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| Figure 1 - Incidence des infections invasives, méningites et bactériémies, à pneumocoques en 2008, par tranche d’âge, en France (données Epibac) |
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L’observation des données d’incidence globale, toutes tranches d’âges confondues, montre une augmentation de 14,0 % de l’incidence des IIP, de 9,2 cas pour 100 000 en 1998-2002 à 10,4 cas pour 100 000 en 2007-2008 (p<10-3 ). Le nombre annuel moyen de cas est ainsi passé de 3 834 cas pour la période 1998-2002 à un nombre annuel moyen de 5 065 cas pour la période 2007-2008. Toutes les tranches d’âges sont affectées par cet accroissement de l’incidence des IIP, à l’exception de la tranche d’âge ciblée par la vaccination. En effet, chez les enfants âgés de 0 à 23 mois, une baisse de 32,5 % (p<10-3) de l’incidence des IIP a été enregistrée entre 1998-2002 (32,7 cas pour 100 000) et 2007-2008 (22,1 cas pour 100 000), soit une diminution moyenne de 10,6 cas pour 100 000 entre ces deux périodes. Dans les autres tranches d’âges, les augmentations d’incidence des IIP sont significatives. Chez les adultes âgés de plus de 64 ans, l’incidence des IIP croît entre 1998-2002 et 2007-2008 de 27,9 à 30,6 cas pour 100 000, soit une augmentation de 9,8 % (p<10-3). Par ailleurs, les tranches d’âges intermédiaires sont affectées par des hausses relatives, +21,0 % (p<10-3) chez les 2-15 ans et +24,9 % (p<10-3) chez les 16-64 ans, qui doivent être appréciées au regard de l’incidence peu élevée dans ces deux groupes d’âge comparativement à celle qui caractérise les groupes des 0-23 mois et des plus de 64 ans. Ainsi en 2007-2008, ce sont en moyenne 82 cas d’infections invasives supplémentaires qui ont été identifiés chez les enfants âgés de 2 à 15 ans par rapport à la période prévaccinale 1998-2002 (figure 2).
| Figure 2 - Incidence des infections invasives à pneumocoques par tranche d’âge, 1998-2008, France (données Epibac) |
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Evolution de l’incidence des infections invasives à pneumocoques par tranche d’âges et par groupe de sérotypes (vaccinaux et non vaccinaux), 2001-2008
Dans toutes les tranches d’âge, l’incidence des IIP à sérotype vaccinal est significativement plus faible en 2007-2008 par rapport à 2001- 2002. A partir de 2003, l’incidence des IIP à sérotype vaccinal diminue fortement chez les enfants âgés de moins de 2 ans : 20,5 cas pour 100 000 en 2001-2002 à 3,0 cas pour 100 000 en 2007-2008, soit une diminution de 85,5 %. Les baisses relatives de l’incidence à sérotype vaccinal pour les méningites et les bactériémies dans cette tranche d’âge sont respectivement de -84,7 % et de -85,2 %. Des diminutions importantes sont aussi rapportées dans les autres groupes d’âges avec, pour les infections invasives chez les 2-15 ans et les méningites chez les 16-64 ans et plus de 64 ans, des baisses relatives respectives de -65,5 %, -50,2 % et -22,8 %. Parallèlement à cette diminution de l’incidence des IIP causées par des sérotypes vaccinaux, l’incidence des IIP à sérotype non vaccinaux a significativement augmenté entre 2001-2002 et 2007-2008 dans tous les groupes d’âges. Dans le groupe cible de la vaccination, l’incidence des méningites à STNV s’est accrue de 92,2 % (p<10-3) entre 2001-2002 et 2007-2008 (2,4 cas pour 100 000 en 2001-2002 et 4,7 cas pour 100 000 en 2007-2008) et pour les bactériémies de 105,9 % (p<10-3) entre les mêmes périodes (7,0 cas pour 100,000 en 2001-2002 et 14,4 cas pour 100,000 en 2007-2008). Chez les 2-15 ans, 16-64 ans et plus de 64 ans, l’incidence des IIP à sérotype non vaccinal dans le premier groupe d’âge et des méningites dans les deux autres groupes d’âges a augmenté respectivement de 124,1 % (p<10 -3), 89,4 % (p<10-3) et 71,6 % (p<10-3) (figures 3 à 7).
Figure 3 - Incidence des méningites à pneumocoques, global et par groupe de sérotypes, chez les enfants âgés de 0 à 23 mois, 2001 à 2008 (données Epibac/CNRP) |
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| Figure 4 - Incidence des bactériémies à pneumocoques, global et par groupe de sérotypes, chez les enfants âgés de 0 à 23 mois, 2001 à 2008 (données Epibac/CNRP) |
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| Figure 5 - Incidence des infections invasives à pneumocoques, global et par groupe de sérotypes, chez les enfants âgés de 2 à 15 ans, 2001 à 2008 (données Epibac/CNRP) |
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Figure 6 - Incidence des infections invasives à pneumocoques, global et par groupe de sérotypes, chez les adultes âgés de 16 à 64 ans, 2001 à 2008 (données Epibac/CNRP) |
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Figure 7 - Incidence des infections invasives à pneumocoques, global et par groupe de sérotypes, chez les adultes âgés de plus de 64 ans, 2001 à 2008 (données Epibac/CNRP) |
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Evolution de l’incidence des infections invasives à pneumocoques entre 2007 et 2008
Enfin, l’observation des tendances épidémiologiques globales au cours de la dernière année montre un ralentissement des évolutions épidémiologiques en 2008 par rapport à l’année 2007. Chez les enfants de moins de 16 ans, l’incidence des méningites et des bactériémies est stable entre 2007 et 2008 à l’exception des bactériémies dans le groupe cible dont l’incidence en 2008 est supérieure à celle de 2007 (+22,2 % ; p=0,0475). Pour le groupe des adultes âgés de plus de 64 ans, l’incidence des méningites et des bactériémies reste également stable contrairement à ce qui est observé chez les adultes entre 16 et 64 ans pour lesquels l’incidence des IIP augmente de 8 % (p=0,015) entre 2007 et 2008.
