Soixante-deux cas de légionellose ont été signalés à la
Ddass du Pas-de-Calais depuis le 28 novembre 2003. Pour 61 cas, le diagnostic
de légionellose a été confirmé (pour 60 cas par
la présence d’antigène soluble urinaire et pour un cas par séroconversion).
Un cas est considéré comme probable (sérologie positive
unique élevée).
Pour trois autres cas ayant déjà été signalés à la
Ddass, les résultats des analyses sérologiques sont en attente.
Quarante et un cas (66%) sont de sexe masculin. La moyenne d’âge est de 72 ans. Pour tous les cas renseignés, la date de début des signes cliniques se situe entre le 9 novembre 2003 et le 2 janvier 2004 (voir courbe épidémique). A ce jour, 17 patients sont encore hospitalisés et sept personnes sont décédées.
A ce jour, parmi les prélèvements pulmonaires reçus au Centre National de Référence Legionella (CNR), des souches ont été isolées pour 14 malades, dont 6 ont débuté la maladie après le 14 décembre 2003. Ces 14 souches sont identiques (même profil génomique). Une souche isolée d’un malade survenu après le 14 décembre est en cours d’analyse.
D’après les informations recueillies par la Cire et la Ddass auprès des patients, la majorité d’entre eux résident ou ont fréquenté une zone à l’est de la ville de Lens (Harnes et les communes avoisinantes) durant les 10 jours précédant la maladie.
L’enquête environnementale est conduite par la Drire et la Ddass et les mesures de contrôle ont été prises concernant des installations à risque (désinfection des systèmes de refroidissement).
Les analyses des prélèvements réalisés dans une entreprise à Harnes (Noroxo) ont confirmé que cette entreprise était une source de contamination. En effet, ces souches environnementales sont identiques à celles des 14 patients. L’entreprise Noroxo a été fermée entre le 3 et le 20 décembre 2003 pour désinfection.
Des prélèvements effectués sur les rampes de lavage d’une station de lavage de voitures (située à Harnes) ont montré la présence de Legionella. L’identification de ces Legionella par le CNR a montré qu’il s’agissait de la même souche que celle identifiée chez les 14 patients ainsi que dans l’entreprise Noroxo.
Les autres installations investiguées ont fait l’objet de prélèvements qui ont été transmis pour analyse au CNR et des désinfections systématiques ont été effectuées.
A ce jour, des prélèvements pour recherche de Legionella ont été pratiqués aux domiciles de 58 patients. Pour deux domiciles, le prélèvement est positif, ce qui indique que cette source de contamination au domicile des patients ne peut être retenue comme source de l’épidémie.
Compte tenu de l’aspect de la courbe épidémique et des données disponibles à ce stade, les investigations se poursuivent pour expliquer la survenue des cas depuis mi-décembre. En l’absence d’éléments permettant à ce stade d’identifier une autre source de contamination, l’hypothèse d’une persistance de la contamination à partir de la source identifiée (NOROXO) demeure. Cette entreprise a fait l’objet d’une nouvelle mesure de fermeture par la préfecture du Pas-de-Calais le 2 janvier 2004.
La découverte de la même souche épidémique dans
un deuxième lieu (station de lavage) ne réfute pas l’hypothèse
selon laquelle l'entreprise Noroxo est bien à l'origine de la première
vague de cas. Cependant, il est très peu probable que cette seconde
source puisse être à l’origine d’un grand nombre de cas compte
tenu de leur répartition sur une zone géographique étendue
et de leur faible fréquentation de cette station.
En tout état de cause, il est très peu probable qu’une source
de cette nature soit à l’origine d’une épidémie de cette
ampleur sur une zone géographique aussi étendue.
Suite à un arrêté préfectoral, toutes les stations
de lavage de voitures, dans un rayon de 10 km autour de l’usine Noroxo ont été fermées.
Des analyses de prélèvements sont encore en cours au CNR. La comparaison des souches humaines et des souches environnementales, pourra renseigner sur l’existence d’une ou plusieurs sources de contamination.
En raison de cet épisode épidémique important et inhabituel de légionellose, le ministère de la Santé et le ministère de l’Ecologie et du Développement durable, ont désigné une mission d’experts spécialisés en épidémiologie, dans la lutte contre la prolifération des légionelles dans les tours de refroidissement et dans le transport des bactéries dans l’environnement afin d’apporter un soutien technique au préfet du Pas-de-Calais et à ses services. Les experts se sont rendus sur site le 6 janvier.
La surveillance renforcée se poursuit afin d’identifier et de traiter
précocement les nouveaux malades afin de prévenir le risque de
forme grave et de décès.
Pour
en savoir plus sur la légionellose : Les
légionelloses déclarées en France en 2002 (BEH
n°32/2003).
Pour consulter
les points précédents publiés sur le site
de l’InVS, cliquer ici.
| Institut
de veille sanitaire Mise à jour le 09 janvier 2004 |
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