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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 17/01/2012

BEH n°2-3-4/2012 

17/01/2012
Numéro thématique - Santé et recours aux soins des migrants en France

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Le numéro (pdf- 1,08 Mo)

 
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    Myriam Khlat
    Directrice de recherches, Institut national d’études démographiques, Paris, France 

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    Catherine Wihtol de Wenden (dewenden@ceri-sciences-po.org)
    UMR 7050, Centre d’études et de recherches internationales (CNRS/Sciences Po), Paris, France

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    Caroline Berchet (caroline.berchet@dauphine.fr) et al.
    Université Paris-Dauphine, Leda-Legos, Paris, France

    Résumé

    L’état de santé des immigrés est considéré comme un véritable enjeu de santé publique en raison de la fragilisation économique et sociale que peuvent connaître certains d’entre eux, et qui participe à la détérioration de leur état de santé. Ce bilan des études françaises sur l’état de santé et l’accès aux soins des immigrés suggère l’existence d’inégalités de santé liées à la migration et de disparités selon le pays d’origine. En outre, l’ensemble des études s’accorde sur le moindre recours aux soins de la population immigrée, révélant des difficultés d’accès à la médecine de ville. Enfin, la situation économique et sociale plus défavorisée des immigrés, leur moindre accès à la complémentaire santé et leur moindre intégration sociale sont les principaux facteurs expliquant ces inégalités de santé et d’accès aux soins. Ces travaux appellent à une modification des politiques sanitaires et sociales visant à améliorer l’état de santé et l’accès aux soins des populations d’origine étrangère.

    Mots-clés : migration, inégalités de santé, recours aux soins
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    Christelle Hamel (christelle.hamel@ined.fr) et al.
    Institut national d’études démographique, Paris, France

    Résumé

    Les immigrés âgés de 18-60 ans se déclarent globalement en plus mauvaise santé que les personnes sans ascendance migratoire depuis au moins deux générations. Toutefois, la catégorie "immigrés" revêt des réalités différentes en fonction de l’origine, des parcours migratoires et des conditions de vie passées et actuelles sur le territoire métropolitain. Les immigrés originaires de Turquie et du Portugal sont ceux qui se déclarent le plus en mauvaise santé. Pour les premiers, un cumul de précarité sur le territoire métropolitain explique cette sur-déclaration d’une mauvaise santé malgré une structure de population très jeune ; pour les seconds, les facteurs explicatifs relèvent davantage d’événements vécus pendant l’enfance et de faibles niveaux de qualification, qui, s’ils ne les empêchent pas d’être sur le marché du travail, les exposent à des conditions de travail pénibles.

    Mots-clés : état de santé déclaré, conditions de vie, genre, immigrés, natifs d’un DOM
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    Florence Lot (f.lot@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    La prévalence du VIH, de la tuberculose et de l’hépatite B est élevée dans certaines régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie. L’objectif de cet article est de décrire le poids de ces pathologies dans la population migrante vivant en France. Parmi les 6 700 découvertes de séropositivité à VIH et les 5 276 cas de tuberculose maladie déclarés en 2009, environ la moitié concernait des migrants. Parmi les 1 715 patients pris en charge pour une hépatite B chronique (HBC) en 2008-2009, les trois-quarts étaient migrants. La part de l’Afrique subsaharienne était importante, puisque 70 % des migrants découvrant leur séropositivité VIH, 54 % de ceux pris en charge pour une HBC et un tiers de ceux déclarés pour une tuberculose étaient nés dans cette partie du monde. Les taux de découvertes de séropositivité VIH et de déclarations de tuberculose étaient en 2009 respectivement 10 et 8 fois plus élevés chez les migrants que chez les non-migrants. Le recours au dépistage du VIH était beaucoup trop tardif chez les migrants nés en Asie ou en Afrique du Nord, ce qui n’était pas observé chez ceux nés en Afrique subsaharienne. La prise en charge après un diagnostic d’HBC chez les migrants nés en Asie ou en zone de moyenne endémicité était également souvent tardive, alors que celle des migrants d’Afrique subsaharienne était l’une des plus rapides. Parallèlement aux actions de prévention, il est donc indispensable de renforcer les stratégies de dépistage du VIH, de l’hépatite B et de la tuberculose dans toutes les populations migrantes. Il est également nécessaire que leur accès au système de soins soit facilité, afin de permettre une prise en charge précoce et un suivi régulier, ceci dans le but de réduire les disparités observées.

