Cas groupés de légionellose identifiés à Paris (quartier contigu du 12e et 13e arrondissement)

Juillet-septembre 2006

Point au 12 septembre


Durant le mois d’août, des cas groupés de légionellose ont été identifiés à Paris avec comme particularité d’être domiciliés ou d’avoir fréquenté la moitié Ouest du 13e arrondissement et la frange contiguë du 12e pendant les 10 jours précédents la date de début des signes (incubation de 10 jours). A ce jour, 20 cas ont été identifiés, 6 résidant à Paris, 10 en Ile-de-France hors Paris et 4, hors Ile-de-France.

Ces patients ont tous présenté des signes de pneumopathie et leur diagnostic de légionellose a été confirmé biologiquement ; tous ont été hospitalisés. Leur âge était compris entre 21 et 84 ans et 80 % étaient de sexe masculin. Deux patients sont décédés, 13 sont guéris et 5 sont toujours hospitalisés. La date de début des signes cliniques des cas s'échelonne du 28 juillet au 1er septembre (figure).

Une enquête épidémiologique et environnementale a été menée par la Dass de Paris avec l'appui de la Cellule Interrégionale d’épidémiologie (Cire) Ile-de-France, du Centre national de référence (CNR) des légionelles, du Service technique Interdépartemental des Inspections des Installations Classées (STIIIC) et de l’InVS.

Elle a montré que tous les patients résidaient ou avaient fréquenté, une zone géographique centrée autour de la gare d’Austerlitz et dont les limites sont, à l’est la gare de Lyon, à l’ouest l’avenue d’Italie, au nord le pont d’Austerlitz et le boulevard de l’hôpital et au sud le boulevard Masséna.

L’analyse épidémiologique a fait suspecter une ou plusieurs sources communes de contamination avec émission d’aérosols localisée, de type tour aéroréfrigérante (TAR) située dans la zone géographique identifiée.

Les investigations menées par le STIIC ont permis d’identifier parmi les sites de la zone plusieurs sites à risque pour lesquels les résultats des prélèvements montraient la présence de légionelles. Les Tar suspectées ont été désinfectées et/ou arrêtées et des prélèvements de contrôles effectués.

Des souches de Legionella pneumophila sérogroupe 1 ont été isolées chez 6 patients. Les premiers résultats disponibles pour 3 d’entre eux ont révélé que les profils génomiques des souches étaient identiques. Les analyses des profils des souches des autres patients sont en cours. Les profils des souches cliniques isolées seront comparés au profil des souches isolées dans les prélèvements environnementaux des sites exploitant des Tar dont les résultats étaient positifs.

Commentaires 

L’absence de nouveau cas de légionellose avec une date de début des signes postérieure au 1er septembre suggère que l'émission de la source de contamination pourrait à ce jour être interrompue. Un recul plus important est cependant nécessaire pour affirmer l’arrêt de l’émission de la ou des sources de contamination. Les résultats des investigations devraient permettre d’identifier la (les) source(s) de contamination. La vigilance des partenaires de la veille sanitaire est maintenue afin d’identifier tout nouveau cas qui pourrait être rattaché à cette épidémie. Ce nouvel épisode souligne l’intérêt de la surveillance pour la détection précoce des cas et la mise en œuvre rapide des mesures de contrôle adaptées. La collaboration entre tous les services impliqués dans la lutte contre les légionelles est également déterminante pour la maîtrise du risque. La mise à disposition de référentiels (guide investigation) et la sensibilisation des partenaires participent également au renforcement de la maitrise du risque lié aux légionelles.

La légionellose

En France, 1527 cas de légionellose (dont 152 décès) sont survenus en 2005 soit 3 cas pour 100 000 habitants (voir le BEH n°26/2006).

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie (Legionella), qui se traduit par une fièvre, une toux et une pneumopathie parfois sévère nécessitant souvent une hospitalisation (voir l'aide-mémoire InVS). La maladie peut être mortelle dans 10 % à 30 % des cas et un traitement antibiotique adapté et précoce permet de limiter les complications. L'incubation est de 2 à 10 jours. La transmission se fait par voie respiratoire par l'inhalation d’aérosols contaminés. Il n'y a pas de transmission inter-humaine de la maladie. La consommation de produits alimentaires qui aurait été arrosés par de l'eau contaminée ne représente pas de risque.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 13 septembre 2006
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