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Près de 5 millions de tests de dépistage pour le VIH/sida ont été pratiqués
en 2003 en France, selon les données de surveillance du sida en France
rendues publiques par l’Institut de veille sanitaire*. Ces données
font de la France l’un des pays européens où les tests de dépistage
sont les plus utilisés (75 tests pour 1 000 habitants, contre 6‰ en
Irlande et 53‰ en Belgique).
En France, deux systèmes de surveillance du dépistage du VIH, coordonnés par l’InVS, se complètent : Labovih, mis en place en 2001 et qui concerne l’activité de dépistage de l’ensemble des laboratoires (environ 4 300 laboratoires de ville et hospitaliers) et la surveillance des dépistages dans le cadre des Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG, 346 consultations et 98 antennes en prison).
Environ 4,7 millions de tests ont été réalisés en 2003 (en dehors des dons du sang), dont près de 300 000 dans des CDAG (soit 7% de l’ensemble). L’activité de dépistage tous contextes confondus connaît une croissance régulière depuis 2001 (+ 4% par an en moyenne pour les laboratoires et + 6% pour les CDAG sur la période 2001-2003)
Dans l’ensemble, le nombre de sérologies positives croît (10 900 tests en 2003, correspondant à environ 6000 personnes découvrant leur séropositivité par an) mais reste stable proportionnellement au nombre total de tests réalisés : 2,3‰ en laboratoires et 5,1‰ en CDAG, soit en proportion deux fois plus de sérologies positives dans le cadre anonyme et gratuit que dans les autres contextes de dépistage.
Des disparités régionales ressortent également de ces données : proportionnellement à leur population, les régions Paca, Ile-de-France et l’Outre-Mer enregistrent des taux de dépistage supérieurs à la moyenne nationale, et les proportions de tests positifs en Ile-de-France et en Antilles-Guyane sont particulièrement élevées, reflétant une prévalence plus importante dans ces régions (523 tests positifs par million d’habitants en Ile-de-France et 491 en Outre-Mer, contre une moyenne nationale de 182). A l’inverse, la région Paca se distingue par une forte activité de dépistage mais une proportion de tests positifs relativement faible.
La fréquentation des CDAG reste majoritairement masculine (plus de 55% des tests réalisés). Cependant, la proportion de tests positifs chez les femmes augmente : 38% des tests positifs en 2003 concernaient des femmes contre 36% en 2001 alors que le recours des femmes au dépistage dans ce contexte n’augmente pas. En 2002, les femmes de 30 à 39 ans consultant en CDAG sont plus souvent dépistées positives que les hommes du même âge.
L’Institut de veille sanitaire rappelle que le dépistage est une pièce maîtresse de la lutte contre le VIH-sida et que trop de personnes encore ne découvrent leur séropositivité qu’à un stade avancé de la maladie. Parmi les diagnostics actuels de sida on observe que 47% de personnes ont découvert leur séropositivité à ce stade de la maladie. Or, une prise en charge précoce est l’un des déterminants majeurs d’une meilleure qualité et d’une meilleure espérance de vie pour les malades et peut améliorer la maîtrise de la transmission du virus.
* Surveillance
du VIH/sida en France, données au 31 mars 2004.
Rapport n°2. Mai 2005.
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