    Mots-clés : VIH, sida, tuberculose, VHB, hépatite B, population migrante, épidémiologie, France
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    Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles (marie-josephe.saurel@inserm.fr) et al.
    Inserm Unité 953, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Hôpital Saint-Vincent de Paul, Paris, France

    Résumé

    Introduction et méthode – Cet article montre les différences de situation sociodémographique, de surveillance prénatale et d’issue de la grossesse selon la nationalité de la mère parmi les femmes qui ont accouché en France métropolitaine en 2010. En outre, il présente les données les plus récentes, sur la période 2003-2007 concernant les décès maternels et leurs causes et sur la période 1998-2007 concernant les caractéristiques des femmes décédées.
    Résultats – L’ensemble des femmes étrangères, et particulièrement les femmes d’Afrique subsaharienne, représente une population à risque périnatal : femmes plus âgées, parité plus élevée, niveau d’études plus faible, ressources issues d’une activité professionnelle moins fréquentes. Cependant, la consommation de tabac est moins fréquente que chez les femmes françaises. Les femmes d’Afrique du Nord présentent certains facteurs de risque périnatal mais pas d’excès de mortinatalité, de prématurité, ni d’hypotrophie. En revanche, les femmes d’Afrique subsaharienne ont un taux de césariennes élevé et des risques de mortinatalité, de prématurité et d’hypotrophie plus élevés que ceux des femmes françaises. Le taux de mortalité maternelle des femmes étrangères, considérées globalement, est de 12,5 pour 100 000 naissances vivantes versus 7,9 pour les femmes françaises. Il existe toujours des disparités entre les nationalités étrangères elles-mêmes. Le taux pour les femmes de nationalité étrangère autre que celles de l’Europe ou du Maghreb est 2 à 3 fois plus élevé que celui des Françaises.
    Conclusion – Ces résultats soulignent les besoins de prévention et de prise en charge pour certains groupes de femmes étrangères, et tout particulièrement les femmes d’Afrique subsaharienne, assez nombreuses en France.

    Mots-clés : mortinatalité, prématurité, hypotrophie, mortalité maternelle, nationalité
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    Sandrine Fosse (s.fosse@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

     

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    Arnaud Veïsse et al.
    Auteur correspondant : Pascal Revault (pascal.revault@comede.org)
    Comede (Comité médical pour les exilés), Le Kremlin-Bicêtre, France

    Résumé

    Introduction – Les pathologies psychiques représentent l’un des enjeux majeurs de santé chez les migrants/étrangers en France, mais ceux-ci sont souvent ignorés dans les études en population générale.
    Matériel et méthode – Les données recueillies au sein des dispositifs de soins du Comede (Comité médical pour les exilés) ont permis de décrire les psychotraumatismes dans une population d’exilés marquée par des antécédents de violence, la précarité du statut administratif et des difficultés de communication pour les personnes non francophones.
    Résultats – Entre 2004 et 2010, parmi les 17 836 personnes ayant  consulté un médecin dans les centres de santé du Comede, plus de 60 % avaient subi des violences dans leur pays d’origine, et près d’un quart la torture. Le taux de prévalence des psychotraumatismes à la première consultation était de 112 ‰. Il était le plus élevé chez les personnes âgées de 29 à 49 ans, chez les femmes, et variait selon la nationalité. Ces résultats montrent une forte prévalence des syndromes psychotraumatiques dans cette population, plus élevée que la prévalence des pathologies psychiques rapportée dans les études en population générale.
    Conclusion – La fréquence et les caractéristiques des maladies psychiques chez les migrants/étrangers en situation de vulnérabilité nécessitent de développer la recherche associant enquêtes épidémiologiques et études qualitatives et de faire évoluer les catégories diagnostiques utilisées.

