La grippe aviaire
La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire peut parfois infecter d’autres espèces animales comme le porc et d’autres mammifères.
Le virus de la grippe aviaire peut exceptionnellement se transmettre à l’homme, comme cela a été observé à Hong-Kong en 1997 et 2003, aux Pays-Bas en 2003 et depuis 2004 au Vietnam et en Thaïlande. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés. Néanmoins des études récentes montrent que les canards domestiques pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus. En effet, la majorité des canards infectés par le virus H5N1 ne développent pas les symptômes de la maladie et pourraient ainsi servir de réservoir silencieux à la maladie.
Depuis janvier 2004, une souche virale de type A(H5N1) a été identifiée dans de nombreux foyers aviaires en Asie du Sud-Est. De même, elle a été à l’origine de quelques dizaines de cas humains (voir situation épidémiologique) en Thaïlande et au Vietnam.
La circulation concomitante d’un virus grippal humain chez les personnes exposées au virus aviaire A(H5N1) acquis au contact d’élevages de volailles touchés par la grippe aviaire pourrait créer les conditions de l’émergence d’un nouveau virus grippal adapté à l’homme.
Le tableau clinique des cas de grippe aviaire A(H5N1) observés depuis janvier 2004 est marqué par une infection respiratoire aigue sévère, d’évolution souvent fatale. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires très spécialisés. Certains traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.
Les mesures
de contrôle
Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). La vaccination des volailles peut être une mesure de contrôle envisagée, sans que cela soit applicable et efficace dans toutes les situations.
Sur le plan humain, des mesures de précaution sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.diplomatie.gouv.fr/voyageurs).
A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1).
Situation des cas humains en Asie du Sud Est depuis le mois de janvier 2004
Depuis le début de l’épidémie de grippe aviaire A (H5N1) en Asie du Sud-Est en janvier 2004, 52 cas humains ont été identifiés, dont 38 décès.
Au Vietnam :
Trente-quatre cas confirmés de grippe aviaire ont été notifiés depuis le début de l’épidémie en janvier 2004, dont 26 décès.
Depuis le 1er janvier 2005, 7 cas ont été déclarés par les autorités vietnamiennes, dont 6 sont décédés. Ces cas récents n’auraient pas de lien épidémiologique avéré entre eux. Six de ces cas ont été exposés à des poulets malades dans le Sud du pays. Le septième cas aurait été contaminé à Hanoi, dans le nord du pays. D’autres cas suspects sont en cours d’investigation.
En Thaïlande
:
Dix-sept cas confirmés de grippe aviaire ont été notifiés depuis janvier 2004 dont 12 décès.
Cinq de ces cas sont survenus entre le 9 septembre et le 9 octobre 2004. Pour l’un de ces cas appartenant à un foyer familial, les autorités sanitaires thaïes et l’Organisation mondiale de la santé évoquent une possible contamination de personne à personne. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée isolée et n’a pas donné lieu à d’autre cas secondaire dans la communauté.
Aucun cas humain n’a été identifié depuis le 9 octobre 2004 en Thaïlande.
Au
Japon :
Une étude rétrospective remontant au mois de mars 2004 fait état d'un cas diagnostiqué au Japon chez un ouvrier agricole. Il avait participé à la désinfection d'un élevage en mars 2004.
| Cas confirmés | Décès | |
| Thaïlande | 17 | 12 |
| Vietnam | 34 | 26 |
| Japon |
1 | 0 |
| Total | 52 | 38 |
Situation de l'épizootie en Asie
Depuis le mois de mai 2004, de nouveaux foyers de grippe aviaire A(H5N1) ont été déclarés officiellement en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge, en Indonésie, en Chine et en Malaisie. Au Vietnam, de nouveaux foyers d’épizootie ont été identifiés dans le nord du pays.
Pour plus d’informations, en particulier sur les
mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie,
vous pouvez consulter :
- le site du ministère des Solidarités, de la Santé et
de la Famille : http://www.sante.gouv.fr
- le site de l’Office international des épizooties : http://www.oie.int/fr/fr_index.htm
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- la
conduite à tenir devant un cas suspect de grippe aviaire (document à l’attention
des professionnels de santé).
| Institut
de veille sanitaire Mise en ligne le 20 janvier 2005 |
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