Communiqué de presse
Cytomégalovirus : près de 300 infections
congénitales diagnostiquées pendant la grossesse ou à la
naissance,
chaque année en France
20 décembre 2007
L’Institut de veille sanitaire (InVS) estime que près
de 300 infections congénitales à cytomégalovirus
sont détectées pendant la grossesse ou à la naissance
chaque année en France. Une soixantaine d’entre elles conduisent à des
interruptions de grossesse et parmi les nouveau-nés, une cinquantaine
présentent à la naissance des manifestations clinico-biologiques
de l’infection (soit une incidence de 6 infections symptomatiques pour
100 000 nouveau-nés vivants). Ces résultats sont publiés
dans un rapport* de l’InVS rendu public ce jour.
L’importance des infections maternelles et congénitales à cytomégalovirus
(CMV) est peu documentée en France Le cytomégalovirus
est transmis par contact étroit de personne à personne à partir
de plusieurs sources (salive, urines, sécrétions vaginales,
sperme…). La contamination se fait principalement dans la petite enfance
par contact avec d’autres enfants excrétant le virus. Chez l’adolescent
et l’adulte qui n’ont pas encore rencontré le virus, elle se
fait par contact avec un jeune enfant excréteur ou par voie
sexuelle.
On estime en France qu’environ 50% des femmes enceintes sont, en début
de grossesse, séronégatives vis-à-vis du CMV.
Quand une femme enceinte contracte le virus, ce dernier peut être
transmis au fœtus (infection congénitale) et dans ce cas entraîner
dans 5-10% des cas des anomalies à la naissance. Chez le nouveau-né symptomatique,
les séquelles de l’infection à CMV peuvent être
sévères (retard psycho-moteur, surdité uni ou
bilatérale…).
Les résultats publiés aujourd’hui reposent sur une estimation
réalisée à partir d’un échantillon de cas
de primo-infections maternelles et d’infections congénitales
diagnostiqués entre novembre 2004 et janvier 2005 par des laboratoires
de virologie et de biologie médicale, hospitaliers et privés.
L’objectif de cette étude était d’estimer l’incidence
des infections à CMV diagnostiquées chez la femme enceinte
et chez le nouveau-né à la naissance, mais aussi, de
décrire les motifs et les pratiques médicales de recherche
d’une infection à CMV. Lorsque l’infection est confirmée
chez la femme enceinte, la recherche d’une transmission au fœtus n’est
pas systématique (48%). Elle est surtout pratiquée en
cas de dépistage d’anomalies échographiques (67%) ou
lors de la mise en évidence d’une infection en début
de grossesse.
Les résultats de l’étude rendue publique aujourd’hui,
ne sont pas en faveur d’un poids des infections congénitales à CMV
plus important que celui jusque-là considéré par
les experts et qui les avait conduit à ne pas recommander un
dépistage de l’infection à CMV pendant la grossesse.
Néanmoins, face à ce type d’infection, les auteurs relèvent
une certaine hétérogénéité au niveau
des pratiques actuelles (suivi sérologique des grossesses, pratique
de l’amniocentèse, recherche de l’infection à la naissance,
détection précoce d’éventuelles séquelles).
* Enquête sur les infections congénitales à cytomégalovirus
détectées pendant la grossesse ou à la naissance
en France métropolitaine. Institut de veille sanitaire, 35 pages
(décembre 2007).
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