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N° 1 . 25 mai 2011

Dépistage des hépatites B et C en France : état des lieux et perspectives

Coordination scientifique : Cécile Brouard et Christine Larsen, Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

Pratiques de dépistage des hépatites virales par les médecins généralistes, France, 2009

Viral hepatitis screening offered by general practitioners, France, 2009
Date de soumission : 10/03/2011 Date of submission: 03/10/2011
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RÉSUMÉ

Introduction : En France, environ 500 000 adultes seraient infectés de façon chronique par une hépatite virale B ou C et près de la moitié d’entre eux ignoreraient leur statut sérologique. Renforcer le dépistage des hépatites virales constitue ainsi une des priorités du plan national de lutte contre les hépatites B et C 2009-2012. Le rôle des médecins généralistes (MG) dans ce dépistage étant essentiel, il est nécessaire de pouvoir suivre l’évolution de leurs pratiques en la matière pour adapter les informations à leur apporter.

Méthode : L’enquête a été réalisée entre les mois de novembre 2008 et janvier 2009 auprès d’un échantillon constitué par sondage aléatoire : 2083 médecins généralistes exerçant une activité libérale ont été interrogés par téléphone ou par internet.

Résultats : Les habitudes de prescription par les MG du dépistage du VHC varient en fonction des groupes de personnes à risque : fréquemment proposé aux utilisateurs de drogues par voie intraveineuse (Udiv) et aux personnes transfusées avant 1992, le dépistage du VHC est moins souvent proposé aux personnes ayant subi un acte chirurgical invasif, aux personnes tatouées ou ayant un piercing, même si chez ces dernières une augmentation significative de la proposition de dépistage est observée depuis 10 ans.
Les pratiques de prescription du dépistage du VHB sont proches de celles du VHC. Les médecins généralistes prescrivent un dépistage en priorité aux usagers de drogue. Certains groupes à risque, moins connus ou plus délicats à aborder, sont moins souvent dépistés, telles les personnes originaires de pays à forte endémie ou celles en situation de précarité.

Discussion : La proposition de dépistage des hépatites virales par les MG n’est pas systématique pour l’ensemble des patients pour lesquels existent des recommandations, notamment, pour le VHB, les personnes originaires des pays à prévalence élevée et, pour le VHC, les personnes tatouées ou ayant un piercing. Ces résultats devraient permettre d’apporter les arguments nécessaires aux MG pour renforcer le dépistage auprès de leurs patients à risque.

ABSTRACT

Introduction: In France, around 500,000 adults are thought to have chronic hepatitis B or C infection, and almost half of them are thought to be unaware of their serological status. Improving screening for viral hepatitis is therefore one of the primary aims of the French national hepatitis B and C plan for 2009-2012. As general practitioners (GPs) play an essential role in screening, it is necessary to monitor how their practices are changing in this area, in order to provide them appropriate information.

Methods: The survey was carried out between November 2008 and January 2009 and involved a randomly-chosen sample: 2,083 general practitioners in individual practices were questioned by telephone or Internet.

Results: GPs' prescription habits for HCV screening vary for different groups of at-risk patients: often offered to intravenous drug users and to those who received transfusions before 1992, HCV screening is offered less often to those who have undergone invasive surgery, those who have tattoos or piercings, although the latter groups have experienced a significant increase in screening levels over the past ten years. HBV screening practices are similar to those used for HCV. General practitioners request high-priority screening for drug users. Some at-risk groups less well-known or more difficult to approach receive screening less often, such as those coming from countries in which the disease is highly endemic, or those in vulnerable situations.

Discussion: GPs do not systematically offer screening to all patients as described in existing guidelines, particularly individuals from countries with high levels of prevalence (HBV screening) and those who have tattoos or piercings (HCV screening). These results are aimed to provide GPs with effective arguments in order to strengthen screening for their at-risk patients.

Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France