Communiqué de presse

Risques sanitaires liés au fioul de l'Erika

 

 

23 janvier 2007

 

Plusieurs media ont récemment fait écho aux travaux d’Annie Pfohl-Leszkowicz, toxicologue à l’Ecole nationale supérieure d’agronomie de Toulouse et de son équipe relatifs à la cancérogénicité de certains des composants du Fioul de l’Erika.

De nombreux agents cancérigènes sont présents dans notre environnement : le Centre international de recherche sur le cancer en dénombre une centaine, depuis le benzène contenu dans l’essence de voiture jusqu’au rayonnement solaire en passant par la poussière de bois. Le caractère cancérigène de certains des composants du Fioul (et en particulier celui de l’Erika) est avéré depuis longtemps. Le caractère cancérigène d’une substance ne permet pas à lui seul de déduire le risque lié à celle-ci. Pour quantifier le risque, il faut tenir compte notamment de l’exposition : intensité, fréquence, durée, type de personne exposée (âge, sexe…), voies d’exposition (cutanée, alimentaire, respiratoire).

Dans les mois qui ont suivi l’accident de l’Erika, plusieurs études ont été réalisées. Des évaluations quantitatives des risques sanitaires à long terme pour les personnes ayant participé aux opérations de nettoyage ont été effectuées par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) ainsi que par l'Institut néerlandais de la santé publique et de l'environnement (RIVM) ; sur la base des résultats de ces travaux, l’InVS a étudié la pertinence d’une surveillance sanitaire de ces personnes ; une étude descriptive des troubles de la santé survenus à court terme a été conduite par l’InVS et sa cellule interrégionale d’épidémiologie Ouest ; l’InVS et l’INERIS ont conduit en collaboration une évaluation du risque sanitaire résiduel pour les populations fréquentant les plages après la dépollution.

Dans l’ensemble, ces travaux ont conclu à une probabilité très faible de survenue d’effets observables, même en utilisant des hypothèses d’exposition pessimistes. La mise en place de mesures spécifiques de surveillance épidémiologique ou médicale auprès de la population des intervenants n’est pas apparue justifiée. En revanche, il a été rappelé que les personnes ayant participé aux travaux de dépollution devaient bénéficier des mesures de prévention au même titre que la population générale, notamment pour les cancers cutanés.

Les incertitudes liées au manque de connaissance sur certains composants du Fioul (thiophènes) ont également été soulignées dans ces études. La poursuite des recherches toxicologiques doit donc être saluée à ce titre. Cependant les travaux récemment publiés ne permettent pas d’aller plus loin dans les évaluations de risque déjà réalisées.

Tous les travaux réalisés par l’InVS sur ce sujet sont disponibles sur son site : http://www.invs.sante.fr/publications/erika3/index.html

 


Contact presse  :
Laetitia Gouffé-Benadiba
01 41 79 67 08 (l.benadiba@invs.sante.fr)

 

 

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Mise en ligne le 23 janvier 2007
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