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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 08/01/2013

BEH n°1-2/2013

08/01/2013
Numéro thématique – Épidémiologie et pollution atmosphérique urbaine : l’observation au service de l’action

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Le numéro (pdf- 1,43 Mo)

 
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    Michal Krzyzanowski
    Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, Bonn, Allemagne

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    Laurence Pascal (laurence.pascal@ars.sante.fr) et al.
    Cire Sud, Institut de veille sanitaire, Marseille, France

    En 1997, l’Institut de veille sanitaire a mis en place le Programme de surveillance air et santé (Psas) et a coordonné ou contribué à plusieurs projets européens qui se sont développés depuis cette période. Cet article fait un bilan des connaissances apportées par ces différents projets et études depuis 15 ans et envisage des pistes d’amélioration pour la mise en oeuvre des mesures de protection de la santé publique.
    Depuis les années 1990, différentes études épidémiologiques ont mis en évidence la persistance d’effets sanitaires de la pollution de l’air aux niveaux rencontrés actuellement. Les évaluations d’impacts sanitaires de la pollution atmosphérique ont donné une estimation objective quantifiée des impacts sanitaires et des bénéfices qui pourraient résulter de l’amélioration de la qualité de l’air sur la santé d’une population. Toutes ces études ont illustré le poids du fardeau sanitaire et économique représenté par les effets néfastes de la pollution de l’air. Elles ont également contribué au changement de perceptions concernant l’impact sanitaire de la pollution de l’air : une amélioration de la santé des populations ne peut être obtenue qu’à condition de parvenir à une amélioration durable de la qualité de l’air.

    Mots-clés : Pollution de l’air, effet sanitaire, surveillance
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    Frank J. Kelly (frank.kelly@kcl.ac.uk)
    MRC-HPA Centre for Environment and Health, School of Biomedical Sciences, King’s College London, London, United Kingdom

    Les particules fines constituent un mélange hétérogène et complexe qui évolue dans le temps et dans l’espace. Elles peuvent avoir des caractéristiques physiques diverses et être constituées d’une multitude de composants chimiques, dont un grand nombre ont été décrits comme potentiellement toxiques. Par conséquent, l’identification et la quantification des influences de composants spécifiques ou de mélanges associés à des sources spécifiques sur des mesures d’effets sur la santé constituent un des domaines les plus complexes de la recherche en santé environnementale, notamment lorsque les particules interagissent avec d’autres co-polluants. Les connaissances actuelles ne permettent pas une quantification précise ou un classement des composés les plus à risque, et les associations observées avec la santé peuvent résulter de composants multiples agissant sur différents mécanismes physiologiques. Certains résultats suggèrent un degré de toxicité différentielle, c’est-à-dire des associations plus fréquentes entre les particules liées au trafic automobile, les particules fines et ultrafines, les métaux particulaires et le carbone élémentaire, et différents effets sanitaires graves, comme une mortalité et une morbidité accrues liées à des affections cardiovasculaires et respiratoires. Un programme soigneusement ciblé de recherche toxicologique et épidémiologique, intégrant des approches plus sophistiquées (comme le recueil de davantage de données de spéciation, des techniques de modélisation plus fines, une évaluation d’exposition précise et une meilleure définition de la sensibilité individuelle) et une collaboration optimale entre des équipes pluridisciplinaires, est aujourd’hui nécessaire. Cela facilitera la mise en oeuvre de politiques de gestion ciblées, de mesures de contrôle de la pollution plus efficaces et, au final, la réduction des maladies imputables à la pollution particulaire.

