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Publié le 15/03/2016

Travail et santé

Investigation d’une suspicion d’excès d’issues défavorables de grossesse dans un laboratoire des Côtes-d’Armor

Auteur(s) : Fiévet A, Rouget F, Gagnière B
Editeur(s) : Institut de veille sanitaire
ISSN : 1956-5488
ISBN NET : 979-10-289-0159-2
Citation suggérée : Fiévet A, Rouget F, Gagnière B. Investigation d’une suspicion d’excès d’issues défavorables de grossesse dans un laboratoire des Côtes-d’Armor. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2016. 21 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

En mai 2011, la Cellule de l'Institut de veille sanitaire (InVS) en région Bretagne (Cire Ouest) a été saisie pour une suspicion d’excès d’issues défavorables de grossesse au sein du service de chromatographie d'un laboratoire de développement et d’analyse (LDA) des Côtes d’Armor.
Une étude a été entreprise pour valider l'excès signalé et identifier d’éventuelles expositions causales.
La survenue de malformations congénitales (MC) et de fausses couches (FC) a été étudiée aux postes de travail regroupés en 4 classes (administration, biologie, chimie et postes mixtes). Les nombres d'événements indésirables ont été comparés aux nombres attendus selon la fréquence nationale. Une approche cas-témoins a ajusté les risques sur l'âge des mères et la durée d'exercice au LDA.
Parmi les 242 employés du LDA, 101 ont participé à l'enquête totalisant 120 grossesses vivantes (dont 13 MC) et 29 FC.
Un excès de MC a été mis en évidence sur l'ensemble du LDA (rapport d'incidence (RI)=3,09, p<0,01), en chromatographie (RI=8,08, p<0,01), et sur l'ensemble du LDA hors chromatographie (RI=2,28, p=0,04).
Après ajustement, les risques étaient 7,65 (1,17 - 49,87) fois plus élevés en chromatographie et 11,42 (1,0 - 129,76) en zone mixte comparés à la biologie.
S'il n'y avait pas d'excès de FC, le risque était cependant 11,23 (3,37 - 37,51) fois plus élevé en zone mixte par rapport à la biologie en tenant compte de l'âge des mères et de la durée de présence au LDA.
Les résultats sont limités par l'impossibilité de décrire plus précisément les expositions.
Certains solvants utilisés aux LDA sont considérés comme reprotoxiques. Bien que nous ne puissions nous prononcer sur un rôle causal des expositions au LDA, nos résultats sont compatibles avec plusieurs études dans lesquelles l’exposition aux solvants était mieux documentée.

Rapport  [pdf - 953,45 Ko]

Mots-clés :

issues défavorables de grossesse, malformations congénitales, fausses couches, employés, expositions professionnelles, épidémiologie

SUMMARY

Investigation of a possible excess of adverse pregnancy outcome among the Côtes d'Armor district-laboratory workers

In may 2011, the Cellule de l'Institut de veille sanitaire (InVS) en région Bretagne (Cire Ouest) was sollicited concerning a possible excess of adverse pregnancy outcomes among people working in the chromatography service of a laboratory (LDA) of the Côtes d'Armor district. An investigation was implemented to confirm a potential excess of adverse pregnancy outcomes, and to identify potential causal exposures.
Congenital anomalies and miscarriages were studied in relation with workstations considered in four categories (administration, biology, chemistry and mixed zone). Observed numbers were compared to expected ones and incidence ratios (IR) were estimated.
A case control approach was used to take maternal age and time worked in the laboratory into account.
Among the 242 LDA-workers, 101 (42%) participated in the study corresponding to 120 live birth (13 congenital anomalies) and 29 miscarriages.
An excess of congenital anomalies was observed in the LDA (IR)=3.09, p<0.01, in chromatography IR=8.08, p<0.01 and in the LDA excepting the chromatography IR=2.28, p=0.04.
Compared to the workstation biology, risk was 7.65 (1.17 - 49.87) times higher in chromatography and 11.42 (1.0 - 129.76) times higher in mixed zone.
There was no miscarriage excess but the risk was 11.23 (3.37 - 37.51) higher in mixed zone than in biology.
The results are limited as the real exposures could not be estimated.
Several solvents used in the LDA are considered as "reprotoxic" in the international literature. Our results are consistent with several studies already published in which exposures were better estimated either before or during pregnancies. However, our study was unable to confirm the causal role of the laboratory-exposures.

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