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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 07/05/2013

BEH n°16-17-18/2013

07/05/2013
Numéro thématique – L’alcool, toujours un facteur de risque majeur pour la santé en France

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Le numéro (pdf- 2,18 Mo)

 
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    Lars Møller
    Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l’Europe, Copenhague

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    Sylvie Guérin et al.
    Auteur correspondant : Catherine Hill (hill@igr.fr)
    Service de Biostatistique et d’épidémiologie, Institut Gustave Roussy, Villejuif, France

    La consommation d’alcool est élevée en France, il est donc important d’estimer la mortalité attribuable à l’alcool par sexe et âge en fonction de la dose.
    Méthode – Les données d’enquêtes et de ventes ont permis d’estimer la répartition de la consommation d’alcool dans la population par sexe et par âge. Pour chaque cause de décès dont le risque est modifié par la consommation d’alcool, une fonction de risque a été tirée d’une méta-analyse récente. En combinant les données de prévalence de consommation et les risques, les fractions de mortalité attribuables à l’alcool ont été calculées ; ces fractions multipliées par les nombres de décès correspondants donnent le nombre de décès attribuables à l’alcool.
    Résultats – En France, en 2009, 36 500 décès sont attribuables à l’alcool chez les hommes (13% de la mortalité totale) et 12 500 chez les femmes (5% de la mortalité totale). Ceci inclut 15 000 décès par cancer, 12 000 décès par maladie cardiovasculaire, 8 000 par maladie digestive, 8 000 par cause externe et 3 000 par maladies mentales et troubles du comportement. Les fractions attribuables à l’alcool sont de 22% dans la population des 15-34 ans, de 18% dans la population des 35-64 ans et de 7% dans celle des 65 ans et plus. L’alcool est nocif même à la dose relativement modérée de 13 grammes par jour, qui cause 1 100 décès annuels.
    Conclusion – Avec 49 000 décès attribuables à l’alcool sur un total de 535 000 décès en 2009, les dommages sur la santé sont considérables et l’effet nocif existe, même à faible dose. L’alcool est responsable d’une fraction importante de la mortalité prématurée. Ces résultats soulignent l’importance des politiques de santé publique visant à réduire la consommation d’alcool en France.

    Mots-clés : Consommation d’alcool, relation dose-effet, fraction attribuable à l’alcool, nombre de décès, France
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    Stanislas Spilka (stanislas.spilka@ofdt.fr) et al.
    Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), Saint-Denis, France
    Inserm, U669, Paris, France

    Introduction – Il n’est pas justifié à proprement parler d’évoquer une large diffusion de l’alcool durant l’adolescence, l’expérimentation y étant largement répandue avant même l’entrée au collège. En revanche, les premières consommations régulières comme les premières ivresses se développent fortement pendant les « années collège » pour s’intensifier ensuite tout au long du lycée. Deux enquêtes interrogent les élèves au moment où s’initient ces premières alcoolisations, qui peuvent parfois se révéler pour certains d’entre eux le signe d’une situation à risque. En s’appuyant sur des échantillons représentatifs de collégiens et de lycéens, ces résultats dressent un portrait d’ensemble des usages d’alcool de la 6e à la terminale.
    Méthodes – Deux enquêtes scolaires internationales menées régulièrement en France offrent l’occasion d’observer la diffusion des usages d’alcool au cours de l’adolescence : l’enquête Espad (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs), centrée sur les lycéens et dont le dernier exercice s’est déroulé en 2011 ; l’enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children), qui s’est déroulée en 2010 auprès des collégiens.
    Résultats – L’alcool est la substance psychoactive la plus précocement
    expérimentée à l’adolescence, souvent dans un cadre familial. Ainsi, l’expérimentation de boissons alcoolisées est déclarée par 59% des élèves de 6e, elle progresse en fréquence au cours des « années collège » jusqu’à concerner 83% des élèves de 3e, puis 93% des élèves en terminale. Au delà du caractère « culturel » que revêt parfois la consommation d’alcool, l’adolescence se révèle surtout une période où les premiers comportements d’alcoolisation parfois excessifs peuvent apparaître. La part de ceux qui déclarent avoir déjà connu une ivresse progresse nettement, passant de 17% en 4e à 69% des élèves de terminale. De même, l’usage régulier d’alcool (au moins 10 fois lors du dernier mois précédant l’enquête) passe de 3% en 4e à 27% en terminale. Parallèlement, les types de boissons alcoolisées bues par les adolescents évoluent également avec l’intensification des usages. Si le cidre et le champagne sont les boissons les plus communément bues au début de l’adolescence, les bières et les alcools forts deviennent rapidement les boissons alcoolisées préférées des lycéens.

