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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 23/05/2012

BEH n°18-19/2012

23/05/2012
Numéro thématique - Le bronzage artificiel : une menace bien réelle, mais évitable, pour la santé publique

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Le numéro (pdf- 426,20 Ko)

 
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    Jean Civatte et al.
    Membres de l’Académie nationale de Médecine

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    Christophe Léon (christophe.leon@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis, France

    L’exposition aux rayonnements ultraviolets (UV) artificiels a augmenté ces dernières années en Europe. Toutefois, en France, il existe peu d’information sur l’exposition de la population. Cet article présente les résultats issus du Baromètre cancer 2010 concernant la proportion d’utilisateurs d’UV artificiels en France, leurs caractéristiques, la fréquence d’utilisation ainsi que leur niveau d’information et de connaissance sur les risques liés à ce type d’expositions.
    Il s’agit d’une enquête par sondage aléatoire à deux degrés (ménage puis individu). Le terrain de l’enquête s’est déroulé du 3 avril au 7 août 2010 auprès de 3 359 personnes âgées de 15 à 75 ans.
    En 2010, 13,4 % des Français déclarent avoir déjà utilisé des UV artificiels au moins une fois au cours de leur vie, et pour 3,5 % au cours des 12 derniers mois. La pratique au cours des 12 derniers mois concerne surtout les femmes (5,0 %) et les populations jeunes, en particulier les 20-25 ans (9,9 %). Par ailleurs, 3,5 % des moins de 18 ans déclarent y avoir eu recours au cours de leur vie alors que la fréquentation des cabines UV est interdite aux mineurs. Un tiers des utilisateurs déclare une fréquence d’exposition supérieure à 10 fois par an. Les lieux les plus fréquents sont les salons esthétiques (50 %) et les centres de bronzage (46 %). Seulement 49,2 % des personnes interrogées se sentent bien informés sur les risques de cancer associés aux UV. Certaines idées fausses sur les bienfaits supposés de telles expositions ont cours au sein de la population. Un quart des personnes interrogées pense que l’exposition aux UV artificiels prépare la peau au soleil et permet d’éviter les coups de soleil. Ainsi, une prise de conscience de la population apparaît nécessaire pour lutter contre les idées fausses sur les risques associés à cette pratique. Cette première enquête sur l’exposition de la population en France aux UV artificiels a permis de mieux identifier quantitativement et qualitativement les utilisateurs et de dresser un premier état des lieux des pratiques, de la connaissance et de la perception des risques par la population générale en France en matière d’UV artificiels. Cette étude doit contribuer à proposer des pistes de travail en termes de prévention des risques de cancer liés aux UV artificiels.

    Mots-clés : UV artificiels, enquête, exposition, connaissances, croyances
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    Mathieu Boniol (mathieu.boniol@i-pri.org) et al.
    International Prevention Research Institute, Lyon, France

    Objectif – Quantifier l’impact de l’exposition aux UV artificiels sur l’incidence des mélanomes cutanés en France et sur la mortalité.
    Méthodes – Nous avons estimé la fraction attribuable à partir des dernières données de prévalence de l’exposition produites par le Baromètre cancer 2010 et d’après le risque relatif de la plus récente méta-analyse disponible (2006). Plusieurs scénarios alternatifs ont été étudiés : exposition avant 35 ans seulement, exposition au cours des 12 derniers mois, analyse fondée sur les risques de la méta-analyse de 2006.
    Résultat – Nous estimons que 4,6 % des cas de mélanomes cutanés, soit 347 cas annuels, sont attribuables à l’utilisation des cabines de bronzage. Les femmes sont les plus nombreuses à supporter ce risque et représentent environ 76 % des cas. Différents scénarios alternatifs conduisent à évaluer que chaque année, entre 91 et 350 cas de mélanomes sont dus à l’utilisation des cabines de bronzage. En supposant que les cas induits par les cabines de bronzage ont le même pronostic que ceux induits par les UV d’origine naturelle, nous estimons qu’entre 19 et 76 décès annuels sont attribuables à cette pratique.
    Conclusion – Entre 566 et 2 288 décès peuvent être attendus dans les 30 prochaines années si les expositions des Français aux cabines UV ne changent pas. Un renforcement des actions de prévention pour diminuer la pratique des UV artificiels à visée esthétique s’impose.

