Infections à Hantavirus, Nord Est de la France

Point au 1er septembre 2003

 

De fin décembre 2002 à fin août 2003, 104 cas d'infections à hantavirus ont été identifiés par le Centre national de référence (CNR) des fièvres hémorragiques virales. Ce nombre est supérieur au nombre de cas observés pour les 3 années antérieures (en 2002, 61 cas d'infection ont été identifiés). Une investigation a été entreprise par les Cire Nord et Est et l'InVS afin de confirmer l'excès de cas, de décrire les cas et leur répartition géographique, et de proposer des mesures de prévention adéquates.
L'examen des résultats du CNR depuis septembre 2002 a permis de confirmer l'excès de cas d'infections à hantavirus depuis fin décembre (figure 1).

Figure 1 : Mois du prélèvement diagnostique infections à Hantavirus, France, septembre 2002-août 2003 (données du CNR des fièvres hémorragiques)


Description des cas d'infections à Hantavirus

Des informations sur les signes cliniques et biologiques, et sur les lieux fréquentés et les activités à risque au cours des deux semaines précédant les symptômes ont pu être recueillies pour 54 des 104 cas.
Quarante-quatre cas (82%) sur les 54 interrogés sont des hommes. Les 54 cas interrogés sont âgés de 8 à 64 ans (médiane = 38 ans). Plus de 50% des cas résident dans les Ardennes et l'Aisne (figure 2). Tous les cas auraient été infectés à proximité de leur domicile

Figure 2 : Distribution géographique des cas, infections à Hantavirus, France, janvier- août 2003

La date de début des signes est connue pour 43 des 54 cas interrogés (figure 3). La plupart (29%) ont présenté leurs premiers signes cliniques en janvier et février 2003, et pendant le printemps 2003.

Figure 3 : Date de début des signes des cas interrogés par semaine infections à Hantavirus, France janvier-août 2003

Parmi les 54 cas interrogés, 46 (85%) ont été hospitalisés.
Les signes les plus fréquents étaient la fièvre, une thrombopénie, une hyper-créatininémie et des céphalées (tableau I). Un cas a en outre présenté des hémorragies pharyngées, gingivales et conjonctivales, un cas une hématémèse, un cas des pétéchies et un autre des arythmies cardiaques. Aucun cas n'a été dialysé.

Tableau I : Signes cliniques et biologiques des cas d'infections à hantavirus, France, 1er janvier-29 août 2003

Signe clinique Nombre de cas
(n = 54)
%
Fièvre 53 98
Thrombocytopénie 42 78
Elévation de la créatininémie 40 74
Céphalées 36 67
Protéinurie 36 67
Lombalgies 35 65
Nausées 35 65
Myalgies 33 61
Douleurs abdominales 28 52
Vomissements 24 44
Dorsalgies 20 37
Hématurie microscopique 21 39
Troubles de l’accommodation 17 32
Toux 12 22
Dyspnée 5 9
Hématurie macroscopique 5 9
Epistaxis 5 9

Expositions à risques des 54 cas interrogés

La majorité des cas interrogés ont rapporté une ou plusieurs expositions potentiellement à risque dans les 2 semaines précédant le début de ses symptômes.
Trente quatre cas (63%) habitaient une maison à proximité d'une forêt. Neuf cas (17 %) étaient chasseurs et 3 cas (6%) avait manipulé des cadavres de rongeurs. Dix cas sur 54 (19 %) avaient ramassé du bois en forêt, 26 (49 %) avaient manipulé du bois stocké, 19 (36 %) avaient jardiné, 15 (28 %) avaient nettoyé ou rénové un local inhabité en zone rurale, 13 (24%) avaient effectué des promenades en forêt. Dix neuf (35 %) avaient une activité professionnelle à risque, dont 5 exerçaient une activité dans le bâtiment, 5 dans le secteur forestier et 5 dans l'agriculture.
Pour 6 cas, la seule exposition à risque identifiée était la situation de leur domicile, isolé en forêt.


Conclusion

Les informations disponibles à ce jour confirment un excès de cas d'infections à hantavirus en janvier et au printemps par rapport à l'année 2002. Ces cas résident dans les départements connus comme endémiques. Les facteurs de risque retrouvés sont les expositions classiquement décrites comme étant associées à la maladie. La survenue de cet excès de cas en période hivernale puis au printemps justifie la maintenance d'une vigilance renforcée. Cette surveillance se poursuit actuellement en collaboration avec le CNR, l'InVS et les CIRE.
Dans les zones connues de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, un certain nombre de précautions, faciles à mettre en œuvre, permettent de réduire considérablement le risque d'être infecté par le virus Hanta. Sont concernées par ces précautions, les personnes résidant à proximité des forêts, les personnes ayant des activité en forêt ainsi que les professionnels du bois.
(voir recommandations sur : http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/fievre/index_fievre.htm ).


Autres liens utiles :

http://www.invs.sante.fr/beh/1999/9908/index.html
http://www.invs.sante.fr/beh/1999/9933/index.html

http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/fievre/prof.htm
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/fievre/pub.htm
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/2z.htm

 

 

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Mise en ligne le 19 septembre 2003
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