    Mots-clés : Adolescent, enquête représentative, lycéens, collégiens, boissons alcoolisées, ivresse
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    Serge Karsenty (serge.karsenty@univ-nantes.fr) et al.
    Laboratoire Droit et changement social, UMR 6297 Université de Nantes - CNRS, Nantes, France

    Introduction – La loi du 21 juillet 2009 a porté à 18 ans la limite d’interdiction générale des ventes d’alcool. Une enquête menée en 2012 tente d’en évaluer l’application, notamment par comparaison avec une enquête similaire réalisée en 2005.
    Méthode – L’enquête de 2012 a été menée à l’aide d’un questionnaire identique à celui de 2005. Elle a permis d’exploiter les réponses de 1 008 établissements concernés par la vente d’alcool. L’échantillon a été construit par tirage aléatoire stratifié avec redressements selon les données nationales du recensement des entreprises.
    Résultats – En 2012, la proportion d’établissements déclarant une pratique autre que le refus de vente d’alcool avant 18 ans est de 17% dans les petits établissements, quel que soit le mode de vente, et de 6,4% dans les grandes et moyennes surfaces. Par rapport à 2005, les progrès de mise en conformité avec la loi sont particulièrement importants pour les débits de vente à emporter.
    Discussion – L’adhésion des commerces de vente à emporter est supérieure à celle des cafés-bars. Mais seules les grandes structures de distribution atteignent un bon niveau d’homogénéité.
    Conclusion – La loi de 2009 a provoqué le resserrement des connaissances et des pratiques autour d’une norme plus exigeante. Les défaillances d’application sont désormais mieux repérées.

    Mots-clés : Alcool, jeunes, mineurs, âge légal, prohibition
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    Jean-Baptiste Richard et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France
    Auteur correspondant : François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr)
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France
    Cermes3 - Équipe Cesames (Centre de recherche Médecine, sciences, santé, santé mentale, société), Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité/CNRS UMR 8211/Inserm U988/EHESS), Paris, France

    Les Baromètres santé de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) permettent d’observer de façon régulière des indicateurs de surveillance épidémiologique en population générale. Il s’agit d’enquêtes transversales répétées, réalisées par téléphone, représentatives de la population de France métropolitaine âgée de 15 à 75 ans.
    La dernière enquête, menée en 2010 auprès de 27 653 individus, dont 2 838 âgés de 18 à 25 ans, permet de faire l’état des lieux des consommations d’alcool des jeunes et de leurs évolutions depuis 2005.
    Les 18-25 ans, qui se distinguent des personnes plus âgées par des consommations d’alcool moins régulières, mais plus excessives, accentuent leurs différences en ce sens en 2010, avec une stabilisation de la consommation quotidienne d’alcool associée à une augmentation des alcoolisations ponctuelles importantes et des épisodes d’ivresses. Les étudiants et les jeunes femmes se démarquent par des augmentations particulièrement prononcées par rapport à 2005. Les ivresses répétées concernent près de deux fois plus d’étudiants en 2010 qu’en 2005, et plus du double parmi les femmes. Les comportements des jeunes hommes et femmes ont ainsi tendance à se rapprocher.
    Malgré la prise en compte de cette problématique dans les politiques de santé publique, ces résultats soulignent l’importance d’une poursuite des efforts des autorités publiques, des éducateurs, des acteurs de prévention et des associations dans la réduction de la fréquence des ivresses, des alcoolisations ponctuelles importantes et de leurs complications potentielles.

