Epidémie de grippe aviaire A (H5N1)

Point au 6 janvier 2006

 


La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire infecte parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux.

Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Le tableau clinique chez l'homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d'évolution souvent fatale. L'infection peut également prendre d'autres formes cliniques (digestives, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une co-infection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.

En décembre 2003, une souche virale de type A(H5N1), a été identifiée dans des foyers de grippe aviaire en République de Corée et signalée à l'OIE (Office international des épizooties). De nombreux autres foyers aviaires causés par ce virus ont été depuis identifiés dans plusieurs pays d'Asie. Cette épizootie a été à l'origine d'une centaine de cas humains (voir situation épidémiologique) dans les pays touchés.


Situation de l'épizootie A(H5N1) (épidémie animale)

Depuis le début de l'épizootie (décembre 2003), 16 pays ont été touchés : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Croatie, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Laos, Malaisie, Mongolie, Roumanie, Russie (Sibérie, Oural et régions de Tula, Tambov, Kalmoukie et Astrakan), Thaïlande, Turquie, Ukraine (Crimée) et Vietnam.


Situation des cas humains - Eurasie

A ce jour, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des cas humains ont été identifiés dans 5 pays d’extrême Orient Cambodge, Chine, Indonésie, Thaïlande et Vietnam) et en Turquie mortels. Ces cas sont survenus en trois phases : janvier-mars 2004, puis juillet-octobre 2004 et enfin décembre 2004 à ce jour.


Cas humains en Turquie

Le 27 décembre 2005, un foyer aviaire a été notifié en Turquie dans le district d’Aralik, province d’Igdir. Cette province située à l’est du pays est frontalière avec l’Arménie et l’Iran.

Le 5 janvier, les autorités sanitaires turques ont annoncé la confirmation de 4 cas humains de grippe A(H5) dans la ville de Dogubayazit située dans la province d’Agri, à 25 km de la frontière iranienne. Il s’agit des premiers cas humains de grippe aviaire A(H5N1) confirmés hors des pays d’Extrême-Orient.

Ces quatre cas, dont deux sont décédés respectivement le 1er et 5 janvier 2006 appartiennent à la même famille (2 frères et leur 2 sœurs, âgés de 5 à 15 ans). Les éléments d’information disponibles - notamment l’hospitalisation des 4 enfants le même jour et une exposition documentée à de la volaille malade - sont fortement évocateurs d’une source commune de contamination. Les deux premiers cas (décédés) ont été officiellement notifiés à l’OMS Genève, les deux autres sont en cours de notification.

D’autres cas suspects ont été hospitalisés pour suspicion de grippe aviaire et sont en cours d’investigation.

Hormis le fait qu’elle survienne en Turquie, la contamination de personnes au contact de volailles infectées n’est pas en soit un événement nouveau, ou inattendu. A ce stade, il n’y a donc pas d’éléments pouvant suggérer une augmentation du risque pandémique et le niveau d’alerte OMS reste inchangé.


Récapitulatif des cas humain de grippe A (H5N1) confirmés biologiquement (PCR ou isolement viral) notifiés par l’OMS (janvier 2004 – 5 janvier 2006)

Pour la plupart des cas humains décrits, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Cependant, la possibilité d'une contamination interhumaine consécutive à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux a été évoquée lors d'une quinzaine d'épisodes en Thaïlande, au Vietnam au Cambodge et en Indonésie. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n'a pas donné lieu jusqu'à présent à une transmission communautaire secondaire.


Les mesures de contrôle

Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). Une conférence internationale, sous l’égide de l’OMS, de l’OIE et de la FAO, s’est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d’élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d’encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d’abattage.

Sur le plan humain, des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.grippeaviaire.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=46). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1).

Le risque de pandémie grippale est pris en compte par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France qui dispose d’un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d’un tel événement (http://www.grippeaviaire.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=31).


Pour plus d’informations (en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie) :
- le site du ministère de la Santé et des Solidarités : http://www.sante.gouv.fr
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- le site de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) : http://www.oie.int/fr/fr_index.htm
- la conduite à tenir devant un cas suspect de grippe aviaire (document à l’attention des professionnels de santé).
-les documents postés dans les aéroports à l’attention des voyageurs se rendant dans un pays affecté par la grippe aviaire : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/grippe_aviaire/affiches.htm
- le site de l'European Centre Disease Prevention and Control (ECDC) : http://www.ecdc.eu.int
- l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) : http://www.afssa.fr

 

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Mise en ligne le 6 janvier 2006
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