La tuberculose demeure une des pathologies les plus fréquentes et la seconde cause de décès par maladie infectieuse dans le monde. En 2002, cette maladie a touché plus de 65 000 personnes dans les 25 pays membres de la future Union Européenne (UE) élargie. C’est pourquoi, la sensibilisation des opinions publiques et le maintien des moyens de la lutte contre cette maladie sont au cœur de la Journée Mondiale de la Tuberculose, traditionnellement commémorée le 24 mars de chaque année.
La diminution du nombre de cas annuels (incidence) de la tuberculose, régulièrement observée en Europe jusqu’au début des années 90, s’est infléchie dans de nombreux pays, allant même jusqu’à s’inverser dans les Etats de l’UE qui accueillent des populations migrantes originaires de pays à forte incidence. Par ailleurs, dans la plupart des dix pays qui rejoindront l’UE cette année, l’incidence de la tuberculose est supérieure à la moyenne observée dans l’ « Europe des Quinze ». Dans les Etats baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) futurs membres de l’UE, le taux d’incidence est 6 fois supérieur. Enfin, des pays anciennement membres de l’Union Soviétique sont également confrontés à des formes fréquentes de tuberculose multirésistantes aux antituberculeux mettant en danger l’efficacité des traitements. Par ailleurs, on s’attend à ce que la progression de l’épidémie d’infection à VIH/sida en ex-Union Soviétique y aggrave l’épidémie de tuberculose ainsi que la résistance aux traitements.
Ces développements indiquent clairement que la tuberculose demeure un problème de santé publique non résolu ou en progression dans de nombreux pays de l’UE élargie et dans les pays voisins de l’ex-Union Soviétique. Cette situation justifie plus que jamais un renforcement des programmes nationaux de lutte qui, bien conduits, ont prouvé leur efficacité. Ces programmes de lutte doivent s’appuyer sur une surveillance épidémiologique tant au plan national qu’européen pour suivre la dynamique d’évolution de la maladie et adapter et évaluer la lutte anti-tuberculeuse.
Entre 1996 et 2003 la surveillance de la tuberculose dans les 52 pays de la région Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (du Portugal au Pacifique) était assurée par le programme EuroTB, financé par la Commission européenne et désigné centre collaborateur OMS. Ce programme a contribué au contrôle de la tuberculose en Europe en standardisant les méthodes de recueil et de traitement des données d’incidence de la maladie, de résistance aux médicaments antituberculeux, et de résultat des traitements. Ses publications, disponibles sur le site www.eurotb.org, constituent une source indispensable d’informations faisant autorité sur ce sujet.
Or, la Commission européenne n’a pas été en mesure d’assurer le renouvellement du financement d’EuroTB 2004. Le maintien de cette surveillance est assuré actuellement par le seul soutien financier accordé par l’Institut de veille sanitaire (InVS) qui héberge EuroTB depuis sa création. Le Centre européen de Prévention et de Contrôle des Maladies, qui sera implanté en Suède, ne sera pas opérationnel avant 2005. Dans l’intervalle, le réseau de surveillance de la tuberculose et les données qu’il produit depuis sept ans sont en péril, alors que la situation de la tuberculose en Europe reste préoccupante.
Contacts presse :
Elsa Vidal (InVS) : +33-1 41 79 69 59
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Voir également
: le site web du programme
EuroTB (en anglais).
| Institut
de veille sanitaire Mise à jour le 24 mars 2004 |
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