    Mots-clés : Alcool, ivresse, genre, population générale, surveillance, jeunes adultes
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    Christophe Palle (chpal@ofdt.fr)
    Observatoire français des drogues et des toxicomanies, Saint-Denis, France

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    Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles (marie-josephe.saurel@inserm.fr) et al.
    Inserm Unité 953, Université Paris VI, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Paris, France

    Introduction et méthode – L’objectif de cet article est d’estimer la fréquence de consommation d’alcool pendant la grossesse, telle qu’elle est rapportée par les femmes, et de décrire les caractéristiques des femmes consommatrices. Les liens entre cette consommation et le risque de naissances prématurées et d’enfants de poids trop faible pour leur âge gestationnel sont étudiés. Les données proviennent de l’Enquête nationale périnatale, réalisée en 2010, auprès d’un échantillon représentatif de plus de 13 000 femmes en France métropolitaine.
    Résultats – La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse est déclarée par 23% des femmes ; une consommation de 3 verres ou plus en une même occasion est rapportée par 2% des femmes. Elle est plus fréquente pour les femmes en situation sociale favorisée, plus âgées et de parité élevée. Nous ne mettons pas en évidence d’excès de risque de prématurité en lien avec la consommation de boissons alcoolisées telle que déclarée par les femmes, tandis que nous observons un taux d’hypotrophie un peu plus élevé pour les plus grandes consommatrices.
    Conclusion – L’information des femmes en âge de procréer sur les dangers associés aux fortes consommations d’alcool doit être développée et les soignants doivent susciter le dialogue sur cette question, en particulier avec les femmes les plus à risque.

    Mots-clés : Consommation d’alcool, prématurité, hypotrophie
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    Laure Com-Ruelle (comruelle@irdes.fr) et al.
    Institut de recherche et documentation en économie de la santé, Paris, France

    Cette analyse des populations les plus à risque d’alcoolisation excessive en France s’appuie sur les données déclaratives de l’Enquête sur la santé et la protection sociale (ESPS) de l’Irdes auprès des ménages ordinaires, incluant le test AUDIT-C.
    Les hommes sont globalement 2,6 fois plus concernés par le risque d’alcoolisation excessive que les femmes. Le risque ponctuel diminue fortement lorsque l’âge croît. Le risque chronique culmine aux âges intermédiaires.
    Chez les hommes comme chez les femmes, le risque ponctuel touche particulièrement les cadres et professions intellectuelles (36,1% vs. 22,6%) et les professions intermédiaires (36,7% vs. 20,2%). Le risque chronique atteint plus souvent les hommes employés de commerce (19,5%) ou agriculteurs (17,3%) et les femmes artisanes commerçantes (6,4%) ou cadres et professions intellectuelles (4,7%). Les hommes chômeurs sont en troisième position pour le risque ponctuel (26,6%) mais en tête pour le risque chronique (18,7%) ; les chômeuses présentent surtout un risque ponctuel (18,2%).
    De 2002 à 2010, derrière une relative stabilité globale, se cachent des disparités d’évolution, notamment un accroissement marqué des usages à risque ponctuel chez les femmes jeunes et dans certaines catégories sociales.
    L’alcool est un facteur de risque à la fois sanitaire et social. L’indicateur de profils d’alcoolisation présenté ici est essentiel pour l’interprétation des comportements de santé, mais la complémentarité des types d’enquête, notamment cliniques, est souhaitable pour aider à proposer des politiques de santé efficaces.

