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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 24/04/2012

BEH n°16-17/2012

24/04/2012

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Le numéro (pdf- 3,16 Mo)

 
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    Michel Vernay (michel.vernay@univ-paris13.fr) et al,
    Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen), Institut de veille sanitaire, Université Paris 13, Bobigny, France

    Résumé

    Introduction – L’objectif était de décrire la prévalence du déficit en vitamine D et ses facteurs associés dans la population adulte vivant en France métropolitaine.
    Méthodes – L’Étude nationale nutrition santé (ENNS), réalisée en 2006-2007, comportait un recueil des données sociodémographiques et de consommations alimentaires, des mesures anthropométriques (poids, taille) et un prélèvement sanguin. La 25-hydroxyvitamine D sérique (25(OH)D) a été dosée. Les facteurs associés aux risques de déficit « modéré à sévère » (<20 ng/ml) ou « sévère » (<10 ng/ml) ont été identifiés par régression logistique multivariée.
    Résultats – Les analyses ont porté sur 1 587 adultes ne prenant pas de traitement médicamenteux à base de vitamine D. La concentration moyenne en 25(OH)D était de 23,0 ng/ml [22,3-23,6] ; 80,1 % [77,0-82,8] des adultes présentant une insuffisance (<30 ng/ml), 42,5 % [39,1-45,9] un déficit modéré à sévère, et 4,8 % [3,6-6,3] un déficit sévère. Le risque de déficit modéré à sévère était associé au fait d’être né hors d’Europe (ORa=2,1, p<0,02), de ne pas partir en vacances (ORa=1,7, p<0,01), d’avoir un niveau d’activité physique bas (ORa=1,9, p<0,01), d’être sédentaire (ORa=1,6, p<0,01) et de résider dans une zone à faible ensoleillement (ORa=2,7, p<0,01). Le risque de déficit sévère était associé au fait d’être né hors d’Europe (ORa=10,7, p<10-3), de vivre seul (ORa=2,8, p<10-3) et de ne pas partir en vacances (ORa=4,6, p<10-3) mais était indépendant du niveau d’activité physique et de sédentarité.
    Conclusion – En France, les déficits sévères en vitamine D sont peu fréquents et concernent des populations vulnérables (faible statut socioéconomique et exposition solaire réduite). Les déficits modérés sont en revanche fréquents. La modification de certaines habitudes de vie, notamment l’augmentation de l’activité physique, devrait permettre de réduire leur prévalence.

    Mots-clés : Vitamine D, surveillance nutritionnelle, enquête nationale, adultes, habitudes de vie
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    Maud Ginsbourger (maud.ginsbourger@ars.sante.fr) et al,
    Cellule de l’InVS en région (Cire) Midi-Pyrénées, Toulouse, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain (Profet), Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Le 15 novembre 2010, 3 cas de toxoplasmose confirmés de la même famille étaient signalés à l’Agence régionale de santé Midi-Pyrénées. Le seul repas commun le 3 octobre 2010, avec consommation d’agneau peu cuit, faisait suspecter une toxi-infection alimentaire collective (Tiac). Les cas groupés de toxoplasmose étant rares, des investigations ont été menées afin de documenter l’épisode.
    Les données épidémiologiques, cliniques et sérologiques ont été recueillies pour les participants au repas commun. Le génotypage de la souche isolée dans l’aliment suspecté a été réalisé ainsi qu’une enquête de traçabilité.
    Les 5 personnes susceptibles parmi les 7 personnes exposées au repas présentaient une toxoplasmose évolutive récente (taux d’attaque 100 % ; âge moyen 21 ans) non compliquée. L’analyse génotypique de l’ADN de la moitié du gigot congelée a révélé un génotype II. L’élevage d’origine de l’agneau n’a pu être identifié.
    Nos investigations ont permis de décrire une Tiac à toxoplasmes de taille limitée et de déterminer l’origine de la contamination. Il est cependant possible que d’autres cas n’aient pas été signalés, l’infection étant le plus souvent asymptomatique. Les toxi-infections alimentaires à toxoplasmes sont peu documentées et l’information sur la possibilité de contamination par viande de mouton mal cuite devrait être plus largement diffusée.

    Mots-clés : Tiac, toxoplasmose, agneau, enquête épidémiologique, France
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    Alexandra Mailles (a.mailles@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Contexte – Les encéphalites infectieuses sont des affections rares mais graves dont la cause est rarement identifiée.
    Méthode – Nous avons mené une étude prospective multicentrique descriptive en France métropolitaine en 2007 pour identifier le diagnostic étiologique des encéphalites infectieuses. Un cas était défini comme un patient hospitalisé avec des signes d’infection aiguë, une anomalie du liquide céphalo-rachidien, une fièvre et des signes neurologiques centraux. Une exploration étiologique standardisée était effectuée.
    Résultats – Ont été inclus 253 cas dont 131 (52 %) avec une étiologie identifiée. Les agents étiologiques les plus fréquents étaient le virus herpes simplex (HSV), le virus varicella zoster (VZV), Mycobacterium tuberculosis et Listeria monocytogenes. Vingt-six cas sont décédés et 145 ont gardé des symptômes après l’hospitalisation.
    Conclusion – Cette étude souligne l’importance de virus (HSV et VZV) mais aussi de certaines bactéries dans l’épidémiologie des encéphalites infectieuses. Ces causes fréquentes doivent être prises en compte pour améliorer la prise en charge et le pronostic des patients atteints de ces affections.

