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Publications et outils

Publié le 10/09/2012

Environnement et santé

Impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans neuf villes françaises

Résultats du projet Aphekom

Auteur(s) : Declercq C, Pascal M, Chanel O, Corso M, Ung A et al.
Editeur(s) : Institut de veille sanitaire
ISSN : 1958-9719
ISBN NET : 978-2-11-129760-9
Citation suggérée : Declercq C, Pascal M, Chanel O, Corso M, Ung A et al. Impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans neuf villes françaises. Résultats du projet Aphekom. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire ; 2012. 33 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

La causalité des relations, tant à court qu’à long terme, entre exposition à la pollution atmosphérique urbaine et santé est désormais largement acceptée. L’existence d’études épidémiologiques quantifiant les relations entre le niveau d’un indicateur d’exposition à la pollution de l’air et le risque de survenue d’un événement de santé rend possible l'évaluation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique à l’échelle d’une agglomération. Cette démarche a été appliquée pour la période 2004-2006 à neuf villes de France métropolitaine dans le cadre du projet européen Aphekom. Les indicateurs d’exposition à la pollution atmosphérique ont été construits à partir des niveaux de polluants mesurés par les stations de fond des réseaux de surveillance de la qualité de l’air. Les indicateurs de santé ont été construits à partir des données du PMSI (hospitalisations) et du CépiDc (décès). Les relations exposition-risque pertinentes ont été sélectionnées sur la base d’une revue de la littérature. Les méthodes classiques de calcul de l’impact sanitaire ont été utilisées pour évaluer, sous différents scénarios de réduction des niveaux de polluants, le nombre de cas évitables (impacts à court et long terme) et le gain d’espérance de vie (impacts à long terme). Une valorisation monétaire de ces bénéfices sanitaires potentiels a été réalisée en utilisant une approche basée sur le consentement à payer pour la mortalité et une approche coût de la maladie pour les hospitalisations. Pour les neuf agglomérations totalisant 12 millions d’habitants, le respect des valeurs guide de l’OMS pour les niveaux d’ozone aurait conduit à différer 69 décès/an et à éviter 62 hospitalisations respiratoires. Pour les niveaux de particules (PM10), ce sont 360 hospitalisations par an pour causes cardiaques et 673 pour causes respiratoires qui auraient pu être évitées. Pour les particules fines, à long terme, le respect des valeurs guides de l’OMS aurait entraîné un gain moyen d’espérance de vie à 30 ans de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, représentant au total plus 2 900 décès/an différés en moyenne. Ces impacts à long terme sont ceux dont la valorisation économique est la plus élevée, avec un montant annuel estimé de 4,9 milliards €/an. Ces résultats mettent en évidence la persistance d’un impact substantiel de la pollution de l’air sur la santé dans les villes françaises. Ils sont ainsi susceptibles d’encourager la mise en œuvre de politiques publiques d’amélioration de la qualité de l’air au niveau local.

Rapport  [pdf - 467,94 Ko]
Synthèse  [pdf - 347,84 Ko]

Mots-clés :

pollution atmosphérique, impact sanitaire, long terme, court terme, mortalité, hospitalisation, maladie respiratoire, maladie cardiovasculaire, milieu urbain, Europe

SUMMARY

Health impact of air pollution in nine French cities

Results from the Aphekom project

The short- and long-term effects of exposure to urban air pollution on health are now well established. These health impacts can be quantified in a metropolitan area by applying concentration-response functions drawn from epidemiological studies to local air quality and health data. This method was applied for the 2004-2006 period to the nine French cities in the Aphekom European project. Data from background air quality monitors were used to estimate population exposure to air pollution. Health indicators were constructed using data from the PMSI (hospitalizations) and CépiDc (mortality) databases. The concentration-response functions were selected from a literature review. Conventional health impact assessment methods were used to quantify the number of avoidable hospitalizations and postponed deaths, as well as the gain in life expectancy, for various scenarios of decrease of particulate matter and ozone levels. The monetary value of these health benefits was assessed using a willingness-to-pay approach for mortality, and a cost-of-illness approach for morbidity. In the nine cities totaling 12 million people, complying with WHO air quality guidelines for ozone (100 μg/m3) would have postponed 69 deaths per year and prevented 66 respiratory hospitalizations per year. Complying with the PM10 guideline (20 μg/m3 for particulate matter with an aerodynamic diameter less than 10 μm) would have prevented 360 hospitalizations for cardiac diseases and 673 hospitalizations for respiratory causes per year. Complying with the PM2.5 guideline (10 μg/m3 for particulate matter with an aerodynamic diameter less than 2.5 μm) would have produced an average gain in life expectancy at age 30 of 3.6 to 7.5 months depending on the city; this gain is equivalent to a yearly burden of over 2,900 postponed deaths per year in the nine cities. The monetary value of these potential health benefits is largely dominated by the long-term effects of PM2.5 on mortality with a total estimated value of € 4.9 billion per year. These findings highlight the continuing, significant impact of air pollution on health in French cities and should encourage the adoption and implementation of public policies aimed at improving air quality.

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