Epidémie de grippe aviaire A (H5 N1) en Asie

Point au 4 février 2005

 


La grippe aviaire
Les mesures de contrôle
Situation des cas humains en Asie du Sud-Est depuis le mois de janvier 2004 (début de l’épidémie)
Situation actuelle du virus A(H5N1) en Asie du Sud-Est


La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire peut parfois infecter d’autres espèces animales comme le porc et d’autres mammifères.

Le virus de la grippe aviaire peut exceptionnellement se transmettre à l’homme, comme cela a été observé à Hong-Kong en 1997 et 2003, aux Pays-Bas en 2003 et depuis 2004 au Vietnam, en Thaïlande et au Japon. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés. Néanmoins des études récentes montrent que les canards domestiques pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus. En effet, la majorité des canards infectés par le virus A(H5N1) ne développent pas les symptômes de la maladie et pourraient ainsi servir de réservoir silencieux à la maladie.

Depuis janvier 2004, une souche virale de type A(H5N1) a été identifiée dans de nombreux foyers aviaires en Asie du Sud-Est. De même, elle a été à l’origine de quelques dizaines de cas humains (voir situation épidémiologique) en Thaïlande et au Vietnam.

La circulation concomitante d’un virus grippal humain chez les personnes exposées au virus aviaire A(H5N1) acquis au contact d’élevages de volailles touchés par la grippe aviaire pourrait créer les conditions de l’émergence d’un nouveau virus grippal adapté à l’homme.

Le tableau clinique des cas de grippe aviaire A(H5N1) observés depuis janvier 2004 est marqué par une infection respiratoire aigue sévère, d’évolution souvent fatale. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires très spécialisés. Certains traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.


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Les mesures de contrôle

Sur le plan animal, les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). La vaccination des volailles peut être une mesure de contrôle envisagée, sans que cela soit applicable et efficace dans toutes les situations.

Sur le plan humain, des mesures de précaution sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions (http://www.diplomatie.gouv.fr/voyageurs).

A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1).


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Situation des cas humains en Asie du Sud-Est depuis le mois de janvier 2004 (début de l’épidémie)

Depuis le début de l’épidémie de grippe aviaire A(H5N1) en Asie du Sud-Est en janvier 2004, 63 cas humains ont été identifiés, dont 45 décès selon les autorités sanitaires des pays concernés et/ou l’OMS.

Récapitulatif cas humains du 1er janvier 2004 au 4 février 2005

Pays Année 2004 Année 2005 Total
Cas Décès Cas Décès Cas Décès
Thaïlande 17 12 0 0 17 12
Vietnam* 27 20 17 12 44 32
Cambodge 0 0 1 1 1 1
Japon°
1 0 0 0 1 0
Total 45 32 18 13 63 45

* Les autorités vietnamiennes n’ont notifié officiellement que 10 cas (9 décès) à l’OMS en 2005
° Le Japon n’a pas notifié officiellement le cas à l’OMS


Au Vietnam :

Quarante-quatre cas confirmés de grippe aviaire ont été notifiés depuis le début de l’épidémie en janvier 2004, dont 32 décès. Plusieurs cas sont survenus de manière groupée, ce qui évoque la possibilité d’une transmission interhumaine limitée.


Au Cambodge :

Un cas humain a été décrit chez une femme de 25 ans vivant dans la province de Kampot frontalière avec le Vietnam. De nombreux décès de poulets ont été rapportés dans le village cambodgien où vit sa famille. Cette femme est décédée le 30/01/05 à l’hôpital vietnamien de Kien Giang et le diagnostic de grippe A(H5) a été confirmé par l’Institut Pasteur de Ho-Chi-Minh. Un frère de cette femme est décédé dans un tableau d’infection respiratoire aigue, sans que des prélèvements aient pu être effectués. Les prélèvements effectués dans l’entourage sont tous négatifs.


En Thaïlande :

Dix-sept cas de grippe aviaire ont été notifiés depuis janvier 2004 dont 12 décès.

Cinq de ces cas sont survenus entre le 9 septembre et le 9 octobre 2004. Pour l’un de ces cas appartenant à un foyer familial, les autorités sanitaires thaïes et l’Organisation mondiale de la santé évoquent une possible contamination de personne à personne. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée isolée et n’a pas donné lieu à d’autre cas secondaire dans la communauté.


Au Japon :

Une étude rétrospective remontant au mois de mars 2004 fait état d'un cas diagnostiqué au Japon chez un ouvrier agricole. Il avait participé à la désinfection d'un élevage en mars 2004.


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Situation actuelle du virus A(H5N1) en Asie du Sud-Est


Depuis le mois de novembre 2004, de nouveaux foyers de grippe aviaire A(H5N1) ont été déclarés officiellement en Thaïlande et au Vietnam.


Au Vietnam :

Au Vietnam, les nouveaux foyers d’épizootie s’étendent rapidement. La diffusion du virus pourrait s’accroître lors des déplacements de personnes et de volaille à l’occasion des fêtes familiales du Nouvel An lunaire (Fêtes du Têt).

Depuis le 1er janvier 2005, 17 cas ont été déclarés par les autorités vietnamiennes, dont 12 sont décédés. La plupart des cas ont été exposés à des poulets malades. Des groupes de cas liés géographiquement et dans le temps font néanmoins évoquer la possibilité d’une transmission limitée de personne à personne après contact rapproché. D’autres cas suspects sont en cours d’investigation.

A ce jour, les analyses effectuées sur les souches virales isolées lors des cas suspects de transmission interhumaine confirment que celles-ci demeurent stables par rapport à la souche isolée chez le poulet. On peut donc considérer que la situation épidémiologique demeure inchangée quant à la capacité de transmission du virus.


En Thaïlande :

Aucun cas humain n’a été identifié depuis le 9 octobre 2004 en Thaïlande.


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Pour plus d’informations, en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie, vous pouvez consulter :
- le site du ministère des Solidarités, de la Santé et de la Famille : http://www.sante.gouv.fr
- le site de l’Office international des épizooties : http://www.oie.int/fr/fr_index.htm
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- la conduite à tenir devant un cas suspect de grippe aviaire (document à l’attention des professionnels de santé).

 

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Mise en ligne le 7 février 2005
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