    Mots-clés : Consommation d’alcool, prévalence, évolution, socio-économique, France
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    Delphine Jezewski-Serra (d.serra@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    L’objectif de ce travail est d’étudier la morbidité et la létalité hospitalières liées aux maladies alcooliques du foie (MAF) en France pour l’année 2008, à partir des données du PMSI-MCO.
    En 2008, 143 970 séjours, correspondant à 64 390 patients, mentionnaient une MAF. Plus de la moitié de ces patients (57,9%) était hospitalisée spécifiquement pour une de ces maladies ou l’une de ses complications. Parmi ces derniers, le nombre de décès était de 4 969. Les taux de patients hospitalisés étaient 3 fois plus élevés chez les hommes que les femmes (respectivement 157,7 et 48,1 pour 100 000 habitants). Les taux spécifiques de patients hospitalisés augmentaient avec l’âge, le maximum était retrouvé chez les 60-64 ans. En tenant compte de la structure démographique, les taux variaient selon la zone géographique : ils étaient les plus élevés dans les régions du Nord et Nord-Ouest et moins importants dans les régions du Sud.
    Ces résultats constituent une première analyse à l’échelle nationale des hospitalisations liées aux MAF, définissant une situation de départ qui pourra être suivie dans le temps et l’espace.

    Mots-clés : Alcool, foie, hospitalisation, PMSI-MCO, France
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    Anne-Laure Perrine (al.perrine@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Cette étude avait pour objectif de décrire les passages aux urgences pour intoxication éthylique aiguë (IEA) à partir des résumés de passage aux urgences enregistrés dans Oscour® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences).
    Matériel et méthode – Le réseau Oscour® recueille les données de passages aux urgences correspondant à plus de la moitié de l’activité des services d’urgence en France. L’étude a porté sur les passages aux urgences comportant le code CIM10 F10.0 (intoxication éthylique aiguë) recensés dans ce dispositif au cours de l’année 2011.
    Résultats – En 2011, le nombre de passages aux urgences pour IEA était de 100 404, tous âges confondus, représentant 1% de l’ensemble des passages aux urgences. Les 15-24 ans (N=17 906 ; 17%) et les 40-49 ans (N=25 477 ; 25%) étaient particulièrement concernés. Les variations saisonnières (annuelles, mensuelles, hebdomadaires) faisaient apparaître :
    - sur l’ensemble des passages aux urgences pour IEA, deux pics dans l’année (le 1er janvier et le 22 juin), une augmentation en début de mois, notamment chez les 40-54 ans, et une augmentation les week-ends ;
    - chez les 10-24 ans, deux pics dans l’année, en juin et en octobre, un niveau de recours constant au cours du mois et une augmentation très marquée les week-ends.
    Conclusion – En l’absence de données objectives sur le phénomène, cette étude permet de documenter, à l’échelle nationale, une des conséquences directes de l’usage excessif d’alcool.

    Mots-clés : Alcool, intoxication éthylique aiguë, urgences, Oscour®, France
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    Mathilde Touvier et al.
    Auteur correspondant : Paule Latino-Martel (paule.martel@jouy.inra.fr)
    Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Uren), Inserm U557, Inra U1125, Cnam, Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité, Bobigny, France

    Introduction – La cohorte NutriNet-Santé permet d’étudier, via Internet, les relations nutrition-santé et les déterminants des comportements alimentaires.
    Matériel-méthodes – La consommation de boissons alcoolisées et ses déterminants ont été analysés pour 29 566 sujets (6 828 hommes et 22 738 femmes) ayant renseigné six enregistrements alimentaires de 24 heures (3 à l’inclusion et 3 à un an).
    Résultats – Des boissons alcoolisées sont consommées par 87% des hommes et 72% des femmes. L’apport moyen d’alcool est de 17,6 g/j (hommes) et 8,4 g/j (femmes), provenant majoritairement du vin. La consommation d’alcool est plus élevée chez les hommes, les sujets plus âgés, fumeurs et anciens fumeurs, personnes en surcharge pondérale (hommes), ayant des apports énergétiques plus élevés et des consommations alimentaires globalement moins favorables à la santé. Elle varie avec le statut socio-économique, principalement chez les femmes. Pour la plupart des maladies (notamment les cancers), les antécédents familiaux et personnels ne sont pas associés à une moindre consommation d’alcool.
    Discussion-conclusion – Des actions de prévention envers la population générale adulte et envers des groupes ciblés (personnes ayant des antécédents de cancers par exemple) doivent être renforcées. L’étude des freins à la modification des comportements à risque dans ces populations est nécessaire.

