Maladies à déclaration obligatoire

Les infections invasives à méningocoques

Aide-mémoire



La méningite à méningocoque est une infection grave (causée par la bactérie Neisseria meningitidis) provoquant une inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. La méningite à méningocoque fait partie des infections invasives à méningocoque. Il s'agit d'une maladie rare en France mais dont la gravité réside dans le pronostic fatal (15% des cas). Elle touche essentiellement les enfants et les adolescents et survient, en général, du début de l'hiver au printemps. Il existe plusieurs sérogroupes réparis différemment dans le monde de la bactérie : A (surtout en Afrique et en Asie), B (le plus fréquent en France), C, le W135 qui émerge depuis quleques années dans le monde. D'autres sérogroupes (plus rares) ont également été identifiés comme étant pathogènes (X, Y, Z…).


Epidémiologie

L'incidence des infections à méningocoques en France se situe autour de 1,5 cas pour 100 000 habitants. En 2002, 678 cas ont été signalés. Les 2 sérogroupes les plus souvent retrouvés sont le B pour 48% des cas et le C, pour 41%. Parmi les patients, 80 % sont âgés de moins de 20 ans.


Mode de transmission

L'infection à méningocoque se transmet par le biais des secrétions rhinopharyngées (toux, postillons, …), et par contact direct lors de baisers profonds. La période d'incubation varie de 2 à 10 jours (moyenne de 3-4 jours).


Symptômes et diagnostic

Les principaux symptômes de la méningite à méningocoque sont :

1. dans les formes classiques : fièvre, forts maux de tête, raideur au niveau de la nuque, nausées et vomissements ;

2. dans les formes graves : taches nécrotiques ou purpuriques (" bleus " ne s'effaçant pas à la pression) s'étendant sur l'ensemble du corps et rapidemment suivi d'un état de choc.
.
Le diagnostic biologique repose sur l'isolement de la bactérie dans le sang et/ou dans le liquide céphalo-rachidien et dans tout liquide stérile. Après avoir établi le diagnostic, il est important d'identifier le type de souche bactérienne (sérogroupe) responsable de l'infection afin de mettre en œuvre des mesures adaptées au niveau individuel ou collectif.


Traitement

Un traitement antibiotique adapté permet le plus souvent de guérir le malade s'il est mis en œuvre précocement.


Prévention et vaccination

Dans l'entourage du malade, un traitement antibiotique court à visée préventive sera proposé rapidement aux sujets vivant avec le malade ou ayant été en contact de manière intime et répétée avec cette personne dans les 10 jours précédant l'hospitalisation, afin de prévenir la survenue d'un nouveau cas secondaires dans l'entourage d'un patient (1).

Une vaccination sera également proposée aux sujets contacts qui se retrouvent de façon régulière et répétée dans l'entourage du malade si celui-ci a été infecté par un méningocoque de type A, C, W135 ou Y. Il n'existe pas de vaccin contre le sérogroupe B.

La vaccination avec le nouveau vaccin conjugué C est recommandée dans les situations suivantes (2) :
- dans les zones délimitées où l'incidence du méningocoque de sérogroupe C est particulièrement élevée (cas groupés ou épidémie (3) )
- enfants souffrant de déficit en fractions terminales du complément, en properdine ou ayant une aplasie anatomique ou fonctionnelle.


Surveillance

Les infections à méningocoques sont à déclaration obligatoire et doivent être signalées sans délai à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass)DASS (y compris en cas de suspicions). Le signalement permet de mettre en œuvre des mesures pour prévenir l'apparition de cas secondaires parmis les contacts proches du patient.

Les critères de notification des infections invasives à méningocoque (dont les méningites à méningocoque) sont :

1. isolement bactériologique de méningocoques dans un site normalement stérile (sang, liquide céphalo-rachidien, liquide articulaire, liquide pleural, liquide péricardique) ou à partir d'une lésion cutanée purpurique ;

2. présence de diplocoque à Gram négatif à l'examen microscopique du liquide céphalo-rachidien (LCR) ;

3. LCR évocateur de méningite bactérienne purulente (à l'exclusion de l'isolement d'une autre bactérie) et
- soit présence d'éléments purpuriques cutanés
- soit présence d'antigène soluble méningococcique dans le LCR, le sang ou les urines
- soit PCR positive à partir du LCR ou du sérum.

4. Présence d'un purpura fulminans (purpura dont les éléments s'étendent rapidement en taille et en nombre, avec au moins un élément nécrotique ou ecchymotique de plus de trois millimètres de diamètre associé à un syndrome infectieux sévère.


(1) Circulaire n° DGS/SD5C/2002/400 du 15 juillet 2002. Prophylaxie des infections invasives à méningocoque.
(2) Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France du 15 novembre 2002 relatif à la vaccination par le vaccin conjugué contre le méningocoque C.
(3) Cf. critères d'alerte de la circulaire 542 du 8 novembre 2001 modifiée par la circulaire 400 du 15 juillet 2002, ou sur avis du Comité technique des vaccinations.

 

 

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Institut de veille sanitaire
Mise en ligne le 4 mars 2003

Mise à jour le 15 mai 2009
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