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Missions des Cire

Publié le 27/01/2011 - Dernière mise à jour le 21/04/2011

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Les Cellules interrégionales d'épidémiologie

L’InVS dispose également d'un réseau régional, les Cellules interrégionales d'épidémiologie (Cire), qui relaient son action et exercent une partie de ses missions au niveau régional. Elles sont placées sous la responsabilité scientifique de la directrice générale de l’InVS et sont localisées au sein des Agences régionales de santé (ARS), au plus près de l’autorité sanitaire. Les Cire fournissent aux ARS un appui méthodologique et une expertise indépendante des signaux d’alerte sanitaire. Elles animent la veille en région.

Le dispositif compte 17 Cire, 15 métropolitaines et deux ultramarines. Neuf Cire sont interrégionales, huit sont monorégionales. Aujourd’hui, environ 130 personnes travaillent dans les Cire dont 90 épidémiologistes en CDI sur des missions générales de veille et d’alerte. Ces postes sont pour moitié de statut Etat et pour l’autre de statut InVS.

Deux fonctions essentielles :

  • une fonction d’épidémiologie d’intervention et d’évaluation quantifiée des risques sanitaires, orientée principalement vers l’aide à la décision et le déclenchement de l’alerte (analyse du signal, évaluation de la situation, proposition d’options de gestion, suivi permettant l’adaptation de la réponse) ;
  • une fonction d’animation, de structuration et de coordination du réseau régional de veille sanitaire, dans le prolongement de l’action de l’InVS et dans le cadre des plans régionaux relatifs à l’alerte et à la gestion des situations d’urgence sanitaire (loi n° 2004-806 du 9 août 2004).

Elles interviennent dans la plupart des situations d’urgence sanitaire et occupent une place centrale en région. L’implantation d’équipes de l’InVS en région a permis :

La professionnalisation de l’analyse des signaux et des situations :

  • les Cire constituent des pôles de compétence en matière d’épidémiologie, qui ont eu pour effet de professionnaliser localement la prise en charge et le traitement des signaux ;
  • la Cire organise des formations pour les partenaires du réseau régional de veille sanitaire, promeut une culture de signalement et développe des outils ;
  • dans le cadre des Plans régionaux relatifs à l’alerte et à la gestion des situations d’urgence sanitaire, les Cire relayent les préconisations de l’InVS en matière d’organisation et contribuent à clarifier les rôles et les responsabilités respectives des acteurs de la veille.

Une plus grande réactivité dans les situations d’urgence sanitaire :

  • le travail quotidien avec les acteurs locaux, et en premier lieu les Agences régionales de santé (ARS) permet d’établir des relations de confiance et de définir des procédures de travail essentiels en matière d’investigation ;
  • la Cire développe une expertise propre sur des risques locaux particuliers non pris en compte au niveau national (exemple de la surveillance de la dengue aux Antilles) ;
  • la Cire a la capacité de coordonner des moyens importants d’investigation, avec l’appui de l‘InVS (exemple de l’épidémie de chikungunya à La Réunion).

La mise en place, l’animation, la consolidation des réseaux de surveillance :

  • la Cire met en œuvre les actions de surveillance sanitaire organisées par l’InVS. Elle démarche localement les partenaires, tisse des partenariats et anime les acteurs ;
  • la Cire analyse les données des systèmes nationaux au niveau régional et/ou départemental et les valorise pour le compte des décideurs locaux.

L'activité des Cire est centrée principalement sur :

L’investigation et l’évaluation quantifiée des risques sanitaires

L’investigation des signaux d’alerte et l’évaluation de la menace représentent environ 50 % de l’activité globale de chaque Cire. Chaque année, les Cire sont impliquées dans le traitement d’environ 800 signaux d’alerte. La réponse varie d’un simple avis rendu par téléphone à l’investigation complète de la situation sur le terrain (investissement de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines). Environ un quart des signaux nécessitent un travail approfondi d’analyse, en lien avec les ARS, les Directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCFTP), les Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), l’InVS et d’autres partenaires. Les signaux sont principalement d’origine infectieuse (épidémie de méningite, de légionellose…) ou environnementale (sites pollués, friches industrielles, anciennes usines, affleurements miniers, pollutions accidentelles…).

La structuration de la veille régionale

Les Cire structurent la veille régionale, de façon permanente et dans toutes les régions, pour le compte de l’InVS. Tout au long de l’année et dans le cadre des plans régionaux relatifs à l’alerte, elles animent les travaux portant principalement sur le renforcement des articulations et des procédures entre acteurs du premier cercle de la veille sanitaire (ARS/Cire), sur l’amélioration des capacités de détection des menaces et sur l’amélioration des systèmes de surveillance1. Elles forment les partenaires de la veille.

L’analyse et la valorisation au niveau régional des données des systèmes nationaux

Les Cire ont vocation à analyser l’ensemble des données des différents systèmes, à une échelle infranationale, pour le compte des décideurs locaux.

Les Cire animent et exploitent en particulier le système "SurSaUD" (surveillance sanitaire des urgences et des décès), système national mis en place et piloté par le Département de la coordination des alertes et des régions de l’InVS. Le système repose sur les services d’urgence hospitaliers, les médecins libéraux des associations SOS Médecins, les états civils informatisés et la certification électronique des décès. Les Cire sont principalement chargées des analyses régionales (détection de phénomènes anormaux, mesure de l’impact d’événements identifiés…) et des retours d’information aux producteurs des données. Les Cire produisent des bulletins régionaux de veille utiles pour la décision.

La surveillance des risques propres à la région, la mesure d’impact sanitaire et la préparation aux catastrophes naturelles ou technologiques

Les Cire interviennent dans la surveillance de problématiques locales, dans le domaine de maladies infectieuses (exemple de la surveillance du virus West-Nile dans le sud de la France…) ou dans le domaine de l’environnement (radioactivité naturelle dans les régions granitiques, épandage aérien des phytosanitaires dans les vignobles, intoxications au monoxyde de carbone dans le Nord et l’Est de la France…). Elles interviennent également dans la surveillance des risques liés au climat (hautes et basses températures) ou à la pollution atmosphérique. Par ailleurs, la plupart des Cire ont commencé à poser les éléments d’une surveillance permettant de se préparer aux situations de catastrophes, afin de pouvoir détecter au cours de la phase post-critique des phénomènes épidémiques, de nature infectieuse, environnementale ou sociogénique .

1 La loi du 9 août 2004 a précisé que le Plan régional de santé publique (PRSP) comportait obligatoirement un volet relatif à l’alerte et à la gestion des situations d’urgence sanitaire ("PRSP-alerte" ou "Pragsus"). Pour encadrer ces plans, l’InVS a élaboré en 2005 un document de référence intitulé "l’alerte sanitaire en France, principes et organisation". Les Cire ont été chargées d’animer la réflexion régionale, dans l’ensemble des régions, en faisant valoir les préconisations de l’InVS.
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