    Mots-clés : Cabines de bronzage, mélanome cutané, incidence, mortalité, évaluation d’impact sanitaire
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    Anne Thuret (a.thuret@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Julie Gaillot-de Saintignon (jgaillot@institutcancer.fr) et al.
    Institut national du cancer, Boulogne-Billancourt, France

    Malgré l’avancée des connaissances scientifiques qui démontrent sans ambiguïté que la pratique du bronzage en cabine UV, même encadrée par des dispositions réglementaires strictes, augmente le risque de cancer cutané, la pratique du bronzage par UV artificiels connaît en France depuis quelques années une réelle expansion.
    Selon les données du Baromètre cancer 2010, certaines idées reçues sur les bienfaits supposés des UV artificiels sont encore solidement ancrées dans la croyance populaire. Il est ainsi important de délivrer une information précise sur les dangers associés à ces expositions et de lutter contre des opinions qui banalisent et encouragent le recours à cette pratique en la présentant comme utile, voire bénéfique pour la santé.

    Mots-clés : Cabine de bronzage, UV artificiels, cancer, idées reçues
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    Johanna Fite (johanna.fite@anses.fr) et al.
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort, France

    En France, le mélanome cutané est le cancer qui connaît la plus forte augmentation d’incidence et de mortalité, notamment chez les jeunes adultes. L’exposition aux ultraviolets (UV), d’origine solaire ou artificielle, est le principal facteur de risque connu dans le développement des mélanomes et des carcinomes cutanés. La banalisation actuelle de l’offre et de l’utilisation des UV artificiels constitue donc un facteur inquiétant d’aggravation du problème de santé publique posé par les rayonnements UV.
    La réglementation française en vigueur aujourd’hui donne un cadre technique aux contrôles des appareils de bronzage artificiel, fixe des valeurs limites d’éclairement énergétique effectif maximal délivré par les appareils et en interdit l’accès aux mineurs. Cependant, la nature même du rayonnement émis par les cabines, les doses élevées d’UV autorisées, les restrictions d’usage peu contraignantes pour les personnes sensibles notamment, ainsi que le manque de moyens techniques et humains des services de contrôle, ne permettent pas de réduire le nombre d’évènements sanitaires associés à la fréquentation des cabines UV.
    Ainsi, il devient nécessaire de mettre en oeuvre de nouveaux moyens qui permettront de mener une politique de santé publique efficace en prenant en compte le rapport coût-efficacité du système défini, au regard des objectifs de santé publique fixés. Ces moyens devront être préalablement évalués et s’inscrire dans une action globale de réduction des expositions aux UV (artificiels et naturels).

    Mots-clés : Appareil de bronzage, ultra-violets (UV) artificiels, réglementation, contrôle
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    Annabel Rigou (a.rigou@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Pascal Empereur-Bissonnet (p.empereur-bissonnet@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

 
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    Jean Civatte et al.
    Membres de l’Académie nationale de Médecine

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    Christophe Léon (christophe.leon@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis, France

    Exposure to artificial UV radiation has increased in Europe in recent years. However, in France, little information is available to determine the exposure of the population. This article presents the results from the ‘Baromètre cancer 2010’ concerning the proportion of users of artificial UV in France, the frequency of use, their characteristics, and the level of information and knowledge on the risks associated with these types of exposure. A two stage random sampling survey (household, individual) was performed from 3 April 2010 to 7 August 2010 on a sample of 3,359 people aged from 15 to 75 years old.
    In 2010, 13.4% of the French population reported having used artificial UV radiation at least once in their lifetime, and 3.5% of the total population reported the use of artificial UV radiation over the last twelve months. This pattern of exposure is most commonly seen among females (5.0%) and young population between 20-25 years old (9.9%). In addition, 3.5% of those younger than 18 years report having attended UV booths at least once during their lifetime even though they are forbidden to minors. Moreover, more than one third of users reported more than 10 exposures within a year. The places of exposure most often cited were beauty salons (50%) and tanning centres (46%). Only 49.2% of those surveyed felt that they were well informed on the risks of cancer associated with UV booths. Furthermore, the population was found to have misconceptions about artificial UV radiation. One quarter of the population surveyed believe that artificial UV radiation use before vacation protects the skin from sunburn. Thus, an awareness of the population appears necessary to fight against these false beliefs about the risks associated with this practice. This first survey on UV artificial exposure performed in France has better quantified and characterised the users. It has also defined the state of knowledge and the perception of risk by the general French population concerning the exposure to artificial UV radiation. This work will contribute to determine actions of prevention to reduce cancer risk induced by sun booths exposure.