    Mots-clés : Particules, toxicité différentielle, mélanges associés à des sources, composants chimiques
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    Mathilde Pascal (m.pascal@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Susann Henschel (susannhenschel@gmx.de) et al.
    Dublin Institute of Technology (DIT), Dublin, Irlande

    Contexte et objectifs – Le fait de résider à proximité des grands axes routiers et la pollution de l’air due au trafic ont été associés à des effets néfastes pour la santé. Cette revue de la littérature a pour objectif de donner une vue d’ensemble des études d’intervention les plus pertinentes, publiées en anglais, évaluant l’impact sanitaire de changements de la qualité de l’air spécifiquement dus à des interventions sur le trafic ou le transport routier.
    Les interventions ont été définies comme étant des événements visant à réduire la pollution de l’air, ou des réductions de cette pollution survenant de façon secondaire, à partir de 1990.
    Résultats – Les études publiées montrent de façon convergente qu’un certain nombre d’interventions sont associées à des effets bénéfiques sur la santé, principalement par une réduction de la mortalité et/ou de la morbidité cardiovasculaire ou respiratoire.
    Conclusions – Ces observations soulignent les bénéfices sanitaires et financiers de l’élaboration et de la mise en oeuvre de politiques efficaces dans l’Union européenne pour réduire, directement ou indirectement, la pollution atmosphérique associée au trafic routier, et d’en assurer le respect au fil du temps.

    Mots-clés : Pollution de l’air, trafic, études d’interventions, impact sanitaire
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    Arthur De Pas (arthur.de-pas@airparif.asso.fr) et al.
    Airparif, Paris, France

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    Séverine Deguen (severine.deguen@ehesp.fr)
    École des hautes études en santé publique, Institut de recherche en santé, environnement et travail – U1085, Rennes, France

    Malgré un allongement continu de l’espérance de vie et une amélioration générale de l’état de santé des populations, nous n’apparaissons pas, aujourd’hui encore, tous égaux devant la mort et/ou la maladie. Des inégalités de santé persistent entre différents groupes de population et, en particulier, entre les différentes catégories sociales : globalement, les personnes appartenant aux catégories socioéconomiques les moins favorisées vivent moins longtemps et sont en moins bonne santé que celles des catégories socioéconomiques les plus favorisées. Cette problématique constitue de nos jours un objet d’études et de recherches privilégié en santé publique, alimentant régulièrement les débats scientifiques et politiques.
    De nombreux déterminants ont déjà été identifiés pour expliquer l’existence des inégalités. Pourtant, aujourd’hui, une partie de celles-ci demeurent encore inexpliquées. C’est précisément dans ce contexte que les nuisances environnementales, et en particulier l’exposition à la pollution atmosphérique, ont été suspectées comme pouvant contribuer aux inégalités sociales de santé (ISS). Deux mécanismes principaux, documentés dans la littérature, permettent de comprendre comment l’environnement pourrait jouer un rôle dans les ISS : (1) les populations défavorisées pourraient être exposées à un plus grand nombre de nuisances et/ou à des niveaux d’expositions plus élevés (différentiel d’exposition) et/ou (2) les populations plus défavorisées pourraient être plus vulnérables aux effets de l’environnement (différentiel de vulnérabilité/susceptibilité) en raison d’un état de santé plus fragile que les populations plus favorisées.
    Cet article a pour objectif de présenter l’état des connaissances sur le rôle que pourrait jouer l’exposition à la pollution atmosphérique dans les ISS.

    Mots-clés : Inégalités sociales de santé, expositions environnementales, différentiel d’exposition, différentiel de vulnérabilité
 
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    Michal Krzyzanowski
    Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, Bonn, Allemagne

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    Laurence Pascal (laurence.pascal@ars.sante.fr) et al.
    Cire Sud, Institut de veille sanitaire, Marseille, France

    In 1997, the French Institute for Public Health Surveillance (InVS) set up the Air and Health Surveillance Program and coordinated or contributed to several European projects which were developed since then. The present article summarizes the main outcomes achieved by these projects over the last 15 years and explores future challenges to implement public health prevention measures.
    Since the 1990s, several epidemiological studies have outlined the health effects of air pollution observed even at current levels. Health impact assessment methods contributed to quantify the impact of air pollution on mortality and morbidity, and the benefits resulting from the improvement of air quality for the population. All these studies illustrated the health and economic burden of the negative effects of air pollution. They also contributed to a change in perceptions regarding the impacts of air pollution. Improving population’s health can only be achieved through a sustainable improvement in air quality.

