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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 18/06/2013

BEH n°24-25/2013

18/06/2013

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Le numéro (pdf- 1,61 Mo)

 
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    Valérie Schwoebel (vschwoebel@theunion.org) et al.
    Cire Midi-Pyrénées, Institut de veille sanitaire, Toulouse, France

    Résumé

    L’impact sanitaire d’une pollution des sols d’origine industrielle au plomb, au cadmium et à l’arsenic a été évalué dans une commune d’Aveyron (L1) par plusieurs méthodes complémentaires : recherche de données de morbidité et de mortalité, évaluation des risques sanitaires, dépistage du saturnisme, mesure de cadmiurie avec dépistage de l’atteinte rénale et étude d’exposition au cadmium et à l’arsenic. Une population de référence non exposée a été choisie dans une autre commune (L2).
    L’évaluation de risque prédisait un excès de risque de saturnisme, d’atteinte rénale et de cancer cutané. Aucun cas de saturnisme n’a été identifié ; 23% des adultes de L1 étaient sur-imprégnés au cadmium, dont 14% avec des marqueurs d’atteinte rénale. Les adultes non exposés professionnellement avaient une cadmiurie supérieure à ceux de L2. La durée de résidence et l’autoconsommation de produits locaux étaient significativement associées à une cadmiurie élevée. Les niveaux d’arsenicurie étaient légèrement supérieurs pour L1, mais inférieurs à ceux de la population française.
    Une sur-imprégnation au cadmium pouvant être à l’origine d’atteintes rénales a été démontrée. Cette sur-imprégnation est probablement en partie due au sol pollué via l’ingestion de produits locaux et l’exposition aux poussières. Des recommandations ont été faites pour réduire les expositions et limiter leurs conséquences sanitaires.

    Mots-clés : Pollution des sols, exposition environnementale, cadmium, arsenic, biomarqueurs
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    Natacha Fouquet (natacha.fouquet@univ-angers.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
    Lunam, Université d’Angers, Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail, Angers, France

    Résumé

    Introduction – Les études de prévalence des dorsalgies sont rares en population générale comme chez les travailleurs. Grâce au programme de surveillance épidémiologique des troubles musculo-squelettiques (TMS) mis en oeuvre dans les Pays de la Loire, les prévalences des dorsalgies ont pu être estimées en population salariée.
    Méthode – Un échantillon représentatif de 3 710 salariés âgés de 20 à 59 ans a été constitué par des médecins du travail, par tirage au sort, entre 2002 et 2005. Les données médicales et professionnelles ont été recueillies par auto-questionnaire.
    Résultats – La prévalence des dorsalgies était plus élevée chez les femmes (17,4%) que chez les hommes (9,2%), sans différence selon l’âge. Chez les hommes, les employés déclaraient plus souvent des dorsalgies (16,6%) que les travailleurs des autres catégories socioprofessionnelles (cadres : 7,1%, professions intermédiaires : 6,5%, ouvriers : 9,7%). Chez les femmes, les cadres avaient tendance à rapporter plus souvent des dorsalgies. Il n’y avait pas de différence significative de la prévalence des dorsalgies selon le secteur d’activité, chez les hommes comme chez les femmes.
    Conclusion – La prévalence des dorsalgies, moins élevée que celle des lombalgies, est néanmoins importante dans certaines catégories professionnelles.

    Mots-clés : Dorsalgie, troubles musculo-squelettiques, activité professionnelle, prévalence
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    Thomas Bénet et al.
    Auteur correspondant : Philippe Vanhems (philippe.vanhems@chu-lyon.fr)
    Hospices civils de Lyon, Hôpital Édouard Herriot, Service d’Hygiène, épidémiologie et prévention, Lyon, France
    Université de Lyon ; Université Lyon 1 ; CNRS UMR 5558, Laboratoire de Biométrie et biologie évolutive ; Équipe Épidémiologie et santé publique, Lyon, France