    Key words : Artificial UV radiation, survey, exposure, misconceptions, beliefs
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    Mathieu Boniol (mathieu.boniol@i-pri.org) et al.
    International Prevention Research Institute, Lyon, France

    Objectives – Quantify the impact of artificial ultraviolet exposure from sunbeds on cutaneous melanoma incidence and mortality in France.
    Methods – We estimated the attributable fraction (AF) from the latest prevalence data reported in the ‘Baromètre cancer 2010’, and from the relative risk of the most recent meta-analysis. We investigated the AF in several alternative scenarios: first exposure before 35 years of age, exposure in the preceding 12 months, analysis based on relative risks of the 2006 meta-analysis.
    Results – We estimated that 4.6% of cutaneous melanoma cases (347 annually) are caused by sunbed use. The burden is mainly borne by women who represent 76% of all these cases. From several alternative scenarios which provided estimation ranges, we estimated that between 91 to 350 melanoma cases annually could be attributed to sunbed use. Under the assumption that cases attributed to sunbed have the same prognosis as other cases, between 19 et 76 deaths from melanoma annually could be attributed to sunbed use.
    Conclusion – Cumulating the burden of sunbed over 30 years, between 566 to 2,288 deaths attributed to sunbed use could be expected in France if no change in exposure occurs. A strengthening of prevention measures should be enforced to reduce sunbed exposure for aesthetic purposes.

    Key words : Sunbeds, melanoma, incidence, mortality, health impact assessment
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    Anne Thuret (a.thuret@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Julie Gaillot-de Saintignon (jgaillot@institutcancer.fr) et al.
    Institut national du cancer, Boulogne-Billancourt, France

    Despite unambiguous scientific evidence that demonstrate the dangers of artificial UV sources for tanning purpose in terms of increased risk of skin cancer, even if this activity is controlled by regulation, the use of tanning devices has been growing during the last past years in France. According to the data from the “Baromètre cancer 2010”, misconceptions on supposed benefits of artificial sunbeds are still commonly admitted. It is thus important to deliver accurate information on the dangers associated with this practice, and to counter beliefs that make it commonplace, encourage it, and present it as useful and beneficial for health.

    Key words : Artificial sunbeds, artificial UV sources, cancer, misconceptions
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    Johanna Fite (johanna.fite@anses.fr) et al.
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort, France

    In France, cutaneous melanoma is currently the cancer with the fastest increase in both incidence and mortality, particularly among young adults. Exposure to ultraviolet (UV) radiation from the sun or artificial sources is the major known risk factor for developing melanoma and carcinoma skin cancers. The increased availability and use of artificial UV tanning beds is an alarming factor in the growing public health problem posed by UV radiation.
    The current French regulations provide a technical framework that control artificial tanning equipment, set limit values for artificial UV irradiance from equipment, and prohibit its use by minors. However, the high UV doses allowed, the lenient restrictions on use, especially for sensitive persons, and the lack of technical and human resources in inspection services, make it impossible to reduce the number of health events associated with the use of sunbeds.
    Thus, it becomes necessary to find new ways of implementing an effective public health policy, which takes into account the cost-effectiveness of the system, with regard to the new public health objectives set. These methods will have to first be evaluated and will be part of an overall programme for reducing exposure to UV radiation (artificial and natural).

    Key words : Tanning equipment, sunbeds, artificial ultraviolet radiation (UV), regulations, controls
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    Annabel Rigou (a.rigou@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Pascal Empereur-Bissonnet (p.empereur-bissonnet@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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