Quelles
sont les mesures de lutte possibles contre l’épidémie
?
Que sont les insecticides larvicides et adulticides ?
Quels
sont les produits utilisés pour la lutte antivectorielle
et comment sont-ils utilisés lors de l’épidémie de chikungunya à la
Réunion ?
Ces pesticides sont-ils dangereux pour l’homme ?
Quelles
précautions doivent être prises lors de l’épandage
des pesticides ?
Quelles sont les mesures de lutte possibles contre l’épidémie ?
Il n’existe ni vaccin ni traitement préventif contre l’infection à chikungunya. Pour lutter contre l’épidémie, il existe deux stratégies, qui sont complémentaires :
- la lutte anti-vectorielle est destinée à tuer
les moustiques.
Elle a deux composantes :
• larvicide, dont l’action est dirigée spécifiquement
contre les larves de moustiques ;
• adulticide, dont l’action est dirigée spécifiquement contre
les moustiques adultes ;
- la lutte communautaire est de la responsabilité de
tous.
Elle a aussi deux composantes :
• destruction des gîtes potentiels autour des habitations (eau stagnante
dans les soucoupes, vases, seaux, détritus….) pour priver les moustiques
des sites où leurs larves peuvent se développer ;
• prévention individuelle contre les piqûres de moustique : spray
et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, vêtements
longs et moustiquaires… La protection des femmes enceintes et des très
jeunes enfants doit être particulièrement renforcée. Le
moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l’extérieur
des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée
et en fin de journée. Ces mesures sont très importantes et doivent être
appliquées de façon quotidienne.
Que sont les insecticides larvicides et adulticides ?
Les larvicides
sont utilisés pour détruire les larves de moustiques.
Peuvent être utilisés comme larvicide, des moyens biologiques
(toxines de bactéries comme le Bacillus thuringiensis israeliensis qui
sont toxiques pour le moustique mais pas pour d’autres espèces animales)
ou des moyens chimiques. Les larvicides sont appliqués directement au
niveau des gîtes larvaires que sont les eaux stagnantes. Lorsque la lutte
larvicide fonctionne bien, elle permet de limiter la croissance de la population
de moustiques susceptibles de véhiculer la maladie.
Les adulticides sont des moyens chimiques utilisés pour détruire
les moustiques adultes.
Les insecticides peuvent être épandus par pulvérisateurs à dos
ou par pulvérisateurs montés sur des véhicules.
Quels sont les produits utilisés pour la lutte antivectorielle et comment sont-ils utilisés lors de l’épidémie de chikungunya à la Réunion ?
Deux types d’insecticides sont utilisés pour la lutte
anti-vectorielle :
- pour la lutte larvicide, un insecticide de type organophosphoré (matière
active téméphos), bientôt remplacé par le Bacillus
thuringiensis israeliensis ;
- pour la lutte adulticide ;
• dans un premier temps, un insecticide de type organophosphoré (matière
active fénitrothion) ;
• le fénitrothion est désormais remplacé à la
Réunion
par un insecticide à base de pyréthrinoïdes (principalement
la deltaméthrine).
Pour la lutte larvicide, la préparation à base
de téméphos
est pulvérisée directement vers les gîtes larvaires (eaux
stagnantes).
Pour la lutte adulticide, les préparations à base de deltaméthrine
et de fénitrothion sont pulvérisées dans tous les endroits
où les moustiques adultes sont susceptibles d’être présents
selon 3 modes :
• à l’aide d’atomiseurs ;
• à l’aide de pulvérisateurs à dos ;
• à l’aide de pulvérisateurs montés sur des véhicules
4x4.
Ces pesticides sont-ils dangereux pour l’homme ?
Lors des applications
de ces produits, à défaut de précaution
particulière, les populations peuvent être exposées par
:
- inhalation et contact cutané lors des pulvérisations ;
- par contact de la peau avec un objet traité ;
- ingestion lors de la consommation de fruits et légumes produits dans
la zone traitée ;
- pour les enfants, ingestion de sol ou lors de mise à la bouche d’objets
ayant été traités.
Les différentes observations
faites lors de campagnes de désinsectisation
utilisant de la deltaméthrine ou du fénitrothion dans différents
pays n'ont mis en évidence qu'un nombre extrêmement limité de
manifestations cliniques de faible intensité dans la population. Les
rares troubles objectifs ont été essentiellement observés
chez les personnes chargées de leur application. Celles-ci doivent
porter un équipement adapté et respecter les consignes de sécurité pour éviter
ces problèmes.
Lors d’une exposition à la deltaméthrine, des symptômes
bénins tels que irritation et rougeur cutanées, conjonctivite,
toux, irritation de la gorge peuvent survenir.
Lors d’une exposition au téméphos ou au fénitrothion,
les effets susceptibles d’apparaître sont les suivants : maux de tête,
sensations vertigineuses, fatigue, troubles digestifs.
Quelles précautions doivent être prises lors de l’épandage des pesticides ?
Il est très important de suivre les recommandations
suivantes afin de réduire l’exposition de la population (notamment les
jeunes enfants, les femmes enceintes et les sujets fragiles) lors des campagnes
de désinsectisation
menées aux abords des habitations :
- rester au domicile, portes et fenêtres fermées, aux heures de
pulvérisation ;
- respecter un délai de 15 jours avant la consommation des fruits et
légumes qui ont été pulvérisés ;
- laver abondamment et peler les fruits et légumes provenant des jardins
proches du site traité ;
- procéder au nettoyage et au retrait des racines à l’extérieur
du logement pour éviter tout apport de terre à l’intérieur ;
- varier la provenance des légumes et fruits consommés ;
- écarter les enfants du site traité ou si ce n’est pas possible
veiller à ce qu’ils aient des activités qui limitent les contacts
cutanés avec le sol traité et l’ingestion de poussière
(lecture, télévision, jeux d’intérieur…) ;
- tout mettre en œuvre pour une bonne hygiène notamment des enfants
:
• nettoyer les chaussures et en changer en entrant dans les logements ;
• se laver les mains et celles des enfants très régulièrement ;
• se couper les ongles courts et les brosser fréquemment ;
• procéder, avec des gants, au nettoyage humide des sols et des meubles,
des rebords de fenêtres et des dallages à proximité des
maisons ;
• laver régulièrement les jouets des enfants.
Pour en savoir plus :
Consulter le dossier Chikunguya
| Institut
de veille sanitaire Mise en ligne le 14 février 2006 Mise à jour le 3 octobre 2007 |
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