    Mots-clés : Encéphalites infectieuses, épidémiologie, France, virus herpes simplex, virus varicella zoster
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    Dans l’article « Intoxications par le monoxyde de carbone en Île-de-France en 2010 » paru dans le BEH n° 10-11 du 6 mars 2012, le Tableau 3 page 137 est présenté de manière erronée.

 
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    Michel Vernay (michel.vernay@univ-paris13.fr) et al,
    Unité de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Usen), Institut de veille sanitaire, Université Paris 13, Bobigny, France

    Abstract

    Introduction – To describe factors associated with vitamin D deficiency in adults living in continental France.
    Methods – Data came from the French Nutrition and Health Study (ENNS) carried out in 2006-2007. Sociodemographic data and food intakes were collected. The health examination included measurements of weight and height, as well as the collection of a blood sample. Serum 25-hydroxyvitamin D (25(OH)D) was measured. Vitamin D insufficiency was defined as <30 ng/ml. Factors associated with moderate to severe deficiency (<20 ng/ml) and to severe deficiency (<10 ng/ml) were identified using multivariate logistic regressions.
    Results – A total of 1,587 adults with complete data were included in the present analysis, after exclusion of adults treated by medications with vitamin D. The mean serum concentration of 25(OH)D was 23.0 ng/ml [22.3-23.6] and the overall rate of insufficiency in 25(OH)D was 80.1% [77.0-82.8], including 42.5% [39.1-45.9] with moderate to severe deficiency and 4.8% [3.6-6.3] with severe deficiency. Moderate to severe deficiency was independently associated with birthplace outside Europe (ORa=2.1, p<0.02), no holiday in the past 12 months (as a proxy of poor socioeconomic status) (ORa=1.7, p<0.01), low level of physical activity (ORa=1.9, p<0.01), sedentary lifestyle (ORa=1.6, p<0.01), and reduced sunshine (ORa=2.7, p<0.01). Severe deficiency was independently associated with birthplace outside Europe (ORa=10.7, p<10-3), living alone (ORa=2.8, p<10-3) and no holiday during the past 12 months (ORa=4.6, p<10-3), but was no longer associated with physical activity.
    Conclusion – The most severe form of vitamin D deficiency is not common in the French adult population and affects specific populations charac terized by low socioeconomic status and reduced sun exposure. The moderate to severe form of vitamin D deficiency is more common, but improvements in lifestyle behaviours, such as physical activity, should contribute to reduce its prevalence.

    Key words : Vitamin D, nutritional surveillance, national survey, adults, lifestyle
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    Maud Ginsbourger (maud.ginsbourger@ars.sante.fr) et al,
    Cellule de l’InVS en région (Cire) Midi-Pyrénées, Toulouse, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain (Profet), Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Abstract

    On 15 November 2010, 3 confirmed cases of toxoplasmosis of the same family were reported to the Midi-Pyrénées Regional Health Agency. A collective outbreak of food poisoning was suspected with regard to the single common meal taken on 3 October 2010 that included undercooked lamb’s leg. Clusters of toxoplasmosis cases are rare; therefore, investigations on the episode were conducted.
    Epidemiological, clinical and serological data were collected from the participants in the meal. Genotyping of the strain isolated in the suspected food was performed as well as a traceability investigation.
    All five sensitive people of the seven persons exposed during the meal had a recent uncomplicated evolutionary toxoplasmosis (attack rate 100 %; mean age 21 years). DNA genotyping in the frozen half lamb’s leg revealed a type II. The farm of origin of the lamb could not be identified.
    Our investigations contributed to describe a Toxoplasma food poisoning limited in size, and to determine the origin of the contamination. However, other cases may have gone unnotified, considering the infection is usually asymptomatic. Toxoplasma foodborne illnesses are poorly documentedand information on the possibility of contamination due to insufficiently cooked lamb meat should be spread more widely.

    Key words : Foodborne infection, toxoplasmosis, lamb, investigation, France
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    Alexandra Mailles (a.mailles@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Context – Infectious encephalitis are rare but severe diseases. Their causative agent is rarely identified.
    Method – We designed a prospective multicenter descriptive study in mainland France in 2007 to improve the etiological diagnosis of infectious encephalitis. A case was defined as a patient hospitalized with acute infection, abnormal result in the cephalospinal fluid, fever and central neurological signs. Extensive etiological investigation was carried out in all patients.
    Results – 253 cases were enrolled of whom 131 (52%) had a causative agent identified. The most frequent identified micro-organisms were herpes simplex virus (HSV), varicella zoster virus (VZV), Mycobacterium tuberculosis and Listeria monocytogenes. 26 cases died and 145 still reported symptoms on discharge.
    Conclusion – This study emphasizes the importance of virus previously recognized as major causes of encephalitis (HSV and VZV), but also of some bacteria. These frequent causes should be considered to improve the management of patient and the outcome of encephalitis.

    Key words : Infectious encephalitis, epidemiology, France, herpes simplex virus, varicella zoster virus
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