Paris, le 10 décembre 2003 Infections nosocomiales à Acinetobacter baumannii multi-résistant aux antibiotiques :un dispositif de vigilance en action
Dans le cadre du dispositif national de signalement des infections nosocomiales, au 3 décembre 2003, 21 établissements de santé situés dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aisne, des Ardennes et de la Marne ont signalé, depuis l’été, 112 patients porteurs ou infectés par une souche de Acinetobacter baumannii multi-résistante aux antibiotiques. Plusieurs d’entre eux sont décédés. Acinetobacter baumannii est une bactérie fréquemment résistante à de nombreux antibiotiques et responsable d’infections nosocomiales dans des services accueillant des patients fragilisés, notamment les services de soins intensifs. La souche responsable des cas signalés a la particularité de n’être plus sensible qu’à deux antibiotiques : l’imipénème et la colistine. La diffusion inter-hospitalière de cette souche, isolée pour la première fois en juillet 2001 en France, est notamment liée aux transferts de patients entre établissements de santé. Le contrôle d’une épidémie à Acinetobacter baumannii nécessite d’importants efforts : respect strict des procédures d’hygiène (lavage des mains), nettoyage soigneux des surfaces, mise en place de protocoles d’isolement, dépistage des patients porteurs, signalisation lors de leurs transferts, et si nécessaire, fermeture temporaire des secteurs d’hospitalisation. Dans le cadre du Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin), des recommandations pour l’identification précoce des cas, la surveillance, la prévention et la maîtrise de ces infections ont été transmises aux Centres interrégionaux de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (C.Clin). Les établissements de santé ont reçu des consignes très strictes sur le respect des recommandations pour la maîtrise des bactéries multi-résistantes. Ils devront s’assurer des précautions à prendre, des protocoles d’isolement et de désinfection des surfaces à mettre en œuvre, des conditions de transfert des patients. Chaque cas signalé fait l’objet d’une investigation conjointe
par les équipes opérationnelles d’hygiène des établissements
concernés, les C.Clin, les Ddass et un laboratoire expert (CHU
de Bicêtre). L’intérêt d’une telle investigation est
de mettre en œuvre des mesures de contrôle adaptées à la
situation locale de l’établissement.
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