Les infections invasives à pneumocoques (méningites
et bactériémies) sont en baisse chez l’enfant de moins
de deux ans en 2005. Cette diminution est très en faveur d’un
impact positif de la vaccination du nourrisson en France. Il s’agit
du principal résultat d’une analyse* publiée ce jour
par l’Institut de veille sanitaire sur son site Internet.
Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) est une bactérie
responsable d’infections broncho-pulmonaires et ORL, susceptibles d’évoluer
vers des formes sévères comme les bactériémies
et les méningites. Chaque année, on estime à environ
6000 le nombre d’infections invasives à pneumocoque parmi lesquelles
plus de 500 cas surviennent chez l’enfant de moins de 2 ans. Le pneumocoque
est la deuxième cause de méningite bactérienne
chez l’enfant et 10% des enfants touchés en décèdent.
Depuis l’introduction de la vaccination1 au calendrier vaccinal en
janvier 2003, on constate pour la première fois une baisse de
l’incidence des méningites et des bactériémies à pneumocoque
chez les enfants de moins de deux ans. Ainsi, au sein de cette population,
l’incidence annuelle des méningites à pneumocoques était
de 8,8 cas / 100 000 pour la période 1998-2002 contre 5,4 cas
/ 100 000 en 2005, soit une diminution de 38%. Pour les bactériémies,
l’incidence est passée de 24 cas / 100 000 (1998-2002) à 17,1
cas en 2005, ce qui représente une diminution de 28%. On estime
que grâce à la vaccination, 50 cas de méningites
et 100 cas de bactériémies à pneumocoque, chez
l’enfant de moins de deux ans, ont ainsi pu être évités
en 2005.
L’impact positif de la vaccination contre le pneumocoque est également
corroboré par les données microbiologiques. Le Centre
national de référence des pneumocoques (Hôpital
Européen Georges Pompidou) montre que la part relative des sérotypes
de pneumocoque couverts par le vaccin heptavalent a baissé parmi
les méningites à pneumocoque répertoriées
chez les enfants de moins de deux ans entre juillet 2004 et juin 2005.
En juin 2006, le Conseil supérieur d’hygiène publique
de France a élargi les recommandations vaccinales à l’ensemble
des enfants de moins de deux ans. On peut donc s’attendre à une
augmentation de la couverture vaccinale et de l’impact du vaccin dans
les années à venir.
* Impact
des recommandations de vaccination antipneumococcique par le vaccin
conjugué heptavalent sur l’incidence des infections
invasives à pneumocoque chez les enfants de moins de deux ans.
Octobre 2006. Document disponible sur le site de l’InVS.
1 En janvier 2003, la vaccination contre le pneumocoque était
uniquement recommandée pour les enfants présentant des
facteurs de risque médicaux ou liés à leur mode
de vie.
Contact presse :
Laetitia Gouffé-Benadiba
01 41 79 67 08 (l.benadiba@invs.sante.fr)