    Mots-clés : Alcool, consommations alimentaires, déterminants sociodémographiques, antécédents de maladie, cancer
 
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    Lars Møller
    Organisation mondiale de la santé, Bureau régional de l’Europe, Copenhague

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    Sylvie Guérin et al.
    Auteur correspondant : Catherine Hill (hill@igr.fr)
    Service de Biostatistique et d’épidémiologie, Institut Gustave Roussy, Villejuif, France

    Alcohol consumption is high in France. Therefore, it is important to estimate alcohol-attributable mortality in France by sex, age and dose.
    Method – We combined survey and sales data to estimate the prevalence of alcohol consumption by age, sex and dose category. For each cause of death, the relative risk of death as a function of dose was obtained from a metaanalysis and combined with prevalence data to obtain the attributable fraction; this fraction multiplied by the number of deaths gave the alcoholattributable mortality.
    Results – A total of 36,500 deaths in men are attributable to alcohol in France in 2009 (13% of total mortality) versus 12,500 in women (5% of total mortality). Overall, this includes 15,000 deaths from cancer, 12,000 from circulatory disease, 8,000 from digestive system disease, 8,000 from external causes and 3,000 from mental and behavioural disorder. The alcohol-attributable fractions are 22% and 18% in the population aged 15 to 34 and 35 to 64 respectively versus 7% among individuals aged 65 or more. Alcohol is detrimental even at a low dose of 13 grams per day, causing 1,100 deaths.
    Conclusion – With 49,000 deaths in France for the year 2009, the alcohol toll is high, and the effect of alcohol is detrimental even at low dose. Alcohol consumption is responsible for a large proportion of premature deaths. These results stress the importance of public health policies aimed at reducing alcohol consumption in France.

    Key words : Alcohol consumption, dose-effect relationship, alcoholattributable fraction, number of deaths, France
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    Stanislas Spilka (stanislas.spilka@ofdt.fr) et al.
    Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), Saint-Denis, France
    Inserm, U669, Paris, France

    Background – It is not appropriate to talk about a wide spread of alcohol during adolescence, as its experimentation is already common before entering junior secondary school. However, the first frequent (regular) alcohol use and drunkenness, rise sharply during junior high-school and further during senior high-school. Two surveys ask students when those alcohol consumptions-which can reveal at risk situations- appear. These surveys rely on representative samples of junior and senior high-schools students, and give a full overview of alcohol use from 6th to 12th grade.
    Methods – Two international school surveys regularly conducted in France allow describing alcohol use diffusion among teenagers: the Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) survey, among students in junior highschool, that took place in 2010 on the one hand; the European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs (ESPAD) survey, among students in senior high-school, that took place in 2011, on the other hand.
    Results – Alcohol is the first psychoactive substance experimented during adolescence, often in a family setting. Thus, initiation to alcoholic beverages (to have drunk at least once during the lifetime) is reported by 59% of 6th grade students up to 83% of 9th graders, and by 93% of 12th graders. Above the overall cultural meaning of alcohol consumption, adolescence is a time where the first excessive behaviours can occur. The proportion of drunkenness rises dramatically from 17% in 8th grade to 69% in 12th grade. Beside, regular alcohol use (at least 10 times in the last month) increases from 3% in 8th grade to 27% in 12th grade. In the same time, the types of alcoholic beverages change, from cider and champagne at the beginning of adolescence, to beer and spirits among senior high-school students.

    Key words : Student, school survey, alcohol, alcohol beverage, binge drinking, drunkenness
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    Serge Karsenty (serge.karsenty@univ-nantes.fr) et al.
    Laboratoire Droit et changement social, UMR 6297 Université de Nantes - CNRS, Nantes, France

    Introduction – In France, the July 2009 Act established the prohibition to sell alcohol to clients under 18 years of age. A survey was conducted in 2012 in order to evaluate its implementation, and compare its results with a similar survey carried out in 2005.
    Method – The 2012 survey was conducted using the same key questions as in 2005. It allowed to process data gathered from 1,008 businesses selling alcoholic beverages. A stratified random sampling was set up and adjusted on the basis of national business census numbers.
    Results – In 2012, the proportion of sellers reporting a different practice other than refusing the sale to clients under 18 years of age is 17% in small businesses offering either on or off premises sales, and 6.4% in large and medium-sized supermarkets. Compared to 2005 data, the compliance with the legal norm has remarkably improved in off-premises trades.
    Discussion – Off-premises businesses adherence is higher than in cafésbars. But only large scale distributors can reach a good level of homogeneity.
    Conclusion – The 2009 Act has resulted in reinforcing knowledge and behaviors up to a more demanding standard. As a result, the weaknesses of implementation are better identified.

