Epidémie de grippe aviaire A (H5 N1) en Asie

Point au 12 février 2004


La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire peut parfois infecter d’autres espèces animales comme le porc et d’autres mammifères.

Lorsque la souche est hautement pathogène, le virus de la grippe aviaire peut exceptionnellement se transmettre à l’homme, comme cela a été observé à Hong Kong en 1997 et 2003, ou aux Pays-Bas en 2003. La transmission s’effectue lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés.

Il n’y a pas à ce jour de transmission interhumaine démontrée pour ce virus. Cependant, la circulation concomitante d’un virus grippal humain chez les personnes exposées au virus aviaire H5N1 acquis au contact d’élevages de volailles touchés par la grippe aviaire pourrait créer les conditions de l’émergence d’un nouveau virus grippal adapté à l’homme. La diffusion de ce de virus par transmission inter-humaine deviendrait alors possible et pourrait être à l’origine d’une pandémie.


Situation en Asie

L’épizootie de grippe aviaire A (H5N1) initialement signalée au Vietnam le 8 janvier 2004 s’est maintenant étendue à de nombreux autres pays d’Asie. Des cas humains de la maladie ont été confirmés au Vietnam et en Thaïlande, et des cas suspects sont en cours d’investigation au Cambodge. D'autres pays n’ont pas déclaré de cas humain malgré l'épizootie en cours (Pakistan, Indonésie, Laos) ou ne fournissent aucune information vérifiable (Myanmar).

Une synthèse mise à jour de ces informations (pdf) est accessible sur ce site.

L'identification fin janvier dans la province de Thai Binh au Vietnam de 4 malades dans la même famille, dont au moins deux n’auraient pas eu de contact avec des volailles, a rendu plausible l’hypothèse d’une transmission inter-humaine limitée du virus A (H5N1). Cet événement isolé ne signifie toutefois pas que le virus ait acquis la capacité de diffuser dans la communauté au-delà des personnes en contact étroit avec des malades. Aucun cas n’a été rapporté parmi le personnel médical en charge des cas au Vietnam ou en Thaïlande.

Les premiers résultats du séquençage du génome des virus identifiés durant l'épizootie actuelle ont montré l’absence de gène de virus grippaux humains, élément particulièrement déterminant dans l’appréciation du risque de diffusion secondaire chez l’homme. Néanmoins, l’ampleur de cette épizootie sans précédent et sa propagation à de nombreux pays, pourraient permettre la recombinaison du virus aviaire avec une souche grippale humaine et une modification de ses modes de transmission ce qui justifie un suivi épidémiologique très attentif.

Des tests sont actuellement menés chez l’animal afin de déterminer si le vaccin initialement élaboré à partir des souches responsables de l’épidémie de Hong Kong en 1997 pourrait permettre de lutter contre la ou les souches responsables des épidémies actuelles.

Tous les pays touchés ont pris des mesures de contrôle de l’épizootie, en particulier l’abattage massif des volailles dans les régions touchées.


Pour plus d’informations, en particulier sur les mesures de précautions à prendre pour les voyageurs en Asie, vous pouvez consulter :
- le site de l’Organisation mondiale de la santé : http://www.who.int/csr
- le site du ministère de la santé et de la protection sociale : http://www.sante.gouv.fr (dossier grippe aviaire)

 

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Institut de veille sanitaire
Mise à jour le 12 février 2004
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