Communiqué de presse - 14 novembre 2001
VIH en Europe : une situation hétérogène,
marquée par une augmentation
des contaminations liées à l’utilisation
de drogues injectables dans les pays de l’ex-URSS
Les 15 et 16 novembre prochains, les responsables de la surveillance
du VIH/sida des 51 pays de la " région Europe " de
l’Organisation Mondiale de la Santé se réuniront lors du
colloque " EuroHIV : Surveillance du VIH/sida en Europe " organisé par
l’Institut de Veille Sanitaire. Cette rencontre sera l’occasion de faire
le point sur la situation très hétérogène
de l’infection à VIH en Europe. A l’Ouest, le VIH est devenu endémique,
tandis que plusieurs pays de l’ex-URSS sont actuellement confrontés à des
situations épidémiques explosives où la propagation
du VIH est largement associée à l’injection de drogues.
En Europe de l’ouest, les homosexuels et les utilisateurs
de drogues injectables (UDI), déjà largement touchés
dans les années 80, demeurent les populations à plus haut
risque même si les personnes infectées lors d’un rapport
hétérosexuel constitue une proportion croissante des nouvelles
contaminations VIH. La baisse du nombre annuel de cas de sida (depuis
l’introduction de puissants traitements antirétroviraux en 1996)
se poursuit, mais à un rythme plus lent. Par contre, le nombre
de nouveaux diagnostics d’infection à VIH ne diminue pas (6 cas
pour 100 000 habitants pour l’ensemble des pays où la déclaration
de la séropositivité a été mise en place).
Dans les pays de l’ex-URSS, l’épidémie
d’infection à VIH s’est développée parallèment à l’ouverture
du traffic d’héroine d’Afghanistan vers l’Europe à travers
les Républiques d’Asie centrale dans les années 90. Les
premiers foyers épidémiques sont apparus en 1996, chez
des UDI, en Ukraine, dans l’enclave russe de Kaliningrad et dans le nord
du Caucase. Depuis, l’épidémie s’est propagée aux
autres pays avec une intensité variable. Dans la Fédération
de Russie par exemple, 59 380 nouveaux diagnostics VIH (40 pour
100 000 habitants) ont été déclarés
en 2000 comparé à 20 150 en 1999. Des augmentations
très importantes sont également observées dans les
pays baltes, notamment en Estonie (28 pour 100 000 en 2000, soit
33 fois le taux déclaré en 1999) et en Lettonie (20 pour
100 000, soit 2 fois le taux de 1999). Les données du premier
semestre 2001 indiquent que le taux de nouveaux diagnostics VIH continent à augmenter
rapidement. Ces nouveaux diagnostics concernent en majorité des
UDI (75%), des hommes (77%) et des adolescents ou des adultes jeunes
(moins de 30 ans, 84%).
La situation est très différente en Europe
centrale où, globalement, l’épidémie reste peu active,
avec un taux de nouveaux diagnostics VIH de 0,8 pour 100 000 en
2000.
Ces données de surveillance épidémiologique,
essentielles pour guider les actions de prévention et de contrôle,
traduisent la diversité de la situation du VIH en Europe. A l’Ouest,
les défis majeurs restent le maintien des comportements préventifs
et l’accès au dépistage et aux soins pour les personnes
infectées. L’Europe centrale a jusqu’à présent su
se préserver d’une épidémie de grande importance.
Conserver cette position reste une priorité pour cette région.
En revanche, les pays de l’ex-URSS connaissent actuellement une situation
explosive de consommation de drogues associée à une propagation
du VIH chez les UDI. Contrôler ces épidémies et prévenir
une transmission sexuelle de l’infection à VIH à grande échelle
est plus que jamais fondamental.
Source : ces chiffres sont extraits du rapport
‘Surveillance du VIH/Sida en Europe’, qui sera disponible sur le site www.eurohiv.org le
1er décembre 2001.
Contact :
InVS / Cellule de Communication – Service des Relations avec la Presse
tel. 01-41-79-67-06
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