La dengue
La dengue est une maladie virale transmise par les moustiques du genre Aedes (Aedes
aegypti dans la Caraïbe). On distingue quatre sérotypes
différents du virus de la dengue (DEN-1, DEN-2, DEN-3 et DEN-4). L'absence
d'immunité croisée entre les sérotypes, permet des infections
successives chez un même individu. L'être humain représente à la
fois le principal réservoir naturel pour les virus de la dengue et
le disséminateur de la maladie.
La maladie
La maladie se traduit par une forte fièvre accompagnée de maux
de tête, de courbatures et d’asthénie qui peut durer plusieurs
semaines. Elle survient 2 à 7 jours après avoir été piqué par
un moustique infecté. La guérison s'accompagne d'une convalescence
d'une quinzaine de jours. C’est une maladie qui, dans la majorité des
cas, ne présente pas de complications. Néanmoins, en raison de
l’existence de formes sévères et de formes hémorragiques,
il faut, d’une part, éviter toute automédication, en particulier
la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires, et, d’autre part, consulter son
médecin traitant qui prescrira le traitement symptomatique adapté.
Le respect des prescriptions est capital, une prise excessive de paracétamol
pouvant entraîner des effets indésirables sévères.
La dengue est une maladie pour laquelle il n’existe ni chimio-prophylaxie,
ni traitement spécifique, ni vaccin.
Situation internationale
La dengue est l’arbovirose la plus répandue dans le monde. Les deux
cinquièmes de la population mondiale sont exposés à ce
risque. La maladie est maintenant endémique dans plus de cent pays d’Afrique,
des Amériques (y compris la Caraïbe), de la Méditerranée
orientale, de l’Asie du Sud Est et du Pacifique occidental. Pour la seule année
2001, il y a eu plus de 609 000 cas de dengue dans les Amériques, dont
15 000 cas de dengue hémorragique. Depuis le début de l’année
2005, plusieurs pays de la Caraïbe (Barbade, Cuba, Jamaïque, Sainte
Lucie, Trinidad en Tobago, Iles Turcks et Caicos) ont signalé des cas
de dengue. Une recrudescence de cas de dengue est observée depuis le
mois de juin 2005 aux Iles vierges. Le même phénomène est
observé dans certains pays d’Amérique Latine et du Sud (Brésil,
Bélize, Equateur, Pérou, Venezuela) et en Asie (Malaisie et Indonésie).
Situation dans les
Antilles Françaises
En Guadeloupe
Depuis le mois de juin 2005, les données de surveillance épidémiologique montrent une augmentation régulière du nombre de cas signalés chaque semaine. Le seuil d’alerte épidémique a été franchi début juillet. Entre début juillet 2005 et le 26 février 2006, le réseau de médecins sentinelles a signalé 1665 cas suspects cliniques de dengue (ce réseau comprend 50 médecins, soit 5,5 % de l’ensemble des médecins de la Guadeloupe). Parmi les 160 cas hospitalisés depuis le début de l’épidémie, 28 cas présentaient au moins un critère de sévérité et 6 cas hémorragiques, d’évolution favorable ont été identifiés.
Parmi les examens sérologiques prescrits depuis le mois de juillet par les médecins de l’île, 1548 cas de dengue ont été confirmés. L’épidémie est liée à la circulation du sérotype DEN-4 qui représente la quasi-totalité des isolements (sur 130 isolats, on compte 124 DEN-4, 2 DEN-2 et 4 DEN-3).
Les zones géographiques les plus touchées ont été, jusqu’à fin août, le sud de la Basse Terre et l’Ile de Saint-Martin. Une extension géographique vers le nord de la Basse Terre, la Grande Terre et les îles a été observée à partir de septembre. L’île de la Désirade, elle, n’a pas connue d’épidémie. A ce jour, les foyers encore actifs sont encore essentiellement sur l’ile de Saint-Martin.
L’évolution des indicateurs montre que le pic de l’épidémie a été atteint à la fin du mois de septembre puisque depuis mi-octobre le nombre hebdomadaire de cas (déclarés et confirmés) diminue. On peut estimer que depuis le début de l’épidémie 8 200 personnes ont consulté un médecin de ville pour une suspicion de dengue en Guadeloupe.