    Key words : Alcohol, youth, minors, legal age, prohibition
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    Jean-Baptiste Richard et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France
    Auteur correspondant : François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr)
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France
    Cermes3 - Équipe Cesames (Centre de recherche Médecine, sciences, santé, santé mentale, société), Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité/CNRS UMR 8211/Inserm U988/EHESS), Paris, France

    Every five years, the Health Barometer from the National Institute for Prevention and Health Education (INPES) measures the epidemiological monitoring indicators in the general population. These random surveys are conducted through phone interviews based on a representative sample of the 15-75 year old population living in France.
    The last survey, conducted in 2010 and including 27,653 interviewees (of whom 2,838 were between 18 and 25 years old) allows to track trends on alcohol consumption since 2005.
    People aged 18-25 years old distinguish themselves from older persons by less regular but more excessive alcohol consumption. This particularity is even more striking in 2010, with a stabilization of daily alcohol consumption, associated with an increase of risky single occasional drinking and drunkenness episodes. College students and young women distinguish themselves by increases particularly pronounced compared with 2005. Nearly twice more students are affected by drunkenness in 2010 than in 2005, and more than twice as many women. Young men and women’s behaviours tend to get closer.
    In spite of a greater awareness of this problem in public health policies, these results underline the importance of continuing the efforts of public authorities, educators, prevention workers, and associations in reducing the frequency of drunkenness, binge drinking as well as their potential complications.

    Key words : Alcohol, drunkenness, gender, population survey, surveillance, young adults
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    Christophe Palle (chpal@ofdt.fr)
    Observatoire français des drogues et des toxicomanies, Saint-Denis, France

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    Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles (marie-josephe.saurel@inserm.fr) et al.
    Inserm Unité 953, Université Paris VI, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Paris, France

    Introduction and method – The objective of this document is to estimate the frequency of alcohol consumption during pregnancy, as reported by women, and to describe women’s characteristics. Associations between alcohol use and the risk of preterm birth and small children for gestational age are studied. The data come from the National Perinatal Survey, conducted in 2010, with a representative sample of more than 13,000 women in France.
    Results – The consumption of alcoholic beverages during pregnancy is reported by 23% of women, a consumption of 3 or more drinks on one occasion was reported by 2% of women. It is more common for women in higher social class, among older women and with high parity. We do not show any excess risk of preterm delivery in relation to the consumption of alcoholic beverages, such as reported by women, while we observe a slightly higher rate of small children for gestational age for larger consumers.
    Conclusion – Information for women of childbearing age about the dangers associated with heavy alcohol consumption must be developed, and caregivers should encourage dialogue on this issue, especially with women most at risk.

    Key words : Alcohol consumption, preterm birth, low birth weight
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    Laure Com-Ruelle (comruelle@irdes.fr) et al.
    Institut de recherche et documentation en économie de la santé, Paris, France

    This analysis of the populations most at risk of excessive alcohol consumption in France is based on declarative data from the Health, Health Care and Insurance Survey (ESPS) carried out by IRDES among typical households including the AUDIT-C test.
    Men are globally 2.6 times more concerned with the risk of excessive alcohol consumption than women. The episodic risk sharply decreases as age increases. The chronic risk is at its most at intermediate ages. For both men and women, the episodic risk especially affects executives and intellectual occupations (36.1% vs. 22.6%) and intermediate occupations (36.7% vs. 20.2%). The chronic risk affects more often business employees (19.5%) or farmers (17.3%) among men and, among women, craftswomen or saleswomen (6.4%) and executives or intellectual occupations (4.7%).
    Unemployed men are in third position for the episodic risk (26.6%), but come first for the chronic risk (18.6%), unemployed women mostly show an episodic risk (18.2%).
    From 2002 to 2010, trend disparities are hidden behind a relative global stability, and in particular a significant increase of episodic risky use among young women and certain social categories.
    Alcohol is both a health and social risk factor. The alcohol consumption profile indicator presented here is essential to interpret health behaviours, but the complementarity of the types of surveys, in particular clinical, is recommended to help implement effective health policies.

