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Il existe actuellement en France un risque potentiel d’épidémies
de rougeole qui peuvent survenir parmi des populations insuffisamment vaccinées.
Par ailleurs, chaque année, des infections rubéoleuses surviennent
chez des femmes enceintes entrainant la naissance d’enfants atteints de rubéole
congénitale malformative ou des interruptions médicales de
grossesse. Dans ce contexte, la Direction Générale de la Santé et
l’Institut de veille sanitaire mettent en oeuvre des mesures destinées,
d’une part à optimiser le taux de couverture vaccinale, d’autre part à renforcer
la surveillance de la rougeole. Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’élimination
de la rougeole et de la rubéole congénitale de la région
européenne de l’Organisation Mondiale de la Santé1.
Dans le monde, la rougeole reste la première cause de mortalité infantile évitable
par la vaccination, avec plus de 30 millions de cas et 777 000 décès
chaque année. En France, depuis l’introduction du vaccin dans le
calendrier vaccinal, le nombre annuel de cas estimé est passé de
331 000 en 1985 à environ 4500 en 20042 et le nombre de décès
est passé dans le même temps d’une trentaine à moins
de 10 par an. Toutefois, le ralentissement de la circulation virale a pour
conséquence que des enfants non vaccinés atteignent un âge
avancé sans rencontrer le virus. De ce fait, la réduction
du nombre de cas de rougeole s’est accompagnée d’une augmentation
de l’âge moyen de survenue de la maladie. Cette situation est préoccupante
car la fréquence et la gravité des complications de la rougeole
notamment neurologiques augmentent avec l’âge.
Pour mémoire, une épidémie de rougeole survenue en
région PACA en 2003 avait touché plus de 250 personnes, le
taux de couverture vaccinale étant inférieur à 80%
dans certains départements de cette région.
Pour enrayer cette évolution, le schéma vaccinal est de
nouveau adapté3. Il est recommandé une première dose
du vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois
(et non plus à partir de 12 mois) et une deuxième dose au
cours de la deuxième année (soit entre 13 et 24 mois,avec
un intervalle d’au moins un mois entre les deux injections). Ce nouveau
schéma devrait permettre d’atteindre un taux de couverture élevé (au
moins 95% pour la première dose et 90% pour la deuxième dose),
condition nécessaire pour l’élimination de la rougeole. Aujourd
‘hui cette couverture vaccinale n’est que de 86,4% à 24 mois avec
de fortes disparités selon les régions.
De plus, pour éviter les cas chez les grands enfants, adolescents
et les adultes jeunes, la vaccination est recommandée en rattrapage
entre 2 et 13 ans (2 doses) entre 14 et 25 ans (1 dose).
Afin de suivre l’incidence de la maladie et de repérer précocement les foyers épidémiques, la rougeole est inscrite sur la liste des maladies à notification obligatoire. De plus, tout cas de rougeole diagnostiqué cliniquement devra être confirmé par un test biologique (recherche d’IgM sur prélèvement de sang ou de salive). Des kits de prélèvement salivaire seront disponibles auprès des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS). Près de 92 000 professionnels de santé vont recevoir dans les jours qui viennent une lettre d’information sur le dispositif de notification et de confirmation biologique des cas.
1 Plan stratégique de lutte contre la rougeole et la rubéole congénitale
dans la region européenne de l’OMS (http://www.euro.who.int/vaccine).
2 Réseau sentinelles, Inserm U707
3 Cf BEH du 5 juillet 2005
Contacts
presse
Laurence Danand (DGS) : 01-40-56-52-62
Laetitia G. Benadiba (InVS) : 01-41-79-67-08
| Institut
de veille sanitaire Mise en ligne le 6 juillet 2005 |
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