L’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Inserm communiquent les résultats des analyses portant sur la mortalité à la
Réunion dans le cadre de l’épidémie de chikungunya
qui sévit dans l’île depuis le mois de mars 2005 et qui
a touché à ce jour 248 000 personnes environ.
A la demande du ministère chargé de la Santé,
l’Institut de veille sanitaire a mené une analyse de la mortalité à la
Réunion afin d’estimer l’impact de l’épidémie
de chikungunya*. L’InVS a également sollicité l’Inserm
pour que son Centre d’épidémiologie des causes médicales
de décès (CépiDc) réalise l’analyse des
certificats de décès correspondants à des décès
survenus à la Réunion durant les mois de décembre
2005, janvier et février 2006 (mois pour lesquels l’épidémie était
la plus active).
L’objectif était de savoir si l’épidémie de chikungunya
actuellement en cours à la Réunion est responsable d’une
surmortalité parmi la population.
Les résultats des études de l’InVs mettent en évidence
:
- l’absence de surmortalité à la Réunion pour
l’ensemble de l’année 2005 ;
- un excès de mortalité pour les mois de janvier ( +
7,1 %, +25 décès), de février (+34,4 %, +100 décès)
et de mars 2006 (+25,2 % +76 décès)*.
- ces résultats sont confirmés par l’analyse des données
hebdomadaires de mortalité faisant apparaître une surmortalité significative
et constante du 23 janvier au 18 mars.
Il est donc hautement probable que l’excès de mortalité observé à partir
du 23 janvier soit lié au chikungunya, dans la mesure où celui-ci
est concomitant de la progression rapide de l’épidémie
( plus de 46 000 cas pour la semaine du 6 au 12 février).
Le travail mené par l’Inserm (CépiDC) sur la base de
l’analyse des certificats de décès, met en évidence,
de façon concordante, les données scientifiques suivantes
:
-125 certificats de décès mentionnant le Chikungunya
survenus à la Réunion, pour les mois de janvier et de
février 2006 ;
- plus de 2 décès sur 3 concernant des personnes âgées
de plus de 65 ans et un quart des personnes de plus de 85 ans, sans
disctinction de sexe ;
- le Chikungunya apparaissant plus souvent dans les certificats mentionnant
des causes de décès en rapport avec des maladies endocriennes
et hépatiques ;
- enfin, les calculs de surmortalité menés par le CépiDc
sur l’ensemble de l’Ile donnant des résultats concordants avec
ceux obtenus par l’InVs à partir de données émanant
des communes informatisées.
* sur la base des données journalières de mortalité de
l’Insee (pour les années 2002, 2003 et 2004) et des données
de mortalité des 13 communes de la Réunion dont les états
civils sont informatisés et qui totalisent 87 % des décès
survenus sur l’île.
Contacts presse :
Laetitia Gouffé-Benadiba (InVS)
: 01 41 79 67 08
Elsa Vidal (InVS) : 01 41 79 69 59
Séverine Ciancia (Inserm) : 01 44 23 60 86