A propos de la maladie
Le virus Chikungunya (qui signifie en swahili "marcher courbé",
en raison des fortes douleurs articulaires provoquées) est transmis
par un moustique du genre Aedes. Il circule surtout en Afrique, Asie du Sud-est
et dans le sous continent indien.
Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante,
une fièvre élevée apparaît brutalement. S’y associent
alors typiquement d’importantes douleurs articulaires et musculaires touchant
les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges),
des céphalées et parfois une éruption cutanée.
Des hémorragies bénignes peuvent survenir, surtout chez les enfants.
L’évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable.
Des formes chroniques existent cependant, caractérisées par des
arthralgies persistantes. Aucun cas mortel d’infection à Chikungunya
n’a été rapporté. La prise en charge thérapeutique
repose essentiellement sur la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens
afin de soulager les douleurs.
Situation internationale
Une épidémie a été signalée aux Comores
depuis janvier 2005. A ce jour, plus de 5 000 cas ont été rapportés.
Plus de 3600 cas ont également été signalés à l’île
Maurice.entre fin avril et fin juin.
Situation à la Réunion
En raison de la proximité géographique et des importants mouvements
de population entre la République des Comores, l’île de Mayotte
et l’île de la Réunion, l’importation de cas ainsi que l’extension
de l’épidémie aux territoires français de l’Océan
Indien avait été envisagée dès la fin du mois de
mars. Un système de surveillance spécifique, une information
des professionnels de santé et une intensification de la lutte antivectorielle
ont donc été mis en place depuis début avril.
Entre le 28 mars et le 4 juillet 2005, 2310 cas de Chikungunya ont été identifiés à la
Réunion, dont 511 confirmés biologiquement. Le nombre de nouveaux
cas rapportés a régulièrement augmenté à partir
de la mi-avril, notamment en raison du travail de dépistage réalisé par
les équipes sanitaires locales. Il s’agit pour la quasi-totalité de
personnes contaminées localement et non de cas importés. Depuis
mi-mai, l'épidémie semble sous contrôle avec un nombre
de nouveaux cas hebdomadaires en baisse régulière.
La majorité des cas sont survenus dans les villes du Port (27 %), Saint-Denis
(18 %), Sainte-Clotilde (13 %) et Saint-Pierre (11 %), bien que l’on assiste
depuis quelques semaines à une dispersion des cas sur de nombreuses
communes de l’île, principalement dans le nord-ouest.
Depuis la découverte des premiers cas, les mesures de surveillance et
de prévention ont été renforcées : elles reposent
principalement sur le dépistage actif des cas suspects dans l'entourage
des cas signalés, et l’identification et le traitement des foyers de
transmission (démoustication) par le service de lutte antivectorielle.
La lutte communautaire doit également être encouragée,
avec une protection individuelle contre les moustiques et la destruction des
gîtes potentiels autour des habitations.
Situation à Mayotte
Plusieurs cas ont été identifiés à Mayotte depuis
fin avril et ont conduit à une intensification des mesures de démoustication.
Situation en France métropolitaine
Treize cas ont été confirmés à Marseille, un à Paris
et un à Tours, tous chez des patients de retour des Comores. Il n’y
a pas, à l’heure actuelle, de risque de transmission secondaire en France
métropolitaine.
| Institut
de veille sanitaire Mise en ligne le 11 juillet 2005 |
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