Communiqué de presse - 26 mars 2003Le comité de suivi épidémiologique de l'explosion AZF présente un nouveau rapport d'étape
Un nouveau rapport d'étape sur les conséquences sanitaires de l'explosion de l'usine AZF, survenue le 21 septembre 2001, est présenté aujourd'hui à l'occasion de la réunion du comité institutionnel présidée par Mr Hubert Fournier, le préfet de la région Midi-Pyrénées. Le travail d'évaluation des conséquences de l'explosion sur la santé se poursuit depuis le lendemain de la catastrophe, dans le cadre du dispositif de suivi épidémiologique mis en place par l'Institut de Veille sanitaire et la DRASS Midi-Pyrénées. L'objectif de ce dispositif est d'évaluer d'une part, les conséquences sanitaires (à moyen et long terme) de l'explosion de l'usine AZF afin de mesurer l'ampleur des séquelles que peut laisser un tel événement sur la santé des populations, et d'autre part, d'apporter des éléments d'informations permettant d'adapter les prises en charge de la population toulousaine touchée par cette catastrophe et de formuler des recommandations pour la prise en charge lors d'événements comparables dans le futur. Voici les éléments qui sont présentés aujourd'hui. Le bilan initial faisait état de 30 morts et de plus de 3 000 blessés. Une enquête menée auprès de tous les établissements hospitaliers susceptibles d'avoir accueilli des blessés lors de l'explosion relève 2 décès qui pourraient être éventuellement liés à la catastrophe. Des enquêtes sont en cours pour ces 2 décès. Un rapport présente les résultats et conclusions finales
sur les conséquences des expositions environnementales. Pour tous
les polluants émis dans l'atmosphère (ammoniac, dioxyde
d'azote, particules, chlore, protoxyde d'azote, acide nitrique), le niveau
d'exposition de la population par voie aérienne a pu provoquer
des effets irritatifs respiratoires et oculaires transitoires sans caractère
de gravité. Ces effets ont été objectivés
par les deux démarches de travail utilisées : évaluation
du risque sanitaire à partir des mesures effectuées dans
l'environnement et recueil des données sanitaires auprès
des systèmes d'information. Par ailleurs, les systèmes
d'alerte n'ont pas signalé de pathologies évoquant un polluant
non identifié. L'exposition à une source radioactive a été écartée.
L'exposition à l'amiante au décours de l'explosion a été d'un
niveau incompatible avec un excès de risque sanitaire pour la
population. Concernant les expositions éventuelles par voie orale
liées à d'autres milieux - eau de distribution, ingestion
de particules de sols projetées du cratère, notamment par
les petits enfants, consommation de produits cultivés à proximité de
l'explosion - un excès de risque à court et long terme
a également pu être écarté pour la population.. Au regard de l'expérience toulousaine, ce rapport insiste sur la nécessité à l'avenir d'anticiper de tels événements et d'organiser à l'avance les collaborations entre les professionnels ayant à intervenir et leur accès aux données environnementales disponibles et à des mesures de produits rapides dans les différents milieux (air et sol notamment). Le précédent rapport d'étape publié en juillet 2002 faisait état d'un nombre important de consultations pour troubles auditifs et signalait les niveaux très élevés de pression acoustique estimés à proximité de l'explosion. Ces constatations avaient conduit à recommander des mesures de dépistage auditif systématique de la population. Les enfants d'âge préscolaire et scolaire situés dans la zone sinistrée ont eu un bilan de contrôle. Des dépistages systématiques ont été entrepris par quelques médecins du travail. A la demande de la DRASS Midi-Pyrénées et devant les limites des connaissances sur ce sujet, le comité de suivi épidémiologique a réuni un groupe d'experts afin de vérifier la pertinence d'un dépistage et d'en définir les modalités. Neuf médecins experts (ORL, médecin du travail, généraliste, épidémiologiste) se sont réunis à Toulouse le 18 mars et ont recommandé un dépistage systématique des déficits auditifs dans un rayon de 500 mètres de l'épicentre de l'explosion, voire 700 mètres si les moyens le permettaient, et dans un rayon de 700 mètres pour les enfants d'âge préscolaire. Afin d'améliorer les connaissances, une enquête épidémiologique devrait être conduite pour la population qui se trouvait au-delà de cette limite, portant en particulier sur les lycéens, les personnes porteuses d'appareil auditif et les salariés exposés professionnellement au bruit. Deux enquêtes ont été menées en collaboration avec l'Education Nationale et l'InVS. Une au printemps 2002 chez les enfants de 11, 13 et 15 ans (624 élèves) et une à l'automne 2002 chez les collégiens de 6éme (1000 d'entre eux). Dix-huit pour cent des élèves et 30% des collégiens disent avoir consulté au moins un professionnel du champ de la santé mentale (psychiatre, psychologue, cellule d'intervention...) après l'explosion. Sur la base de l'échelle de stress post-traumatique utilisée, 18% des élèves (6 mois après la catastrophe) et 13% des collégiens (un an après la catastrophe) ont des symptômes de stress post-traumatiques en rapport avec l'explosion de l'usine AZF. Deux autres enquêtes sont toujours en cours.
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