Le 21 août 2007, la Cellule interrégionale d’épidémiologie
(Cire) Ouest était informée par la Direction départementale
des affaires sanitaires et sociales des Côtes d’Armor (Ddass 22) de la
survenue de 8 cas d’hépatite A dans ce département depuis la
mi-août.
Les 4 premiers cas avaient été signalés à la Ddass
22 entre les 13 et 16 août par le biais de la déclaration obligatoire.
Une investigation épidémiologique a été mise en
place par la Cire Ouest et la Ddass 22 en lien avec l’InVS afin d’identifier
la source et d’orienter les mesures de contrôle.
A la date du 13 septembre, 84 cas confirmés d'hépatite A résidant ou ayant séjourné dans les Côtes d’Armor depuis début juillet 2007 ont été recensés. Quarante-six résidaient dans un autre département et 3 autres à l’étranger.
Quatre-vingt-un cas dont 44 touristes domiciliés à l’extérieur du département ont été interrogés. Il s’agit de 42 hommes et 39 femmes. Les âges sont compris entre 4 et 82 ans avec une médiane à 42 ans. Le début des symptômes s’échelonne entre le 27 juillet et le 4 septembre avec un pic au cours de la semaine 32 du 6 au 12 août (33 cas). L’allure de la courbe épidémique et les informations disponibles sur les périodes de séjour dans la région de Paimpol des non-résidents sont en faveur d’une source de contamination ponctuelle en juillet (entre le 4 et le 21 juillet).
Les lieux de résidence ou de séjour (pour les touristes) se
situaient majoritairement dans le secteur Lannion – Paimpol (Trégor-
Goëllo). Parmi les 44 touristes, 43 étaient présents pendant
au moins 1 jour au cours de la période du 12 au 17 juillet 2007.
Soixante-treize cas sur 80 documentés ont présenté un
ictère. Vingt-cinq cas ont été hospitalisés. L’évolution
est favorable pour tous à ce jour.
L'analyse des résultats de l'investigation épidémiologique
(81 cas) montre une absence de séjour hors métropole, de contact
avec des collectivités d'enfants, de restaurant en commun ou de zones
de baignade communes. La dispersion géographique des lieux de résidence
des cas exclut une contamination par l’eau de distribution.
La consommation d’au moins une espèce de coquillage est rapportée
pour 99% des cas. Soixante-dix-sept pour cent des cas ont consommé des
huîtres, 83% des coquillages crus (huîtres, palourdes, amandes,
praires), et 51 % des moules.
L’analyse des consommations de coquillages parmi les 26 touristes ayant fait
un séjour court en juillet et pendant la période identifiée
comme la période probable de contamination et pour lesquels les données
de consommation sont documentées montre que 100 % ont consommé des
huîtres et 58 % des moules.
Les coquillages ont été consommés à domicile ou
dans un restaurant. Ils ont été achetés dans différents
types d’établissements (moyennes et grandes surfaces, poissonneries
ou directement chez le producteur) de la région de Paimpol. Tous les
lieux d’achat ou de consommation dans un restaurant ont été répertoriés
et l’origine des huîtres vendues ou servies recherchée. Cette
enquête encore en cours, oriente vers une origine géographique
commune des coquillages.
Deux cas dont la date de début des signes est en semaine 36, n’ayant
pas consommé de coquillages, et ayant un contact avec un cas, peuvent être
considérés comme des cas secondaires.
Les résultats de l’investigation épidémiologique confirment la survenue d’une épidémie d’hépatite A dans les Côtes d’Armor (région de Paimpol) et suggèrent que cette épidémie est liée à la consommation de coquillages entre le 4 et le 21 juillet, en particulier d’huîtres provenant de la baie de Paimpol. Le suivi épidémiologique se poursuit pour s’assurer de la fin de l’épisode et pour identifier d’éventuels autres cas secondaires liés à la transmission du virus de l’hépatite A de personne à personne.
Distribution hebdomadaire des cas d’hépatite A par
date de début des signes (N=81),
Côtes d’Armor, juillet-septembre 2007
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| Institut
de veille sanitaire Mise en ligne le 7 septembre 2007 Mise à jour le 14 septembre 2007 |
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