Cas groupés de légionellose identifiés dans le Nord-Est de l’agglomération lyonnaise, avril-mai 2005

Point au 2 juin 2005


Début mai, une épidémie de légionellose a été détectée dans le Nord-Est de l'agglomération Lyonnaise. Au total 34 cas ont été identifiés, 26 résidant dans le Rhône, 6 dans l’Ain et 2 autres domiciliés dans les Côtes d’Armor et l’Isère.

Ces patients ont présenté des signes de pneumopathie, leur diagnostic de légionellose a été biologiquement confirmé et 27 d’entre eux ont été hospitalisés. Leur âge était compris entre 39 et 86 ans (médiane 65 ans) et 70% était de sexe masculin.

Il n’y a eu aucun décès. Tous les patients sont actuellement rentrés chez eux.

La date de début des signes cliniques des cas s'échelonne entre le 28 avril et le 9 mai 2005 (cf. figure).

Une enquête épidémiologique et environnementale a été menée par les Ddass du Rhône et de l’Ain, la Drire du Rhône, avec l'appui de la Cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Rhône-Alpes, du Centre national de référence (CNR) des légionelles et de l’InVS.

Elle a montré que la majorité des patients (94 %) résident ou ont fréquenté les communes de Caluire-et-Cuire et Rillieux-la-Pape situées dans le Nord-Est de l'agglomération.

L’analyse épidémiologique et notamment la courbe épidémique a fait suspecter une source commune de contamination avec une émission d’aérosols localisée, de type tour aéroréfrigérante (TAR) située dans la zone géographique identifiée.

Au décours des investigations, 28 sites comportant des TAR ont pu être identifiés. Une vérification et un contrôle de ces installations ont été effectués. Les résultats des prélèvements étaient positifs dans 5 sites.

Par ailleurs, l’ensemble des systèmes de pulvérisation d'eau (arrosage des plantes, brumisation des fruits et légumes, lavage des voitures et fontaines décoratives) ont été investigués. Ces systèmes pouvant représenter un risque éventuel de contamination, la préfecture, par mesure de précaution et dans l’attente des résultats de contrôle a suspendu momentanément leur utilisation.

Les souches de Legionella pneumophila sérogroupe 1 ont été isolées de prélèvements bronchiques de trois patients. Les profils génomiques de ces trois souches sont identiques entre eux et correspondent à une souche déjà connue, la souche « Lorraine* ». Cependant ces trois souches cliniques présentaient des profils différents des 50 souches isolées des prélèvements environnementaux des 5 sites exploitant des TAR ainsi que d’autres systèmes de pulvérisation.

L’absence de nouveau cas de légionellose lié à cette épidémie depuis le 9 mai oriente vers une source dont l'émission de légionelles est tarie. Cette épidémie peut être considérée comme terminée mais les différentes investigations n’ont pas permis de déterminer la source de contamination.

Cependant, grâce à la sensibilisation des professionnels de santé de la région, un grand nombre de patients ayant présenté de la fièvre et des signes respiratoires ont pu consulter leur médecin et les patients ont pu être rapidement pris en charge.

Par ailleurs, cet épisode a permis d’améliorer le recensement des TAR dans le secteur géographique investigué et a souligné l’importance du renforcement de leur surveillance comme cela a été rappelé par la Préfecture du Rhône dans un communiqué de presse diffusé le 29 avril 2005.

Figure : Distribution journalière des cas groupés de légionellose en fonction de la date de début des symptômes. Agglomération Nord-Est de Lyon, avril –mai 2005.

La légionellose

En France, 1202 cas de légionellose (dont 138 décès) sont survenus en 2004 soit 2 cas pour 100 000 habitants.

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie (Legionella), qui se traduit par une fièvre, une toux et une pneumopathie parfois sévère nécessitant souvent une hospitalisation (aide-mémoire). La maladie peut être mortelle dans 10% à 30% des cas et un traitement antibiotique adapté et précoce permet de limiter les complications. L'incubation est de 2 à 10 jours. La transmission se fait par voie respiratoire par l'inhalation d’aérosols contaminés. Il n'y a pas de transmission inter-humaine de la maladie. La consommation de produits alimentaires qui aurait été arrosés par de l'eau contaminée ne représente pas de risque.

*La souche « Lorraine » a été isolée chez plusieurs patients depuis 1995 et notamment dans l’est de la France en 2004. Cette souche a été qualifiée par le CNR comme étant une nouvelle souche endémique : elle présente un profil génomique particulier sans qu’aucun lien épidémiologique n’ait été retrouvé entre les patients. Cette souche a été retrouvée une fois dans l’environnement.


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Mise en ligne le 2 juin 2005
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