Discussion
L’incidence globale des IIP toutes tranches d’âges confondues a significativement augmenté entre 1998 et 2008 : la hausse de l’incidence de ces infections a été de 14 % entre 1998-2002 et 2007-2008. Cette augmentation globale masque toutefois l’hétérogénéité des tendances dans les différentes tranches d’âge. Entre 1998 et 2008, l’incidence des IIP a augmenté dans la population des enfants et des adultes âgés de plus de 2 ans alors qu’elle diminuait chez les enfants âgés de moins de 2 ans, cibles de la vaccination. La baisse significative des IIP dans cette population cible est très probablement liée à la vaccination puisque dès l’introduction du vaccin en 2003, l’incidence des IIP à sérotype vaccinal diminuait de façon importante et entre 1998-2002 et 2007-2008 cette baisse relative était de 85,5 %. L’amélioration de la couverture vaccinale des nourrissons au fil des années a conduit, dans cette population, à une réduction du portage des sérotypes vaccinaux et donc du risque de transmission, réduction dont a indirectement bénéficié le reste de la population. L’incidence des IIP à sérotype vaccinal dans les groupes plus âgés a significativement diminué entre les périodes pré et post-vaccinales. Cependant, en dépit de la baisse continue de l’incidence des IIP dues aux sérotypes vaccinaux observée dans toutes les tranches d’âges, le bénéfice de la vaccination par ses effets direct et indirect sur ces sérotypes a été réduit voire neutralisé selon le groupe d’âge par l’apparition d’un phénomène de remplacement sérotypique. L’émergence des sérotypes non vaccinaux est observée dans toutes les tranches d’âges. Chez les enfants de moins de 2 ans, l’augmentation de l’incidence des IIP dues aux sérotypes non vaccinaux a été moins importante que la diminution de l’incidence des IIP dues aux sérotypes vaccinaux conduisant à un bilan globalement positif. Dans les autres tranches d’âge, l’effet indirect de la vaccination n’a pas suffi à compenser l’effet de remplacement sérotypique par les sérotypes non vaccinaux. Par ailleurs, l’incidence des IIP se stabilise entre 2007 et 2008 sauf dans le groupe des 16-64 ans qui connaît une augmentation significative des IIP.
Cette modification importante du profil des sérotypes observé entre les périodes pré et post-vaccinale s’est traduite par une forte baisse de la couverture sérotypique du vaccin heptavalent qui était estimée, pour les souches isolées de méningites et de bactériémies, à 69 % et 67 % respectivement avant 2003, et pour les souches isolées de méningites (tous âges) et de bactériémies (moins de 16 ans) à 18 % et 9 % respectivement en 2008. L’ensemble des résultats doit toutefois être interprété en tenant compte de certaines limites. En particulier, les données d’incidence prennent en compte le défaut de couverture du réseau Epibac mais ne sont pas corrigées pour la sous-déclaration au sein de ce réseau, estimée grâce à une étude de capture-recapture autour de 20 %. Les données d’incidence présentées dans ce bilan sont donc légèrement sous-estimées mais il n’y pas d’arguments pour penser que cette sous-estimation ait varié durant la période de l’étude. En conclusion, cette analyse suggère que la vaccination a induit une baisse de l’incidence des IIP de sérotypes vaccinaux dans toutes les tranches d’âge avec un bénéfice pour la population-cible de la vaccination, alors que dans la population non ciblée par la vaccination, le bénéfice a été neutralisé par le phénomène de remplacement sérotypique. En effet, dans le groupe cible, ce sont en moyenne chaque année, en 2007 et 2008, 43 cas de méningites et 93 cas de bactériémies qui auraient été évités par la vaccination, en comparaison avec la période prévaccinale. L’analyse fine en fonction des différents sérotypes sera importante pour évaluer l’impact attendu de la recommandation du Haut conseil de santé publique substituant en 2010 le vaccin 7-valent par le vaccin 13-valent pour lutter contre le phénomène de remplacement sérotypique tel qu’observé durant ces dernières années.
* Données par groupes de sérotypes non disponibles pour les bactériémies chez les adultes de plus de 16 ans en 2008
**Analyse réalisée à partir de l’échantillon généraliste des bénéficiaires EGB (données de couverture vaccinale CnamTS/InVS non publiées).
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| Institut de veille sanitaire Mise en ligne le 7 juillet 2010 |
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