    Mots-clés : migrants, étrangers, exilés, santé mentale, psychotraumatisme, violences, vulnérabilité
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    Nadège Drouot (nadege.drouot@medecinsdumonde.net) et al.
    Médecins du Monde, Paris, France

    Résumé

    Médecins du Monde (MdM) agit en France dans 30 villes et mène 103 programmes de promotion de la santé en centres fixes ou unités mobiles, auprès de populations fragiles en difficulté d’accès à la prévention et aux soins. Pour décrire le profil des publics reçus, témoigner des obstacles à l’accès aux soins et en mesurer les évolutions, MdM a mis en place, depuis 2000, un Observatoire de l’accès aux soins. Les centres fixes utilisent à cet effet un recueil de données commun renseigné pour chaque personne rencontrée. En 2010, les centres ont accueilli 28 160 personnes, et des données ont été recueillies pour 21 710 d’entre elles. Il y avait 92 % d’étrangers et 12 % de mineurs. Leur profil socioéconomique est marqué par l’absence ou la précarité du logement, la grande faiblesse des ressources et une situation administrative précaire. Les trois-quarts peuvent en théorie disposer d’une couverture maladie, dont la moitié de l’Aide médicale de l’État (AME) réservée aux étrangers en situation irrégulière. Parmi les obstacles à l’accès aux soins principalement repérés : une méconnaissance des droits, la barrière linguistique, des difficultés administratives, des difficultés financières mais aussi la peur des arrestations. L’analyse des données met en évidence les besoins de suivi médical, alors qu’il s’agit de personnes dépourvues de couverture maladie. Les mineurs et les femmes enceintes ne sont pas épargnés. La complexité des dispositifs administratifs limitent l’accès aux soins. Aussi, dans un objectif de simplification, une fusion de l’AME et la CMU (Couverture maladie universelle) en un seul dispositif pour toutes les personnes résidant sur le territoire et vivant sous le seuil de pauvreté, a été proposée. Mais certaines politiques de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine, par la peur des arrestations qu’elles engendrent, éloignent les personnes des structures de santé et entravent le travail de prévention, de réduction des risques et d’accès aux soins. Ces contradictions devraient être levées dans l’intérêt individuel des personnes et collectif de santé publique.

    Mots-clés : migrants, précarité, accès aux soins
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    Francesca Grillo (grillo@u707.jussieu.fr) et al.
    Inserm U707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, UMR-S 707, Paris, France

    Résumé

    Objectifs – L’objectif de cette étude était de comparer les pratiques de dépistage du cancer du col utérin par frottis (FCU) entre femmes françaisesnées de deux parents français (FPF), françaises nées d’au moinsun parent étranger (FPE), et étrangères dans l’agglomération parisienne.
    Méthodes – Il s’agit des données de la seconde vague d’enquête de la cohorte "Santé, inégalités, ruptures sociales" (SIRS), conduite en 2010 auprès d’un échantillon représentatif des adultes francophones de l’agglomération parisienne (1 724 femmes). Des modèles de régressions logistiques ont analysé les caractéristiques démographiques, socioéconomiques, d’insertion sociale et de santé associées à l’absence de FCU au cours de la vie.
    Résultats – Parmi les femmes âgées de 25 ans ou plus, 91,2 % avaient déjà eu au moins un FCU au cours de leur vie. Une fois ajusté sur l’âge, les femmes FPE avaient 2 fois plus de risque de n’avoir jamais été dépistées que les femmes FPF (OR=2,46 ; IC95 % [1,60-3,77]), et ce risque redoublait pour les femmes étrangères (OR=5,27 ; IC95 % [3,41-8,15]). La proportion de vie passée en France métropolitaine diminuait le risque de non dépistage pour les femmes étrangères, mais les différences entre les FPF et les FPE ou les étrangères persistaient, même lorsque toutes les autres caractéristiques étaient prises en compte.
    Conclusion – Des actions spécifiques doivent être entreprises pour réduire les inégalités relatives à l’immigration dans le domaine du dépistage du cancer du col utérin.

