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Grippe : généralités

Publié le 08/06/2006 - Dernière mise à jour le 05/01/2016

Point sur les connaissances

Agent infectieux et réservoir

La grippe est une infection respiratoire aiguë, contagieuse, due aux virus Influenzae. Les virus grippaux se répartissent entre différents types : A, B et C. Les virus grippaux de type A circulent chez de nombreuses espèces animales (canards, poulets, porcs, chevaux, phoques…) alors que les virus grippaux de type B circulent essentiellement chez l’Homme. Les virus A et B sont à l’origine des épidémies saisonnières chez l'Homme mais seul le virus A est responsable de pandémies. Le virus C, quant à lui, occasionne des cas sporadiques.
Les virus grippaux se caractérisent par leurs fréquentes mutations. Cette évolution génétique se fait :

  • soit par glissement ("drift") lors des épidémies saisonnières ;
  • soit par cassure ("shift"). Ce dernier phénomène ne concerne que les virus de type A. Il est responsable de l’apparition de nouveaux virus face auxquels la population n’est pas protégée et génère des pandémies grippales.

Les virus grippaux de type A se divisent en sous-types, caractérisés par leurs protéines de surface, hémagglutinine : H (au nombre de 18) et neuraminidase : N (au nombre de 11). Tous les sous-types viraux semblent circuler parmi les oiseaux aquatiques qui constituent le réservoir primitif des virus grippaux de type A.  Leur pouvoir pathogène chez le poulet, déterminé par un test diagnostic permet de classer les virus en hautement ou faiblement pathogène pour cet animal. Chez l’homme, les virus A et B circulent. Parmi les virus A, seuls certains des sous-types circulent et les 2 sous-types actuellement en circulation, issus des dernières pandémies sont : A(H3N2) et A(H1N1)pdm09.

Mode de transmission et période d'incubation

Les virus de la grippe se transmettent de personne à personne par les sécrétions respiratoires à l’occasion d’éternuements ou de toux. Ils peuvent également se transmettre par contact à travers des objets contaminés. Les lieux confinés et très fréquentés (métro, bus, collectivités scolaires…) sont propices à la transmission de ces virus.
La période d’incubation de la maladie varie de 1 à 3 jours.

Epidémiologie

La grippe se manifeste le plus souvent sous forme d’épidémies saisonnières dans les pays tempérés. En France métropolitaine, sur la base des données historiques des épidémies grippales depuis 1984, le réseau Sentinelles estime, qu’entre 788 000 et 4,6 millions de personnes consultent pour syndrome grippal lors d’une épidémie de grippe.
Entre 25 % et 50 % des consultations concernent des jeunes de moins de 15 ans.
L’épidémie survient entre les mois de novembre et mars et débute le plus fréquemment fin décembre - début janvier. Elle dure en moyenne 10 semaines. La grippe peut entraîner des complications graves chez les sujets à risque (personnes âgées ou sujets fragilisés par une pathologie chronique sous-jacente). La mortalité imputable à la grippe saisonnière concerne essentiellement les sujets âgés. Le grand nombre de malades chaque année, les complications parfois mortelles de la maladie et les possibles changements génétiques majeurs du virus grippal, font de la grippe un problème majeur de santé publique.

Symptômes et formes cliniques

Le plus souvent, les symptômes de la grippe apparaissent soudainement. Fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête… sont les premiers signes de la maladie. Ces symptômes disparaissent en une à deux semaines. Il s’agit alors d’une grippe "simple". De nombreux virus autres que ceux de la grippe occasionnent un tableau clinique similaire.
Les complications de la grippe sont dues aux virus eux-mêmes, aux surinfections bactériennes (pneumonie) qu’ils peuvent engendrer ou à la décompensation de pathologies chroniques sous-jacentes. En période d’épidémie, les grippes compliquées touchent principalement les personnes âgées et les personnes fragilisées (maladie chronique, cardiaque, pulmonaire, métabolique, immunologique…).

Traitement curatif

Le traitement est avant tout dirigé contre les symptômes : médicaments contre la fièvre, les douleurs…
Il existe également un traitement spécifique qui fait appel aux antiviraux mais dont l’utilisation reste limitée. Pris précocement, il diminue alors la durée et l’intensité des symptômes. Il est recommandé pour réduire le risque de complications chez la personne fragilisée. Le traitement par antiviraux ne remplace pas la vaccination contre la grippe. Des recommandations d’utilisation d’antiviraux sont régulièrement mis à jour et disponibles sur le site du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP).