    Résumé

    Introduction – Les évènements indésirables (EI) liés aux soins sont sous-déclarés et les freins à leur déclaration demeurent mal connus. L’objectif de l’étude était d’identifier les freins à la déclaration des EI liés aux soins.
    Matériel-méthodes – Une étude descriptive transversale a été réalisée par auto-questionnaire standardisé, entre janvier et juin 2010, auprès de l’ensemble du personnel soignant médical et paramédical du groupement hospitalier Édouard Herriot (CHU de Lyon). Les items comportaient des mises en situation de signalement et recherchaient les raisons de nondéclaration.
    Résultats – Au total, 415 soignants appartenant à 24 services de soins ont été inclus, dont 62% (n=255) déclaraient connaître la définition d’un EI. Les principales raisons de non-déclaration des EI invoquées étaient le manque de connaissance du système de déclaration (n=342 ; 82%), une absence de perception de l’intérêt de la déclaration (n=243 ; 58%), une charge de travail trop lourde (n=161 ; 39%) et la crainte des sanctions (n=103 ; 25%).
    Discussion-conclusion – Les soignants connaissaient globalement bien les concepts d’EI et de signalement. La méconnaissance du système et le manque de retour d’information étaient les principaux freins à la déclaration des EI. Le renforcement des systèmes de signalement des EI doit se faire par la formation continue et l’information aux soignants.

    Mots-clés : Evènement indésirable, frein, déclaration, qualité des soins
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    Christine Castor (christine.castor@ars.sante.fr) et al.
    Cire Aquitaine, Institut de veille sanitaire, Bordeaux, France

    Résumé

    Introduction – Ces dernières années, plusieurs signaux sanitaires ont suggéré une recrudescence de la gale en Aquitaine. En 2011, une étude descriptive rétrospective a été réalisée à partir de deux sources de données afin d’évaluer cette augmentation.
    Méthodes – L’évolution de la gale en Aquitaine entre 2007 et 2011 a été évaluée à partir de l’activité des associations SOS Médecins (Bordeaux, Côte Basque, Pau) et des ventes de scabicides de deux grossistes-répartiteurs de la région.
    Résultats – Entre 2007 et 2011, la proportion de diagnostics de gale établis par SOS Médecins a été multipliée par 3,5, passant de 4,4 pour 10 000 visites à 15,6 (p<10-5). La tranche d’âge des « moins de 20 ans » représentait 45,0% des cas. Sur cette période, les ventes de scabicides ont aussi régulièrement augmenté en étant multipliées par 3,2. Toutes les spécialités de scabicides ont enregistré une augmentation plus ou moins importante (p<0,01) : les ventes de Stromectol® ont été multipliées par 4,8, celles d’A-PAR® par 3,0, celles d’Ascabiol® par 2,0 et celles de Sprégal® par 1,9. Une saisonnalité des diagnostics de gale établis par SOS Médecins ainsi que des ventes de scabicides a été mise en évidence avec des pics plutôt en automne. Les évolutions mensuelles de ces deux sources de données étaient corrélées (test de Pearson=0,73).
    Discussion – Ces résultats sont en faveur d’une recrudescence de la gale en Aquitaine ces cinq dernières années en population générale. Ils confirment ceux d’une étude nationale réalisée par l’Institut de veille sanitaire en 2010. Les données de SOS Médecins et des ventes de scabicides constituent des sources pertinentes pour suivre l’évolution de cette maladie. Les médecins généralistes doivent être informés et sensibilisés afin de favoriser le diagnostic précoce de la gale et mettre en place des prises en charge adaptées.

    

    Mots-clés : Gale, scabicides, surveillance syndromique, médecine générale
 
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    Valérie Schwoebel (vschwoebel@theunion.org) et al.
    Cire Midi-Pyrénées, Institut de veille sanitaire, Toulouse, France

    Abstract

    The evaluation of the health impact of a lead, cadmium and arsenic industrial pollution of the soil was conducted in a town in Aveyron district, France (L1) using several complementary methods: collection of morbidity and mortality data, health risk assessment, screening for lead poisoning, measure of urinary cadmium and screening for kidney damage, and study of exposure to cadmium and arsenic. A reference unexposed population was chosen in another town (L2).
    Results of risk assessment predicted excess risks for lead poisining, kidney damage and skin cancer.
    No case of lead poisoning was identified; 23% of adults in L1 had excess cadmium levels, among which 14% had markers of kidney damage.
    Professionnally unexposed adults had higher urinary cadmium levels than L2 ones. Length of residence and consumption of local products were significantly associated with higher urinary cadmium. Levels of urinary arsenic were
    slightly higher in L1, but were lower than those of the French population.
    Excess cadmium levels which could result in kidney damage were documented.
    These excess levels are probably partly due to the polluted soil via consumption of local products and exposure to dust. Recommendations were made to reduce exposures and to limit their health consequences.