    Mots-clés : dépistage, cancer du col de l’utérus, santé des femmes, caractéristiques migratoires, agglomération parisienne
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    Anne Jolivet
    Auteur correspondant : Pierre Chauvin (chauvin@u707.jussieu.fr)
    Inserm U707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie Paris-6, UMR S 707, Paris, France

    Résumé

    Objectifs – Les objectifs de ce travail étaient 1) estimer le poids des déterminants sanitaires dans l’ensemble des déterminants de la migration vers la Guyane ; 2) comparer l’état de santé des populations vivant en Guyane en fonction de leur statut migratoire ; 3) décrire et estimer les migrations pendulaires pour soins à l’hôpital de Saint-Laurent du Maroni (SLM).
    Méthodes – Une première enquête en population a été conduite sur un échantillon aléatoire de 1 027 résidents de Cayenne et SLM âgés de 18 ans ou plus. Des modèles de régression logistique ont permis de comparer trois indicateurs de santé (santé perçue, maladies chroniques, limitations fonctionnelles) en fonction des statuts migratoires. Les enquêtes à l’hôpital de SLM s’appuyaient sur un échantillon aléatoire de patients consultant le service des urgences (n=286) et sur un échantillon consécutif de femmes accouchant à la maternité de l’hôpital (n=264). Les migrants pendulaires ont été définis comme ceux ayant déclaré leur résidence principale au Suriname. Ces enquêtes ont été conduites entre février et avril 2009.
    Résultats – Les immigrés représentaient 40,6 % de la population adulte à Cayenne et 57,8 % à SLM. Parmi ceux-ci, 3,1 % ont déclaré avoir migré et/ou s’être installés en Guyane pour une raison de santé. Les personnes en situation irrégulière présentaient les plus mauvais indicateurs sanitaires. À l’hôpital de SLM, les migrants pendulaires représentaient 4,6 % des consultants aux urgences et 12,5 % des accouchements à la maternité.
    Conclusion – Les migrations pour soins ne représentaient qu’une minorité des mouvements migratoires vers la Guyane. À SLM, les migrations pendulaires pour soins étaient limitées et avant tout le reflet de disparités dans l’offre de soins entre la Guyane et le Suriname.

    Mots-clés : immigré, Guyane, état de santé, migration pour soins
 
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    Myriam Khlat
    Directrice de recherches, Institut national d’études démographiques, Paris, France 

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    Catherine Wihtol de Wenden (dewenden@ceri-sciences-po.org)
    UMR 7050, Centre d’études et de recherches internationales (CNRS/Sciences Po), Paris, France

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    Caroline Berchet (caroline.berchet@dauphine.fr) et al.
    Université Paris-Dauphine, Leda-Legos, Paris, France

    Summary

    The health status of immigrants is considered as a genuine public health concern due to the economic and social fragility that they may experience, which contributes to the deterioration of their health. This review of French studies on migrant health status and access to care suggests the existence of health inequalities related to migration and some disparities according to the country of origin. In addition, the body of evidence ,shows a lesser use of health care among the migrant population, suggesting difficulties in accessing ambulatory care. Finally, the more disadvantaged economic and social status of immigrants, their lower access to complementary health coverage, and their lower social integration are the most important factors explaining these health and health care inequalities. These studies call for health and social policy reforms designed to improve the health status and health care use of the foreign born population.

    Key words : migration, health inequalities, access to care
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    Christelle Hamel (christelle.hamel@ined.fr) et al.
    Institut national d’études démographique, Paris, France

    Summary

    Immigrants aged 18-60 generally report being in less good health than persons with no migrant parents or grandparents. However, the “immigrant” category reflects different realities depending on origin, migration history, and past and present living conditions in France. Immigrants from Turkey and Portugal are those who report the poorest health. For the former, a combination of economic and social insecurity in France explains this over-reporting of poor health, despite a very young population structure; for the latter, the main explanatory factors tend to be events experienced during childhood and low levels of qualification which, while not excluding them from the labour market, expose them to arduous working conditions.