    Key words : Air pollution, health effects, surveillance
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    Frank J. Kelly (frank.kelly@kcl.ac.uk)
    MRC-HPA Centre for Environment and Health, School of Biomedical Sciences, King’s College London, London, United Kingdom

    Particular matter (PM) is a complex, heterogeneous mixture which changes in time and space. It encompasses numerous chemical components and physical characteristics, many of which have been cited as potential contributors to toxicity. As a consequence, identifying and quantifying the influences of specific components or source-related mixtures on measures of health-related impacts, especially when particles interact with other co-pollutants, represents one of the most challenging areas of environmental health research.
    Current knowledge does not allow precise quantification or definitive ranking and indeed, associations may be the result of multiple components acting on different physiological mechanisms. Some results do suggest a degree of differential toxicity, namely more consistent associations with traffic-related PM air pollution, fine and ultrafine particles, particular metals and elemental carbon and a range of serious health effects, including increased morbidity and mortality from cardiovascular and respiratory conditions. A carefully targeted programme of contemporary toxicological and epidemiological research, incorporating more refined approaches (eg. greater speciation data, more refined modelling techniques, accurate exposure assessment and better definition of individual susceptibility) and optimal collaboration amongst multidisciplinary teams is now needed. This will facilitate targeted management policies, more effective pollution control measures, and ultimately the goal of reducing disease attributable to ambient PM pollution.

    Key words : Particulate matter, differential toxicity, source-related mixtures, chemical components
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    Mathilde Pascal (m.pascal@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Susann Henschel (susannhenschel@gmx.de) et al.
    Dublin Institute of Technology (DIT), Dublin, Irlande

    Background & Aims – Living near major roads and traffic-related air pollution has been linked to adverse health effects. This review aims to present an overview on the most relevant, published intervention/accountability studies in English assessing the health impact of changes in air quality specifically due to traffic/transport related interventions. Interventions were defined as events aimed at reducing air pollution or where reductions occurred as a side effect, from 1990 onwards.
    Results – There is consistent published evidence that a number of these interventions have been associated with health benefits, mostly by way of reduced cardiovascular or respiratory mortality and or morbidity.
    Conclusions – These findings underscore the health and monetary benefits from drafting and implementing effective EU policies that directly or in directly reduce traffic-related air pollution, and ensuring compliance with them over time.

    Key words : Air pollution, traffic, interventions, accountability studies, health impact
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    Arthur De Pas (arthur.de-pas@airparif.asso.fr) et al.
    Airparif, Paris, France

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    Séverine Deguen (severine.deguen@ehesp.fr)
    École des hautes études en santé publique, Institut de recherche en santé, environnement et travail – U1085, Rennes, France

    Despite a continuous extension of life expectancy and a global improvement in health status of populations in most industrialized countries, individuals remain unequal in death and disease. Inequalities remain between population groups, and especially between social classes: As a general rule, socioeconomically disadvantaged populations are more strongly affected by various health problems compared to the most privileged ones. Reducing social health inequalities has become an explicit goal and debate of health policies over the past few years.
    In spite of the numerous risk factors already identified, some of these inequalities remain unexplained. In light of this, it is suspected that environmental nuisances, air pollution in particular, also contribute to social inequalities in health. The contribution of environmental exposure has been mentioned in the literature to explain part of the observed health inequalities, leading to hypotheses about disproportionate impacts of environmental risks according to the social characteristics of the population. Environmental exposures may contribute to health inequalities through (1) differential susceptibility, the deprived population could be more susceptible to air pollution effect due to a fragile health status, and/or (2) differential exposure, deprived populations could be exposed to a greater number of environmental nuisances and/or to a higher level of nuisances.
    The aim of the present article is to draw up the state of the knowledge on the role of air pollution exposure in the social health inequalities.

    Key words : Social health inequalities, environmental exposures, differential exposures, differential susceptibility/vulnerability
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