Surveillance épidémiologique de la légionellose en France en 2000

B.DECLUDT. Institut de Veille Sanitaire

 

La surveillance de la légionellose en France repose principalement sur le système de déclaration obligatoire (DO), institué en 1987. Elle a pour objectif de suivre l'évolution de l'incidence, de détecter les cas groupés et d'orienter les mesures de prévention. Depuis la mise en place de la DO et jusqu'en 1997, le nombre de cas déclarés est resté très faible (<100). Des mesures de renforcement de ce système ont été prises en 1997, qui ont coïncidé avec une augmentation des notifications des cas de légionellose (80 cas en 1996, 610 en 2000).

La France participe également au réseau européen de surveillance des légionelloses acquises lors des voyages (European Working Group for Legionella Infections, EWGLI) .Ce réseau qui regroupe 31 pays signale, aux autorités sanitaires du pays concerné, tout cas de légionellose ayant voyagé pendant les 10 jours précédant le début de la maladie en précisant les lieux fréquentés. Ce système permet d'identifier des cas groupés pouvant être rattachés à une source commune d'exposition afin de prendre les mesures de prévention appropriées.

Avec 610 cas déclarés en 2000, l’incidence en France métropolitaine est de 1 cas pour 100000 habitants et se situe dans la moyenne européenne. L'incidence la plus élevée concerne le groupe d'âge des 70-79 ans. Aucun cas n'a été déclaré chez des enfants depuis 1998.

92 décès sont survenus et la létalité pour les cas avec évolution connue à la date de la déclaration est de 25%. La majorité des cas (98%) étaient porteurs d'une infection à Legionella pneumophila.

La présence d'un ou plusieurs facteurs favorisants a été retrouvée chez 436 (71%) cas : 81 (13%) présentaient un cancer ou une hémopathie, 78 (13%) avaient un traitement de corticoïdes ou d'autres traitements immunosuppresseurs, 67 (11%) étaient diabétiques et 244 (40%) étaient des fumeurs. Le tabagisme a été cité comme seul facteur favorisant chez 153 (25%) d’entre eux.

Parmi les 610 cas, 293 (48%) ont rapporté une exposition à risque dans les 10 jours précédant le début de la maladie. Chez 119 (20%) cas il s'agissait d'un séjour dans un hôpital ou une clinique, 54 (9%) dans un hôtel ou un camping ou sur un bateau de croisière, 6 (1%) dans un établissement thermal, 6 (1%) dans une maison médicalisée. Pour 17 (3%) cas un séjour dans un pays étranger sans précision sur le lieu d’hébergement a été signalé. Pour 91 (15%) cas un séjour dans une maison de retraite, une éventuelle exposition sur le lieu de travail ou lors des loisirs avait été mentionnée.

En 2000, le réseau européen a notifié 351 cas de légionellose associée aux voyages dont 81 (25%) ayant séjourné dans des hôtels ou campings en France. Des cas groupés (2 à 5) ont été identifiés dans sept établissements.

Depuis 1997, le nombre de cas de légionellose déclarés est en augmentation. L'amélioration des méthodes diagnostiques et une meilleure connaissance de la maladie peuvent expliquer cette tendance. L’introduction du test de détection de l'antigène urinaire a beaucoup facilité le diagnostic de la légionellose. Les épidémies de légionellose survenues en France ou à l'étranger ces dernières années ont pu également sensibiliser les médecins au diagnostic de la maladie et à l'intérêt de la déclaration. Une enquête auprès de trois sources d’informations (les déclarations obligatoires, les données du Centre National de Référence et les données d’une enquête auprès des laboratoires de bactériologie) a indiqué en 1998 une exhaustivité de la déclaration obligatoire de 33% pour l'ensemble des cas (10% en 1995) et de 70% pour les cas diagnostiqués par culture. Cependant, on ne peut exclure une augmentation réelle de l'incidence de la légionellose. Malgré une amélioration de l'exhaustivité de la DO, celle ci reste encore insuffisante pour repérer les alertes et suivre les tendances épidémiologiques.

Depuis 1997, devant tout cas de légionellose nosocomial, une enquête est réalisée par le CLIN de l'établissement concerné. A la suite d'un cas isolé ayant séjourné dans un hôtel ou camping, la DDASS rappelle à l'établissement les règles de bonnes pratiques d'entretien d'un réseau d'eau chaude sanitaire en vue de limiter la multiplication des Legionella et devant des cas liés ou groupés une enquête est réalisée par les services Santé-Environnement. La participation de l'ensemble des professionnels à toutes ces actions permettent une amélioration prospective de la prévention de la légionellose en milieu hospitalier et communautaire.


Annexes :

Cas de légionellose déclarés, France, 1988 – 2000

Incidence de la légionellose selon l’âge en France, 2000

Facteurs pré-disposants parmi les cas de légionellose *, France, 2000

Expositions à risque parmi les cas de légionellose, France, 2000

 

 

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Mise en ligne le 30 juillet 2001
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