En Martinique
Les seuils de recrudescence saisonnière de la dengue ont été dépassés, de façon anormalement précoce, dès la mi-juin et les seuils épidémiques ont été dépassés depuis la mi-juillet 2005. Entre le 1er juin 2005 et le 26 février 2006, le réseau de médecins sentinelles a signalé 2395 cas suspects de dengue. A ce jour, 2850 cas ont été confirmés par des analyses biologiques (sérologies et RT-PCR). Cette épidémie est liée à une co-circulation des sérotypes DEN-2 et DEN-4. Ce dernier reste prédominant et représente près de 3 isolements sur 4 (sur 227 isolats, on compte 158 DEN-4, 63 DEN-2 et 6 DEN-3).
En extrapolant les données du réseau sentinelle, on estime que, depuis le début de l’épidémie, près de 13 500 personnes ont été touchées en Martinique. L’épidémie a touché la totalité des communes de l’île.
Depuis le début de l’épidémie, 185 personnes ont été hospitalisées, dont un tiers d’enfant, pour une dengue. Parmi elles, 37 patients ont présenté au moins un critère de gravité et seuls 3 patients ont présenté une dengue hémorragique, d’évolution favorable. Par ailleurs, trois patients sont décédés dans un contexte d’infection par le virus de la dengue.
Le pic de l’épidémie a été atteint à la fin du mois de septembre. Depuis le début du mois d’octobre (semaine 2005-40), on note une diminution régulière des indicateurs de surveillance, mais le nombre hebdomadaire de sérologies positives est encore au dessus des seuils épidémiques.
Les mesures de gestion
Les comités de gestion du Plan de surveillance, d’alerte et de gestion
des épidémies de dengue (Psage-Dengue) ont mis en œuvre, en Guadeloupe
et en Martinique, des actions de communication envers la population par le
biais d’une campagne de sensibilisation radio et audiovisuelle, mais aussi
par des actions ciblées au niveau des communes. Les actions de démoustication
pour lutter contre le moustique vecteur, Aedes aegypti, ont été renforcées
ainsi que le dispositif de surveillance épidémiologique. Une
information est fournie aux voyageurs à l’arrivée et au départ
de Martinique.
Situation en Guyane
Depuis la fin de l’année 2005, la Guyane est confrontée à une épidémie de dengue. Les zones les plus touchées sont l’ouest et le littoral. Le sérotype dominant est le sérotype DEN-2 (102 DEN-2, 2 DEN-3 et 1 DEN-4 parmi les 105 isolements). Depuis le début de l’épidémie, 32 patients ont été hospitalisés, dont 9 cas de dengue hémorragique et 4 cas de dengue sévère.
Recommandations
Dans la majorité des cas, la dengue ne présente pas de complications. Néanmoins, principalement en raison de la baisse du nombre de plaquettes, il existe un risque hémorragique au cours de cette infection virale. C’est pourquoi, il est nécessaire d’une part d’éviter impérativement la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires et d’autre part, de consulter son médecin traitant qui pourra prescrire, outre la demande de confirmation sérologique, une numération formule sanguine, notamment pour la surveillance du taux de plaquettes (une description complète des symptômes et de l’évolution de la dengue chez l’adulte est consultable dans le Basag 2005-n°13, téléchargeable sur le site Internet de la DSDS : http://www.martinique.sante.gouv.fr
Pour limiter au maximum les risques de contamination, il est important de :
1) se protéger individuellement contre les piqûres de moustiques (utilisation de moustiquaires, port de vêtements longs, utilisation de répulsifs et de produits insecticides);
2) d’éviter la prolifération des vecteurs en éliminant régulièrement tous les lieux de reproduction des moustiques qui se trouvent à l’extérieur et à l’intérieur des maisons.
Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger les numéros 7, 9, 10, 11, 12 et 13 du Bulletin d’alertes et de surveillance Antilles-Guyane (Basag), téléchargeable sur le site de la DSDS de la Martinique (http://www.martinique.sante.gouv.fr)
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de veille sanitaire Mise en ligne le 23 mars 2006 Mise à jour le 5 avril 2006 |
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