    Key words : reported health status, living conditions, gender, immigrants, DOM native-born
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    Florence Lot (f.lot@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    Prevalence of HIV, tuberculosis and hepatitis B is high in some regions of the world, in particular in sub-Saharan Africa and Asia. The objective of this article is to describe the impact of these infections in migrants living in France. Among the 6,700 new HIV diagnoses and 5,276 tuberculosis cases reported in 2009, nearly half of them were migrants. Among the 1,715 HBsAg-positive patients newly referred for antiviral treatment in 2008-2009, three quarters were migrants. The proportion of individuals born in sub-Saharan Africa was high among migrants diagnosed with HIV infection (70%), migrants newly referred for chronic HBV infection (54%) and tuberculosis cases notified in migrants (33%). Rates of new HIV diagnoses and tuberculosis cases in migrants were respectively 10 times and 8 times higher than in persons born in France. HIV testing is performed too late among migrants who are often diagnosed with AIDS at testing, in particular in Asians and North Africans, but was not observed in sub-Saharan Africans. In addition, patients born in Asia and in moderate endemic countries for HBV infection are also referred too late after diagnosis of chronic HBV infection while sub-Saharan Africans are referred quicker. Together with prevention actions, it is important to intensify screening strategies for HIV and HBV infections, as well as tuberculosis, in all of the migrant population. It is also necessary to facilitate access to health care system after diagnosis for early treatment, care and regular follow-up in order to reduce disparities.

    Key words : HIV, AIDS, tuberculosis, HBV, hepatitis B, migrants, epidemiology, France
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    Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles (marie-josephe.saurel@inserm.fr) et al.
    Inserm Unité 953, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Hôpital Saint-Vincent de Paul, Paris, France

    Summary

    Introduction and method – The present article shows the differences in sociodemographic status, antenatal care, and pregnancy outcome according to the mother’s nationality among women who gave birth in metropolitan France in 2010. Moreover, it presents the most recent data over the period 2003-2007 about maternal deaths and theirs causes, and on the characteristics of deceased women over the period 1998-2007.
    Results – All foreign women, and particularly sub-Saharan African women, represent a population at perinatal risk (older women, higher pari ty, lower educational level, less frequent income from an occupational activity). Nevertheless, tobacco consumption is less frequent than in French women. Women from North Africa have certain perinatal risk factors, but no excess of stillbirth, preterm births or low birth weight. However, sub-Saharan African women have a higher rate of caesarean section and risks of stillbirth, preterm births and small birth weight than those of French women. The maternal mortality rate of foreign women is 12.5 for 100,000 live births versus 7.9 among French women. There are still differences between nationalities. The mortality rate for women of foreign nationality other than Europe or North Africa is 2 to 3 times higher than the rate of French women.
    Conclusion – These results underline the needs for prevention and care for certain groups of foreign women, particularly women from sub-Saharan Africa, who are quite numerous in France.

    Key words : Stillbirth, preterm birth, low birth weight, maternal mortality, nationality
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    Sandrine Fosse (s.fosse@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

     

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    Arnaud Veïsse et al.
    Auteur correspondant : Pascal Revault (pascal.revault@comede.org)
    Comede (Comité médical pour les exilés), Le Kremlin-Bicêtre, France

    Summary

    Introduction – Psychic disorders represent one of the major health issues for migrants/foreigners in France, but these populations are often ignored in general population studies.
    Material and method – Data collected in the COMEDE health system show the importance of these issues, for individuals with a background characterised by past history of violence, precarious administrative situation, and communication obstacles for non-francophones.
    Results – Between 2004 and 2010, among 17,836 persons who sought medical care within the COMEDE health system, more than 60% had experienced violent events in their country of origin, and more than a quarter had experienced torture. The prevalence rate of psycho-traumatic syndromes is 112 per 1,000. It was higher among 20-49 year olds and women, and was strongly related to nationality. Substantiated by other associative sources of information, these data show the high prevalence of psychological trauma, in comparison to general population studies.
    Conclusion – The frequency and characteristics of mental illness among migrants/foreigners in vulnerable situations require research development combining epidemiological and qualitative studies, and advancing the diagnostic categories used.