    Key words : Alcohol consumption, prevalence, trends, socioeconomic, France
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    Delphine Jezewski-Serra (d.serra@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    This article describes hospitalization morbidity and lethality for alcoholic liver diseases (ALD) in France in 2008, based on hospital discharge data.
    In 2008, 143,970 hospitalizations accounting for 64,390 patients were recorded for ALD. More than half of these patients (57.9%) were specifically hospitalized for ALD or any of their complications. Among them, 4,969 deaths occurred. Hospitalization rates were 3 times higher for men than for women (respectively 157.7 and 48.1 per 100,000 inhabitants). Specific hospitalization rates increase with age, the highest rate being observed for patients aged between 60-64 years old. Hospitalization rates vary according to geographic area: the highest rates were observed in Northern and North-Western regions and the lowest in Southern regions.
    This article provides the first description of national alcoholic liver disease hospitalizations in France, defining baseline indicators that can be followed in time and space.

    Key words : Alcohol, liver, hospitalization, hospital discharge data, France
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    Anne-Laure Perrine (al.perrine@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – The aim of this study was to describe admissions in emergency units for acute alcohol intoxication (AAI) from data recorded in OSCOUR® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences).
    Methods – The OSCOUR® network collects the data of more than half emergency units in France. Our study concerned admissions in emergency units containing the F10.0 ICD-10 code (acute alcohol intoxication) recorded in the network during 2011.
    Results – In 2011, the number of visits for AAI, 100,404 for all ages, represented 1% of all visits. The 15-24 year-olds (N=17,906; 17%) and 40-49 yearolds (N=25,477; 25%) were particularly concerned. Seasonal variations (annual, monthly, weekly) show:
    - For all emergency units visits for AAI, two peaks in the year (on 1 January and 22 June), an increase at the beginning of the month, in particular in the 40-54 year-olds, an increase during the weekend.
    - In the 10-24 year-olds, two peaks in the year, one in June and one in October, a constant level of visits during the month, and a very marked increase during the weekend.
    Conclusion – As there is no objective data on the phenomenon, this study contributes to document one of the direct consequences of excessive use of alcohol on a national scale.

    Key words : Alcohol, alcohol intoxication, emergency unit, emergency electronic database, France
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    Mathilde Touvier et al.
    Auteur correspondant : Paule Latino-Martel (paule.martel@jouy.inra.fr)
    Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Uren), Inserm U557, Inra U1125, Cnam, Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité, Bobigny, France

    Introduction – The NutriNet-Santé cohort was designed to investigate, via the Internet, the relationship between nutrition and health outcomes and examine the determinants of dietary patterns.
    Material-methods – The consumption of alcoholic beverages and its determinants were analysed for 29,566 subjects (6,828 men and 22,738 women) who filled out six 24-h dietary records (3 at inclusion and 3 one year later).
    Results – Alcoholic beverages are consumed by 87% of men and 72% of women. Mean alcohol intake was 17.6 g/d (men) and 8.4 g/d (women), wine being the main contributor. Alcohol consumption was higher in men, older participants, smokers/ex-smokers, excess body weight men, subjects having higher energy intake, and those presenting overall less healthier dietary patterns.
    It varied across the socioeconomic status of participants mainly for women. For most diseases including cancers, the family or personal history of diseases was not associated with lower alcohol drinking.
    Discussion-conclusion – Prevention in the general adult population and in targeted subgroups (such as persons with a history of cancer) must be reinforced. It is necessary to study the slowdown of risk behaviours in these populations.

    Key words : Alcohol, dietary intake, socio-demographic factors, history of disease, cancer
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