[ imprimer la page ]
CANCER DU COL UTÉRIN

cervix uteri


ANALYSE COMMENTEE

Les données internationales montrent que la France se situe dans les régions à faible incidence de cancer du col utérin. La fréquence de ce cancer est élevée dans les pays d’Amérique Latine et d’Afrique du Sud. En Europe les incidences les plus élevées sont observées dans les pays de l’Est alors que ce cancer est rare dans les pays du Nord.

Ces variations d’incidence sont liées principalement aux différences d’accès au dépistage par frottis cervicaux. En Finlande où un dépistage est organisé depuis plusieurs décennies, les taux d’incidence sont très bas (proches de 4 pour 100 000 femmes). En France le dépistage n’est organisé que dans 3 départements et depuis seulement une décennie, mais la pratique individuelle du dépistage s’est développée à partir des années 1960, permettant aux cohortes nées après 1938 de présenter une incidence basse.

Le principal facteur de risque de développement de lésions cervicales est l’infection à papillomavirus humain transmise par voie sexuelle. L’amélioration des conditions d’hygiène a donc pu jouer un rôle dans la baisse de l’incidence pour les cohortes les plus anciennes, avant la diffusion des pratiques de dépistage. L’augmentation d’incidence pour les cohortes les plus jeunes trouvée au Royaume Uni, n’est pas mise en évidence en France. Il est possible que les modifications des comportements sexuels se soient accompagnées ici d’un meilleur suivi gynécologique.

Au delà de la présente surveillance de l'incidence du cancer invasif, il pourrait être utile de suivre l’évolution de la fréquence des néoplasies intra-cervicales de haut grade (CIN III) qui sont actuellement plus fréquentes que ceux-ci. Le pronostic des cancers invasifs du col utérin n’est pas très favorable, les données européennes indiquant que la survie relative à 5 ans était peu supérieure à 60% pour la période de diagnostic 1987-1989 et qu'elle ne s'était pas améliorée par rapport à la période 1978-1980. Cette stabilité de la mortalité pourrait être expliquée par le dépistage qui tend à supprimer du dénominateur les lésions de meilleur pronostic en les diagnostiquant au stade CIN.