Communiqué de presse - 25 juin 2002
Un programme de surveillance épidémiologique
permet désormais de quantifier
l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine à partir
de 9 grandes villes françaises
Un programme de surveillance épidémiologique - coordonné par
l'Institut de Veille Sanitaire - permet de quantifier l'impact sanitaire de
la pollution atmosphérique dans 9 villes françaises (Bordeaux,
Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse). L'impact
sanitaire étudié porte sur le nombre annuel de décès
anticipés et le nombre d'admissions hospitalières attribuables à la
pollution atmosphérique. Les résultats de ce programme* (intitulé ''PSAS-9'')
sont présentés aujourd'hui.
L'objectif principal de ce programme** était de quantifier, à l'échelle
de la population, les relations entre des indicateurs de pollution atmosphérique
et des indicateurs de santé. De nombreuses études ont en
effet montré que la pollution atmosphérique est associée à une
augmentation de la fréquence de survenue de crises d'asthme, de
bronchites ainsi que d'autres pathologies pulmonaires chroniques et cardiaques.
La méthodologie de PSAS-9 repose sur le croisement de variations
dans le temps (à court terme : d'un jour à l'autre) d'indicateurs
de l'état de santé d'une population (mortalité,
admissions hospitalières) aux variations d'indicateurs d'exposition
(de la même population) à la pollution atmosphérique
(polluants mesurés)(1). La population totale étudiée
est de plus de 11 millions de personnes réparties dans les 9 villes.
Pour l'ensemble des neuf villes, le nombre annuel de décès
anticipés(2) attribuables à des niveaux de pollution atmosphériques
supérieurs à 10 µg/m3 est de 2786 pour
la mortalité totale, 1097 pour la mortalité cardiovasculaire
et 316 pour la mortalité respiratoire. On estime que 1834 décès
anticipés (pour la mortalité totale) auraient pu être évités
si les niveaux de pollution avaient été réduits
de moitié. D'une manière générale, ce sont
les niveaux de pollution photo-oxydante (dioxyde d'azote et ozone) qui
conduisent le plus souvent au nombre de décès anticipés
le plus élevé.
Pour les admissions hospitalières, il existe une association
entre les admissions pour pathologie cardio-vasculaire chez les 15-64
ans et une augmentation de 10µg/m3 par jour de dioxyde
de soufre [SO2] (l'excès de risque varie de 1,4% pour
un exposition de 0-5 jours avant l'hospitalisation, à 1% pour
une exposition la veille). Par ailleurs, l'excès de risque d'admission
pour pathologie respiratoire suite à une exposition au dioxyde
d'azote [NO2] durant les cinq jours précédents
l'hospitalisation est de 3,7% chez les enfants. On estime que 748 hospitalisations
auraient pu être évitées si les indicateurs de pollution
avaient été ramenés à 10µg/m3 dans
huit villes.
Financée par le Ministère chargé de l'Environnement
et l'InVS, cette étude a bénéficié du concours
de nombreux partenaires. Les résultats présentés
aujourd'hui démontrent que la pollution atmosphérique urbaine
reste un facteur de risque pour la santé d'où l'importance
de disposer d'un système permanent de surveillance épidémiologique
qui permet de quantifier ce risque.
* Programme de Surveillance Air et Santé 9 villes. Surveillance
des effets urbains sur la santé liés à la pollution
atmosphérique en milieu urbain - Phase 2.
(le rapport
complet et la synthèse sont
disponibles sur le site http://www.invs.sante.fr)
** Il s'agit de la deuxième phase du programme PSAS-9 (les résultats
de la première phase ont été rendus public en avril 1999
et portaient sur l'analyse des relations à court terme entre la pollution
atmosphérique et la mortalité, pour la période 1990-1995).
(1) Le croisement des variations d'indicateurs ''santé'' et d'indicateurs
''pollution'' permet de déterminer des relations exposition/risque,
exprimées en pourcentage d'augmentation du risque de mortalité (ou
d'admissions hospitalières) à court terme et pour une augmentation
de 10 µg/m3 par jour des niveaux d'indicateur de pollution.
(2) Il s'agit de décès qui surviennent un jour donné en
relation avec la pollution, indépendamment de l'âge et d'autres
facteurs de risque, et qui, en l'absence de pollution ce jour-là, ne
se seraient pas produits.
Contact :
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