Communiqué de presse - 13 juillet 2004

Résistance aux antibiotiques : des progrès dans l’état des lieux du problème,
mais des améliorations importantes restent à faire en France.

 

« Gérer les résistances aux antibiotiques, en assurer la maîtrise, c’est d’abord les mesurer ». Tel est l’un des points d’appel du Pr. Benoît Schlemmer, Président du Comité national de suivi du Plan pour préserver l’efficacité des antibiotiques, dans son éditorial du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire*, consacré à la résistance aux antibiotiques.

La progression de la résistance bactérienne aux antibiotiques est actuellement plus rapide que la découverte de nouveaux antibiotiques. Des progrès ont été faits dans l’identification des mécanismes de résistance et de transmission, dans la surveillance, la détection de l’émergence de nouvelles souches résistantes. Néanmoins, beaucoup reste à faire pour en assurer la maîtrise, notamment par un meilleur usage des antibiotiques en médecine de ville, à l’hôpital et également en médecine vétérinaire. L’effort de surveillance doit se poursuivre notamment sur la consommation des antibiotiques dans les établissements de santé.

La résistance du pneumocoque à la pénicilline et aux macrolides devient un problème sérieux en Europe car elle tend à se généraliser. La France y occupe le premier rang européen pour la résistance à la pénicilline G et le deuxième, pour les macrolides, comme en témoignent les résultats pour l’année 2002 du système de surveillance européen EARSS (European Antimicrobial Resistance Surveillance System). Cette résistance est, en France, la plus importante chez les enfants de 0 à 4 ans.

La résistance du Staphylocoque doré à la méticilline (SARM) est plus élevée dans les pays du Sud de l’Europe (Grèce 44%, Italie 38%, Portugal 38%, France 33%, Espagne 23%) que dans plusieurs pays du Nord (Pays-Bas, Finlande, Danemark, Suède) où les taux restent inférieurs à 5%. Elle progresse sensiblement au Royaume-Uni. Les pourcentages de résistance de haut niveau à la gentamicine de certains colibacilles (E. faecalis et E. faecium) restent élevés en Europe (médianes de 37-38%), excepté en France (10-15%), en Autriche (17-20%) et en Finlande (< 13%).

Pour la consommation d’antibiotiques en ville qui représente plus de 90% de leurs prescriptions, la France occupe toujours la première place en Europe, malgré les campagnes de sensibilisation. Néanmoins, une baisse relative de la consommation (5,6%) a été observée entre 1999 et 2002. A l’hôpital, en moyenne (un jour donné), 16% des patients reçoivent des antibiotiques (24% parmi ceux hospitalisés en court séjour et près de la moitié en réanimation).

Ce numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, qui présente un bilan détaillé de cette situation, s’adresse à tous les professionnels de santé en médecine humaine et vétérinaire. La lutte contre la résistance aux antibiotiques est multidisciplinaire. Elle nécessite l’adhésion de tous les professionnels (libéraux et hospitaliers) mais aussi du grand public qui doit être un consommateur éclairé de ces antibiotiques dont l’efficacité dépend du bon usage.

* BEH n°32-33/2004 : numéro thématique « résistance aux antibiotiques » (24 pages). Disponible sur le site de l’InVS (http://www.invs.sante.fr).


Contacts presse :
- Laetitia G. Benadiba (InVS), tel. 01-41-79-67-08
- Elsa Vidal (InVS), tel. 01-41-79-69-59

 

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Mise à jour le 13 juillet 2004
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