    Key words : Soil pollution, environmental exposure, cadmium, arsenic, biomarkers
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    Natacha Fouquet (natacha.fouquet@univ-angers.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
    Lunam, Université d’Angers, Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail, Angers, France

    Abstract

    Introduction – Prevalence studies of thoracic spinal pain (TSP) are rare in the general population as among workers. An epidemiological surveillance program of musculoskeletal disorders (MSDs) was implemented in the Pays de la Loire region to assess the prevalence of TSP in the working population.
    Method – A random sample of 3,710 workers from 20 to 59 years was constituted between 2002 and 2005. Medical data and occupational exposure data were gathered by questionnaire.
    Results – The prevalence of TSP was higher among women (17.4%) than men (9.2%), without difference by age. In men, lower white-collar workers reported more often TSP (16.6%) than workers in other occupational categories (upper white-collars and professionals: 7.2%, technicians, associate professionals: 6.5%, blue-collar workers: 9.7%). In women, upper white-collars and professionals are more likely to report TSP. The study did not suggest a significant difference in the prevalence of TSP according to sectors, in men as well as in women.
    Conclusion – Even if TSP is less common than low back pain, this study shows that the prevalence of TSP is important in certain occupational categories.

    Key words : Thoracic spinal pain, musculoskeletal disorders, occupation, prevalence
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    Thomas Bénet et al.
    Auteur correspondant : Philippe Vanhems (philippe.vanhems@chu-lyon.fr)
    Hospices civils de Lyon, Hôpital Édouard Herriot, Service d’Hygiène, épidémiologie et prévention, Lyon, France
    Université de Lyon ; Université Lyon 1 ; CNRS UMR 5558, Laboratoire de Biométrie et biologie évolutive ; Équipe Épidémiologie et santé publique, Lyon, France

    Abstract

    Introduction – Adverse events (AEs) in healthcare are under-reported and the barriers for reporting AEs remain poorly understood. The objective of this study was to identify obstacles to AE notification in healthcare.
    Material-methods – A cross-sectional study was done using self-standardized questionnaires between January and June 2010 with the entire medical and paramedical staff of Édouard Herriot Hospital (Lyon University Hospitals, France). The items contained scenarios for reporting and searched for the reasons of the lack of reporting.
    Results – A total of 415 caregivers from 24 clinics were included, 62% (n=255) reported knowing the definition of an AE. The main reasons for not reporting AEs were the lack of knowledge of the reporting system (n=342; 82%), the lack of awareness of the interest of reporting (n=243; 58%), overworkload (n=161, 39%) and fear of sanctions (n=103; 25%).
    Discussion-conclusion – Healthcare workers knew well overall concepts of EI and reporting. Not knowing the system and lack of feedback were the main obstacles to AE reporting. Strengthening the AEs reporting systems should be done through training and information to healthcare workers.

    Key words : Adverse event, reporting, healthcare quality
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    Christine Castor (christine.castor@ars.sante.fr) et al.
    Cire Aquitaine, Institut de veille sanitaire, Bordeaux, France

    Abstract

    Introduction – During the last few years, reports from local public health agencies indicated an increasing incidence of scabies cases in the Aquitaine region (France). In 2011, a retrospective descriptive study based on two different data sources has been conducted to assess this increase.
    Methods – Trends of the occurrence of scabies between 2007 and 2011 in the Aquitaine region have been evaluated using data from an emergency general practitioner’s service (SOS Médecins) and antiscabies drugs sales data from two wholesale distributors of the region.
    Results – Between 2007 and 2011, the rate of scabies diagnoses registered by SOS Médecins in Aquitaine has been multiplied by 3.5, from 4.4 for 10 000 visits per year to 15.6 (p<10-5). The age-group of 0-20 years represented 45.0% of total cases. Over this 5 years period, sales of antiscabies drugs steadily increased and have been multiplied by 3.2. All antiscabies treatment sales showed an increase (p<0.01): ×4.8 increase for Stromectol® sales, ×3.0 for A-PAR®, ×2.0 for Ascabiol® and ×1.9 for Spregal®. We observed a seasonal pattern with the largest number of cases in fall. Monthly trends from both data sources were correlated (Pearson=0.73).
    Discussion – These results show an increasing incidence of scabies in Aquitaine during the last 5 years. They confirm previous results carried out by the French Institute for Public Health Surveillance in 2010. Scabies diagnoses and antiscabies treatment sales are two useful indicators to follow trends of scabies epidemics. Guidelines on scabies for general practitioners must be reinforced for earlier diagnosis and treatment care.

    Key words : Scabies, antiscabies drugs, syndromic surveillance, general practictioners
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