Au cours du mois d’octobre 2003, cinq cas de fièvre typhoïde sans notion de voyage en pays endémique pour la fièvre typhoïde, ont été identifiés chez des personnes résidant dans quatre départements d’Ile de France (Paris, Seine-Saint-Denis, Yvelines, Essone).
Ces personnes ont présenté les premiers symptômes de leur fièvre typhoïde entre le 28 septembre et le 10 octobre (fig 1) et ont toutes été hospitalisées. L’évolution clinique est favorable pour toutes.

Figure 1 : Cas groupés de fièvre typhoïde. Répartition
des cas suivant la date de début de la fièvre. Ile de France,
septembre-octobre 2003.
Les cinq personnes ont été interrogées sur les possibles
sources de contamination (voyages, lieux fréquentés, contacts
avec des personnes présentant de la fièvre ou des signes digestifs,
aliments consommés) au cours du mois précédant le début
de leurs symptômes.
Aucune de ces personnes n’a voyagé dans un pays endémique pour
la fièvre typhoïde. Elles rapportent la fréquentation de
plusieurs lieux de restauration. Quatre personnes ont consommé des salades
composées achetées dans un même lieu de restauration :
Sandwicherie « Aux Pains Perdus », située, 40 Rue de Longchamp,
dans le 16ième arrondissement de Paris. Deux d’entre elles l’ont fréquenté à plusieurs
reprises pendant les semaines avant le début des symptômes. La
fréquentation de ce restaurant est la seule exposition commune aux quatre
personnes. Une 5ième personne travaille une fois par semaine dans le
16ième arrondissement et y achète parfois des sandwichs dans
différents lieux de vente dont elle n’a pas pu préciser la localisation.
Le typage moléculaire des souches isolées chez ces patients est en cours au CNR des Salmonella à l’Institut Pasteur.
Environ 90 cas de fièvre typhoïde sont déclarés chaque année en France métropolitaine. Pour 80% d’entre eux, la contamination a lieu dans un pays endémique pour la fièvre typhoïde : principalement, Afrique du Nord, Asie, Afrique subsaharienne. (BEH n° 14/2003)
Compte tenu de la rareté des fièvre typhoïdes autochtones en France, la survenue groupée dans le temps et géographiquement de ces 5 cas autochtones, suggère fortement que le restaurant fréquenté par au moins 4 malades puisse être la source de la contamination.
Le réservoir de Salmonella Typhi est strictement humain. La majorité des épidémies décrites dans la littérature liées à des restaurants est due à la consommation d’ aliments consommés crus ou non réchauffés contaminés lors de leurs préparations par un préparateur infecté.
Mesures de contrôle et de prévention
Une enquête de la Direction départementale des services vétérinaire et de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de Paris est en cours dans l’établissement. L’établissement fréquenté par quatre des cinq cas a été fermé temporairement à l’initiative de son responsable dès le 3 Novembre, au vu des premières informations disponibles.
La Direction générale de la santé a informé les hôpitaux et les Ddass d’Ile-de-France de la survenue de ces cas groupés afin de les sensibiliser au diagnostic de la maladie chez des personnes sans antécédents de voyage et de leur rappeler la nécessité de signaler les cas sans délai à la Ddass et à l’InVS. Aucun cas autochtone n’a été signalé depuis.
La date de survenue des cas suggère que la contamination a pu commencé vers
la mi septembre. Les informations disponibles à ce jour ne permettent
pas de déterminer la durée de la contamination et il est possible
que des personnes infectées soient actuellement en phase d’incubation.
Les personnes ayant fréquenté la sandwicherie « Aux Pains
Perdus » rue de Longchamp à Paris , depuis la mi-septembre et
présentant, ou ayant présenté une fièvre élevée
ou des épisodes diarrhéiques, sont invitées à prendre
contact avec leur médecin traitant. Les personnes travaillant dans le
secteur agroalimentaire, en collectivités de jeunes enfants ainsi que
le personnel soignant ayant fréquenté cet établissement,
doivent être particulièrement vigilants afin d’éviter des
transmissions secondaires de la maladie.
Le lavage des mains avant toute manipulation d’aliments, et systématiquement à la sortie des toilettes, constitue une mesure d’hygiène indispensable à la prévention de la transmission de la maladie.
| Institut
de Veille Sanitaire Mise à jour le 5 novembre 2003 |
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