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Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

Publié le 19/09/2011

Actualités 

10 ans après la catastrophe d'AZF

Dix ans après l’explosion de l’usine "AZF" un bilan des conséquences  peut être  dressé. Cette catastrophe est l’un des accidents industriels les plus importants de ces dernières années en France. L’explosion a causé des dégâts humains et matériels immenses, dont les conséquences sociales, sanitaires et professionnelles ont été importantes pour une très large population.

D’ores et déjà, neuf à 18 mois après la catastrophe, il est apparu une fréquence élevée de troubles auditifs et un fort impact sur la santé mentale, touchant aussi bien la population générale (adultes et enfants) que les travailleurs. On observait notamment des proportions élevées de symptômes de stress post-traumatique (symptômes de type anxieux comme des cauchemars ou une hyper irritabilité) et de symptômes dépressifs. D’après les bases de données de l’Assurance Maladie, près de 5000 personnes ont débuté un traitement psychotrope dans les jours ayant suivi l’explosion alors qu’elles n’en prenaient pas auparavant.
Quatre ans après la catastrophe, l’impact sur la santé mentale apparaît durable chez les 3 000 travailleurs volontaires de la "cohorte santé AZF" qui ont été suivis pendant cinq ans par autoquestionnaires annuels et bilans de santé au centre d’examens de santé de la CPAM de la Haute-Garonne. Environ 14 % des participants à la cohorte consommaient des anxiolytiques et 10 % des médicaments antidépresseurs. Cette consommation de médicaments antidépresseurs était d’autant plus fréquente que les personnes avaient été proches du lieu de l’explosion : les hommes qui se trouvaient à moins de 1,7 kilomètre du site lors de l’explosion étant trois fois plus nombreux à en consommer que ceux qui étaient à plus de 5 kilomètres. Ces résultats sont confortés par l’analyse des auto-questionnaires annuels qui montrent que ces volontaires sont nombreux à déclarer encore un mal être plusieurs années après l’explosion.  Trois ans après la catastrophe, 15 % des hommes et 22 % des femmes présentaient encore des symptômes de stress post traumatique. Cinq ans après la catastrophe, ces proportions étaient encore de 13 % et 18 %. Les symptômes dépressifs qui concernaient 34 % des hommes et 50 % des femmes en 2005 étaient respectivement de 42 % et 60 % en 2007.

Dans le domaine des troubles auditifs, les résultats montrent l’importance, cinq ans après l’explosion, des acouphènes (31 % chez les hommes et 24 % chez les femmes) et de l’hyperacousie (26 % et 35 %).

Si les conséquences à plus long terme restent à évaluer, l’ensemble de ces résultats recueillis grâce à la participation active des volontaires et à un partenariat multiple  (Centre d’examens de santé, équipe risques post-professionnels cohortes mixte Cetaf-Inserm) témoignent de la persistance des troubles après l’explosion, tant au niveau psychologique qu’auditif. Les résultats définitifs de l’évaluation des conséquences à moyen terme de l’explosion dans le domaine de la santé mentale et des troubles auditifs seront disponibles en 2012.

Dossier Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

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