Epidémie de choléra au Sénégal

Point au 23 juin 2005


Le choléra est une infection bactérienne qui entraîne des troubles digestifs et des diarrhées massives pouvant provoquer la mort par déshydratation en l’absence d’une prise en charge médicale rapide et adaptée.

Contrairement à une notion communément répandue, le vibrion responsable du choléra n’est pas très transmissible lorsque les règles d’hygiène de base sont respectées. La transmission nécessite la consommation d'aliments ou d'eau contaminés ou le contact direct avec un malade. La chloration adaptée de l’eau et les mesures d’hygiène de base suffisent généralement à prévenir les contaminations.

La durée d'incubation est de quelques heures à 5 jours (en général 2 à 3 jours). L’infection est en général bruyante : le début est brutal avec coliques et diarrhée aqueuse, classiquement "en eau de riz". Les vomissements, souvent abondant, ont les mêmes caractéristiques.


L’épidémie de choléra au Sénégal

L’épidémie de choléra a débuté au Sénégal dans la région de Djourbel en novembre 2004. Un premier pic a été observé en janvier 2005, suivi d’une circulation à bas bruit de janvier à mars. Mi-mars 2005, une augmentation du nombre de cas a été signalée dans le district et la ville de Touba, à l’occasion du grand pèlerinage annuel des Mourides. Cette situation a entraîné une recrudescence secondaire de l’épidémie non seulement dans le reste de la région de Djourbel, mais également dans d’autres régions du Sénégal.

Au total, depuis le mois de novembre 2004, cette épidémie a été responsable de 15 757 cas de choléra recensés par les autorités sénégalaises, dont 191 décès (létalité = 1,2 %). Par ailleurs, 12 cas dont 2 décès ont été signalés en Gambie, pays enclavé entre le nord et le sud du Sénégal. Les régions de Djourbel et de Dakar restent les plus affectés, avec près de 60% des cas rapportés.

Les premières mesures de contrôle (chloration du réseau d’eau, interdiction de vente de sachets d’eau dans la rue, distribution de javel…) mises en place dans la ville de Touba avaient permis de réduire fortement le nombre de cas à la mi-avril. Cette diminution avait été particulièrement importante (plus de 50 %) dans la région de Djourbel, épicentre de l’épidémie.

Après une régression de l'épidémie sur l'ensemble du pays, le nombre de cas a de nouveau augmenté à partir de la mi-mai, pour se stabiliser depuis quelques semaines autour de 700 cas hebdomadaires. Les régions pour lesquelles le nombre de cas est en augmentation sont celles de Fatick, Louga, Saint-Louis et Djourbel (département de Touba). Dakar enregistre toujours environ 100 nouveaux cas hebdomadaires.

Les autorités sénégalaises poursuivent leurs efforts pour contenir cette épidémie, en collaboration avec l’OMS dont une équipe est sur place depuis le 27 mai.

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 30 juin 2005
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