    Key words : Migrants, foreigners, exile, mental health, psychological trauma, violent events, vulnerability
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    Nadège Drouot (nadege.drouot@medecinsdumonde.net) et al.
    Médecins du Monde, Paris, France

    Summary

    Médecins du Monde (MdM) is present in 30 cities in France, and runs 103 health programs either through stationary centers or mobile units among populations at-risk in need of access to health care. To describe the profile of the hosted groups, testify on the obstacles to accessing health care and monitor their trends, MdM appointed an Observatory on access to health care since 2000. For this purpose, the stationary centers use a common database providing all information about the registered persons. In 2010, the centers cared for 28,160 persons, among whom 92% are foreigners and 12% are minor children. Their socio-economic background includes poor or absent housing conditions, lack of resources and precarious administrative conditions. In theory, three-quarters of them are eligible to benefit from health coverage, half of them also eligible to «State Medical Aid» (Aide médicale de l’État) reserved for undocumented migrants. Among identified obstacles: the lack of knowledge of rights, language barriers, administrative and financial difficulties and also the fear of being arrested. A detailed analysis of the data highlights a number of medical follow-up concerns while these persons don’t benefit from any health coverage. Minors and pregnant women are not spared either. The com plexity of administrative systems limits the accessibility to health care. Therefore, with an eye to simplification, the «State Medical Aid» (AME) and «Universal Health Coverage» (CMU) should be merged into one single framework for all persons living on the territory and below the poverty threshold. Still, the policies for security and immigration generate fear among these groups of people, taking them away from the health system and slowing down the prevention work, harm reduction and access to health care. That’s why these contradictions need to be allayed both to the interest of these individuals and public health care communities.

    Key words : migrants, precarity, access to health care
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    Francesca Grillo (grillo@u707.jussieu.fr) et al.
    Inserm U707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, UMR-S 707, Paris, France

    Summary

    Objectives – This study aimed to compare cervical screening practices among French women born to two French parents (FFP), French women with at least one foreign parent (FfP), and foreign women in Paris metropolitan area.
    Methods – Data from the second wave of the SIRS cohort survey, conducted in 2010 among a representative sample of 3,000 adults in Paris metropolitan area (1,724 women) were used. Regression models analysed demographic, socioeconomic, social insertion, and health-related characteristics associated to the absence of cervical screening in one’s lifetime.
    Results – 91.2% of the women aged 25 or above had undergone at least one cervical screening in their lifetime. Compared to FFP, once adjusted on age, the likelihood of never being screened was twice higher for FfP (OR=2.46; 95CI%[1.60-3.77]) and four times higher for foreign women (OR=5.27 ; 95%CI[3.41-8.15]). The proportion of life spent in mainland France reduced the non-screening risk for foreign women, but differences between FFP and FfP or foreigners remained, even after adjustment on all other individual characteristics.
    Conclusion – More specific strategies need to be implemented in order to reduce immigration-related inequalities in cervical screening.

    Key words : screening, cervical cancer, women’s health, migration characteristics, Paris metropolitan area 
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    Anne Jolivet
    Auteur correspondant : Pierre Chauvin (chauvin@u707.jussieu.fr)
    Inserm U707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie Paris-6, UMR S 707, Paris, France

    Summary

    Objectives – 1) To estimate the burden of health-related determinants among those of immigration in French Guiana 2) To compare the health status of the populations living in French Guiana according to their immigration status 3) To describe and estimate pendular migration for health care in Saint-Laurent du Maroni (SLM)’s hospital.
    Methods – A representative, population-based, cross-sectional survey was conducted among 1,027 adults (􀀪18 years old), living in Cayenne or SLM. Logistic regression models were conducted to compare three health status indicators (self-perceived health, chronic diseases and functional limitations) according to immigration status. The studies conducted in SLM’s hospital were based on a random sample of patients who sought medical treatment at the Emergency Department (n=286), and on a consecutive sample of women who gave birth in the Maternity ward (n=264). Pendular migrants were those who reported their main residence in Suriname. All studies were conducted between February and April 2009.
    Results – Immigrants account for 40.6% and 57.8% of the adult population of Cayenne and SLM, respectively. Health was stated as a cause of migration or installation in French Guiana by 3.1% of immigrants. Undocumented immigrants reported the worst health indicators. In SLM’s hospital, pendular migrants represented 4.6% of the patients who consulted the Emergency Department and 12.5% of the women who gave birth in the Maternity ward.
    Conclusion – Migration for care accounted for only a minority of migration movements to French Guiana. In SLM’s hospital, pendular migration for care was limited and first of all reflected disparities in access to adequate health care between Suriname and French Guiana.

    Key words : immigrant, French Guiana, health status, migration for care
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