AIDE-MÉMOIRE

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (HAPC) ou "dioxines"

30 juin 2000

 

Communiqué de presse du 30 juin "Dioxines : premières données nationales sur l’exposition et l’imprégnation de la population française"

  • Qu’est-ce que les dioxines ?

Les dioxines ( les polychlorobenzodioxines ou PCDD) et les furanes (les polychlorodibenzofuranes ou PCDF) regroupés sous le terme " dioxines " appartiennent à la famille chimique des hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés ou HAPC. Ce sont des polluants ubiquitaires très stables. 75 PCDD et 135 PCDF ont été identifiés. Seuls 17 d’entre eux (les plus toxiques) sont habituellement étudiés. La 2,3,7,8-tétrachlorodibenzodioxine ou TCDD est la plus toxique.

Introduites dans l’environnement, les dioxines persistent en raison de leur stabilité chimique. Elles ont une forte affinité pour les graisses. Leur demi-vie dans l’organisme humain est d’environ sept ans.

  • Quelles sont les sources d’émission des dioxines ?

Les dioxines sont des substances qui résultent essentiellement de procédés industriels : incinérateurs de déchets, fonderie, métallurgie, sidérurgie, blanchiment de la pâte à papier, fabrication d’herbicides et de pesticides… Elles peuvent également résulter d’événements naturels comme les éruptions volcaniques et les feux de forêt.

  • Comment les populations sont-elles exposées aux dioxines ?

Les dioxines se retrouvent dans tous les milieux de l’environnement (air, sol, eau, sédiments) et sont susceptibles de contaminer les plantes et les animaux. La source principale de contamination chez l’homme est alimentaire. Certaines personnes peuvent être exposées à de plus fortes doses de dioxines en raison d’habitudes alimentaires spécifiques (gros mangeur de poissons ou de graisses animales, par exemple) ou de leur profession (activité régulière liée à certains milieux industriels).

Par ailleurs, le fœtus peut être exposé aux dioxines à travers le placenta et le nouveau-né, par le lait maternel. Compte tenu de la très faible toxicité aiguë des dioxines chez l’homme, une surexposition transitoire du nourrisson par le lait maternel doit être appréciée dans le contexte des effets bénéfiques de l’allaitement (développement et immunisation de l’enfant, relation avec la mère…). Ces effets bénéfiques ont été rappelés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1998.

  • Quels sont les effets des dioxines sur la santé humaine ?

Une exposition à court terme, à des teneurs élevées en dioxines peut être à l’origine de lésions cutanées (de type ‘‘acné’’), de formation de tâches sombres sur la peau, voire d’une altération de la fonction hépatique.

Une exposition prolongée (au moins sur plusieurs années) peut entraîner des perturbations du système immunitaire et du développement du système nerveux, des troubles du système endocrinien et de la fonction de reproduction.

La TCDD (la plus toxique des dioxines) est classée depuis 1997, comme substance cancérigène. Toutefois, elle n’a pas d’impact sur le matériel génétique (ADN).

  • Comment estimer le risque après consommation de denrées alimentaires contaminées par les dioxines ?

Pour évaluer le risque réel dû à l’exposition, il faut avoir des données exactes sur :

  • la teneur en dioxines de l’aliment
  • la quantité d’aliment contaminé consommé
  • la durée de l’exposition.

Bien que le risque associé aux dioxines ait été particulièrement étudié, les incertitudes pour l’évaluer restent très importantes. Elles concernent l’appréciation de la nocivité de ces substances et la relation entre une dose (précise) et son effet.

L’OMS a évalué la dose journalière admissible (ou DJA) entre 1 à 4 picogrammes par kilogramme de poids corporel (un picogramme est égal à un millionième de millionième de gramme) pour un adulte de 70 kg. Il s’agit d’un seuil de précaution pour une exposition quotidienne au cours de la vie entière. La DJA prend en compte l’exposition aux dioxines ainsi que leur quantité accumulée dans l’organisme.

  • Est-il facile de doser les dioxines dans l’alimentation et dans l’environnement ?

L’analyse des dioxines nécessite l’utilisation de méthodes sophistiquées. Seul un petit nombre de laboratoires dans le monde est capable de réaliser de telles analyses. Le coût de l’identification et du dosage des dioxines est très élevé (de 5.000 à 10.000 francs pour l’analyse d’un échantillon biologique).

Par ailleurs, on dispose de peu de données de référence concernant le dosage des dioxines dans les différents milieux biologiques (sang, tissus adipeux…). La mesure des concentrations de dioxines dans le lait maternel est considérée par la communauté scientifique comme un bon indicateur de l’exposition chez l’homme.

  • Que peut faire la population pour réduire le risque d’exposition aux dioxines ?

Les consommateurs ont une marge d’action limitée sur leur niveau d’exposition aux dioxines. Ils peuvent toutefois réduire leur consommation de graisses animales et adopter un régime alimentaire équilibré et varié afin d’éviter une exposition excessive due à une seule source.

  • Existe-t-il une réglementation pour limiter les émissions de dioxines ?

Suite à la directive européenne du 16 décembre 1994, la France a imposé une valeur limite d’émission de 0.1 nanogramme (10-9 g) par m3 de fumées aux installations d’incinération de déchets industriels spéciaux (arrêté du 10 octobre 1996). Cette valeur, réservée à l’origine aux seules installations nouvelles, sera applicable à l’ensemble des installations d’élimination des déchets industriels spéciaux à compter du 1er juillet 2000.

Par ailleurs, la France a anticipé l’évolution de la réglementation européenne relative aux déchets ménagers en demandant aux préfets (circulaire du 24 février 1997) d’appliquer cette même valeur limite à tous les nouveaux incinérateurs d’ordures ménagères.

 

Ce document a été réalisé par le département santé environnement (Institut de veille sanitaire)
Téléphone : 01-41-79-67-50

 

 

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Mise en ligne le 30 juin 2000
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