Mesures de contrôle

Mesures d’hygiène

Certaines mesures d’hygiène simples peuvent contribuer à limiter la transmission de personne à personne :

  • Concernant le malade, dès le début des symptômes, il lui est recommandé de :
    - limiter les contacts avec d’autres personnes et en particulier les personnes à risque ;
    - se couvrir la bouche à chaque fois qu’il tousse ;
    - se couvrir le nez à chaque fois qu’il éternue ;
    - se moucher dans des mouchoirs en papier à usage unique jetés dans une poubelle recouverte d’un couvercle ;
    - ne cracher que dans un mouchoir en papier à usage unique jeté dans une poubelle recouverte d’un couvercle.
     Tous ces gestes doivent être suivis d’un lavage des mains à l’eau et au savon et à défaut, avec des solutions hydro-alcooliques.
  • Concernant l’entourage du malade, il est recommandé de :
    - éviter les contacts rapprochés avec les personnes malades, en particulier quand on est une  personne à risque ;
    - se laver les mains à l’eau et au savon après contact avec le malade ou le matériel utilisé par le malade ;
    - nettoyer les objets couramment utilisés par le malade.
  • Dans une collectivité de personnes à risque lors d’une épidémie de grippe, les mesures d’hygiène et de prise en charge sont détaillées dans le rapport du HCSP “Conduite à tenir devant une ou plusieurs infections respiratoires aiguës dans les collectivités de personnes âgées” (rapport Juillet 2012, disponible sur le site du HCSP.

La vaccination antigrippale

La vaccination constitue le meilleur moyen de protection contre la grippe. Elle doit être faite au moins deux semaines avant le début de la saison grippale (à l’approche de l’hiver). La vaccination doit être renouvelée tous les ans. En effet, en raison des modifications génétiques constantes des virus grippaux, le vaccin contre la grippe peut différer dans sa composition d’une année à l’autre. Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) émet une recommandation sur les souches virales qui doivent être incluses dans le vaccin. Ce dernier est élaboré avec les souches qui ont circulé majoritairement durant l’hiver précédent et qui sont le plus susceptibles d’être présentes lors de l’hiver suivant. Pour en savoir plus, consulter le site de l'OMS.

Recommandations (voir calendrier vaccinal)

La vaccination est possible pour tous les individus à partir de l’âge de six mois ; elle est recommandée pour les personnes à risque de complications :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les personnes (adultes et enfants) atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes obèses avec un indice de masse corporelle ≥40 Kg/m2 ;
  • les personnes séjournant dans un établissement de santé de soins de suite ou dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge (limitation de la diffusion du virus dans une collectivité).

La vaccination antigrippale est également recommandée aux personnes en contact avec les personnes à risque de complication et susceptibles de disséminer le virus :

  • les professionnels de santé ou tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque ;
  • l’entourage (personnes résidants sous le même toit, la nourrice et tous les contacts réguliers du nourrisson) familial des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave.
  • le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et le personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs.

Le vaccin antigrippal présente également un bénéfice pour toutes les personnes désirant éviter la gêne personnelle ou professionnelle occasionnée par la grippe.

Composition

La composition du vaccin grippal 2015/2016 retenue pour l’hémisphère Nord est différente de celle de la saison 2014/2015 et comporte pour le vaccin trivalent :

  • une souche A(H1N1)pdm09  analogue à A/California/7/2009 (H1N1) ;
  • une souche A(H3N2) analogue à  A/Switzerland/9715293/2013 (H3N2) ;
  • une souche B de type Yamagata analogue à B/Phuket/3073/2013.

A cette même composition, se rajoute une souche B de type Victoria analogue à B/Brisbane/60/2008 pour le vaccin quadrivalent (non encore commercialisé en France).

Les vaccins utilisés en France sont des vaccins inactivés, sans adjuvant.

Couverture vaccinale des populations à risque de complication

Selon la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAM-TS), la couverture vaccinale pour les sujets à risque de complication (hors femmes enceintes et obèses) étaient de 47 % en 2014,  largement inférieure à l’objectif de 75 % requis dans ce groupe (couverture vaccinale). La couverture vaccinale des personnes à risque est en baisse depuis 2009 où elle était de 60%.Conformément au décret publié le 2 septembre 2008, les infirmiers ont désormais la possibilité de vacciner contre la grippe un patient sans obtention préalable d’une prescription médicale sous réserve qu’une première injection ait déjà été prescrite pour ce patient. Les patients concernés sont ceux couverts par les recommandations vaccinales.

Traitements antiviraux en prophylaxie

Des traitements antiviraux peuvent également être prescrits en prophylaxie pour éviter que des sujets en contact avec des cas de grippe ne développent la maladie.

Les recommandations spécifiques sont proposées par le Haut Conseil de santé Publique (Avis sur les antiviraux).

Dossier Grippe : généralités

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