Communiqué de presse – 15 décembre 2005


L’hépatite A devient une maladie à déclaration obligatoire en France



L’hépatite A devient une nouvelle maladie à déclaration obligatoire, au même titre que 27 autres maladies. Tout cas d’hépatite aiguë A devra désormais être notifié par le médecin traitant ou le laboratoire qui en a fait le diagnostic, à la Ddass du département concerné. Sur le plan national, les données de surveillance seront analysées par l’Institut de veille sanitaire.

L’un des objectifs du nouveau système de surveillance(1) de l’hépatite A est la détection précoce d’épidémies, notamment au niveau départemental, afin de mettre en place rapidement des mesures de contrôle adaptées. Depuis 1980, les épidémies d’hépatite A, déclarées en France, ont été détectées grâce à l’alerte donnée par divers acteurs du système de santé (médecins généralistes, Ddass…). En raison du risque de diffusion, de sa gravité plus importante chez les adultes et de l’existence de mesures de contrôle de nature collective, l’hépatite A doit faire l’objet d’une surveillance départementale et nationale. A cette date, la France est l’un des seuls pays européens à ne pas avoir de surveillance départementale et nationale de l’hépatite A.

L’hépatite A est une infection virale aiguë du foie due au virus de l’hépatite A (VHA). L’hépatite A n’évolue pas vers la chronicité. Après une incubation de 15 à 50 jours (30 jours en moyenne), la maladie (lorsqu’elle est symptomatique) se manifeste par de la fièvre, une fatigue importante accompagnée de nausées, des douleurs abdominales suivies d’une jaunisse. Le diagnostic d’hépatite aiguë A repose sur une sérologie avec mise en évidence d’anticorps IgM anti-VHA. La contamination avec le VHA se fait par voie oro-fécale, c'est-à-dire, par contact avec une personne contaminée ou par l’ingestion d’aliments contaminés (par l’environnement, coquillages, ou par manipulation par une personne contaminée) ou d’eau contaminée (plutôt dans les pays en voie de développement).

L’hépatite A est fréquente dans les pays en voie de développement où elle affecte le plus souvent les enfants. Dans les pays où les conditions d’hygiène sont bonnes, elle est plus rare et touche en proportion davantage les adultes qui ne sont pas protégés, n’ayant pas eu la maladie dans l’enfance. Chez l’adulte, la maladie est plus souvent symptomatique et potentiellement grave.

La prévention de la transmission interhumaine de l’hépatite A repose sur le respect des règles d’hygiène universelles (le lavage des mains après le passage aux toilettes, après avoir changé la couche d’un nourrisson, avant la préparation des repas, des biberons, avant de donner à manger à des enfants…). Un vaccin est disponible en France depuis 1992. Ce vaccin confère une immunité contre le VHA, proche de 95% et pour une durée de 10 à 20 ans. Il est sans effets secondaires notables et est actuellement recommandé pour les adultes non immunisés et les enfants âgés de plus d’un an voyageant en zone d’endémie, les jeunes des internats des établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapée et les personnes exposées à des risques particuliers, les patients infectés chroniques par le virus de l’hépatite B ou porteurs d’une maladie chronique du foie, les homosexuels masculins.


(1) Dossier "Hépatite aiguë A"


Contacts presse
Laetitia Gouffé-Benadiba (InVS) : 01 41 79 67 08
Elsa Vidal (InVS) : 01 41 79 69 59

 

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Mise en ligne le 15 décembre 2005
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