999 et le second semestre 2000). Le nombre de cas de Sida diagnostiqués au deuxième semestre 2000 est estimé à environ 700.

Le nombre de décès par Sida, qui avait fortement diminué à partir du second semestre 1996, s’est stabilisé depuis le deuxième semestre 1998. Le nombre de décès par Sida au second semestre 2000 est estimé à 315. Au 31 décembre 2000, le nombre total de décès par Sida depuis le début de l’épidémie est estimé à 31 780.

Le nombre de personnes ayant développé un Sida et vivantes continue à augmenter de 2 à 3% par semestre, il est estimé à 21 747 au 31 décembre 2000. Cette augmentation est plus marquée chez les personnes dont le mode de contamination est hétérosexuel (+5% par semestre) que pour celles dont le mode de contamination est homosexuel ou lié à l’usage de drogues injectables : entre le premier semestre 2000 et le second semestre 2000, cette augmentation est de 1% pour les homosexuels et nulle chez les usagers de drogues injectables.

Les rapports hétérosexuels représentent le mode de contamination le plus fréquent parmi les cas de Sida diagnostiqués depuis 1997. Cette prépondérance augmente au cours du temps, la part de la contamination hétérosexuelle est de 37,5% pour les cas de Sida diagnostiqués en 1997 et atteint 45% pour ceux diagnostiqués en 2000. Pour les cas de Sida diagnostiqués au deuxième semestre 2000, les trois principaux modes de contamination se répartissent de la manière suivante : hétérosexuel 47%, homosexuel 26%, lié à l’usage de drogues injectables 14%.

On observe une diminution du nombre de cas de Sida diagnostiqués en 2000 par rapport à l’année 1999 chez les hommes dont le mode de contamination est homosexuel, chez les hommes et les femmes dont la contamination est liée à l’usage de drogues injectables et chez les hommes dont le mode de contamination est hétérosexuel. A l’inverse, on constate une augmentation, du nombre de cas de Sida diagnostiqués en 2000 chez les femmes dont le mode de contamination est hétérosexuel (+20% par rapport à 1999).

Le nombre de cas de Sida diagnostiqués en 2000 est estimé à 442 chez les femmes et à 1144 chez les hommes. Le nombre de nouveaux cas de Sida chez les femmes adultes a augmenté de 5% entre 1999 et 2000 alors que chez les hommes adultes, il a diminué de 15% entre 1999 et 2000. On note donc une proportion croissante de femmes parmi les cas de Sida diagnostiqués chez les adultes au cours des derniers semestres. Cette proportion restée aux alentours de 20% depuis le premier semestre 1993, s’est élevée à 25% au 2ème semestre 1999 et au 1er semestre 2000 pour atteindre 31% au second semestre 2000.

Le diagnostic simultané de la séropositivité et du Sida concerne 51% des cas diagnostiqués au cours du second semestre 2000. La part de ces diagnostics simultanés de séropositivité et de Sida a augmenté au cours du temps : elle représentait environ 20% des cas de Sida diagnostiqués du premier semestre 1994 au premier semestre 1996 ; elle est passée à 31% au second semestre 1996 et se situe aux environs de 50% depuis le second semestre 1997. Au second semestre 2000, cette méconnaissance de la séropositivité concerne respectivement 59%, 48% et 16% des personnes atteintes de Sida contaminées par rapports hétérosexuels, par rapports homosexuels et par l’usage de drogues injectables.

Environ la moitié de ceux qui connaissaient leur séropositivité avant le diagnostic de Sida ont bénéficié d’un traitement anti-rétroviral. La part des personnes traitées avant le diagnostic de Sida, qui était de 60% du premier semestre 1994 au premier semestre 1996, passe à 52% au second semestre 1996 et, depuis cette date, fluctue entre 40 et 50% des cas diagnostiqués chaque semestre.

Parmi les personnes dont le diagnostic de Sida a été fait au second semestre 2000 et qui connaissaient leur séropositivité, la part de celles qui ont bénéficié d’un traitement anti-rétroviral avant le Sida a été respectivement de 60%, 55% et 45% chez les personnes contaminées par rapports homosexuels, par l’usage de drogues injectables et par rapports hétérosexuels.

Les données récentes confirment que l’épidémie de Sida reste préoccupante, notamment chez les femmes et chez les personnes contaminées par relation hétérosexuelle.


[1] BEH 2000, 52:233-235.

 

 

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Mise en ligne le 7 février 2001
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