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Impact sanitaire de l'exposition à l'amiante

Publié le 21/02/2013

Dispositifs de surveillance

Depuis sa création en 1998, le département santé travail de l’InVS a développé des dispositifs de veille et de surveillance épidémiologique spécifiquement orientés vers les risques professionnels liés à l’amiante :

  • Ev@lutil
  • Matgéné
  • PNSM (et Mesonat)
  • ESPrI
  • DO mésothéliome
  • Suivi épidémiologique des victimes connues du Fiva

Base de données Ev@lutil : évalution des expositions professionnelles aux fibres

Evalutil est une base de données qui constitue un outil d'aide à l'évaluation des expositions professionnelles aux fibres d'amiante et aux autres fibres : fibres minérales artificielles (FMA), englobant les laines minérales (verre, roche, laitier), les fibres céramiques réfractaires (FCR), les filaments continus de verre et les fibres de verre à usage spécial (ou microfibres).

Cette base est constituée de données descriptives et métrologiques concernant les situations d’expositions à l'amiante et aux FMA qui sont recueillies de manière systématique dans la littérature et auprès d'organismes et laboratoires spécialisés. Elle est accessible à tous, en français et en anglais, depuis le site de l’Isped : (http://etudes.isped.u-bordeaux2.fr/evalutil003/).

La documentation des niveaux des expositions permet de :

  • repérer les situations de travail exposant aux fibres, et d’orienter la mise en œuvre des mesures préventives d'hygiène industrielle et la surveillance médicale des travailleurs exposés ;
  • progresser dans la connaissance des effets de l'inhalation de ces différents types de fibres sur la santé, grâce aux études épidémiologiques.

Elle contribue en particulier à l'élaboration, dans le cadre du projet Matgéné, des matrices emploi-exposition aux fibres étudiées, qui sont ensuite mises en ligne sur le site Evalutil.

La coordination générale du programme Evalutil est assurée par le département santé travail (DST) de l’InVS. La responsabilité scientifique d’Evalutil est partagée avec le Laboratoire santé-travail-environnement (LSTE) de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped) de l’Université de Bordeaux.

  • En savoir plus :

Rolland P, Goldberg M, Orlowski E, Ducamp S, Audignon Durand S, Brochard P. Base de données Ev@lutil. Evaluation des expositions professionnelles aux fibres. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire; 2005. 49 p.

Accès à la base de données Evalutil.

Programme Matgéné : matrices emplois-expositions

Dès les années 2000, l’InVS, en collaboration avec des partenaires universitaires, a initié la mise en place d’un programme dénommé Matgéné destiné à élaborer des matrices emplois-expositions, applicables à la population générale, c’est-à-dire couvrant toutes les formes d’emplois et tous les métiers ayant pu exister à partir des années d’après-guerre. Grâce au croisement de ces matrices avec des échantillons de population représentatifs, il est possible d’évaluer la prévalence d’exposition professionnelle à certaines nuisances en tenant compte de l’ensemble de la carrière professionnelle. Parmi les nuisances déjà étudiées, on trouve les solvants pétroliers et les solvants chlorés, les fibres de laine minérale, les poussières alvéolaires de ciment, les poussières de cuir et de farine, la silice et l’amiante ainsi que les fibres minérales artificielles (laines minérales et fibres céramiques réfractaires).

La matrice emplois-expositions "amiante", initialement développée d’après des résultats d’évaluation d’exposition dans des études épidémiologiques, a été révisée en 2010 afin de répondre aux mêmes exigences d’exhaustivité que les matrices produites dans le cadre du programme Matgéné. Cette révision a été réalisée en collaboration avec l’Essat (unité mixte InVS-Université Bordeaux 2) et avec des services universitaires de médecine du travail (Paris et Nancy).

Cette matrice permet d’une part de décrire l’exposition à l’amiante dans la population et son évolution et, d’autre part, de mieux préciser les estimations de nombre de pathologies cancéreuses attribuables à l’exposition professionnelle à l’amiante en France.

  • En savoir plus :

Lacourt A, Brochard P, Ducamp S. Éléments techniques sur l'exposition professionnelle aux fibres d'amiante - Matrice emplois-expositions aux fibres d'amiante. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 14 p.

Lacourt A, Brochard P, Houot M. Présentation d’une matrice emplois-expositions aux fibres d’amiante – Quelques applications à un échantillon de population en France. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 6 p.

Dossier thématique Matrice emplois-expositions.

Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) et registre Mesonat

Le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM), placé sous la responsabilité scientifique de l’InVS, a été engagé en 1998 à la demande de la Direction des relations du travail (aujourd’hui Direction générale du travail - DGT) et de la Direction générale de la santé (DGS). Il associe plusieurs équipes aux compétences complémentaires coordonnées par le département santé travail (DST) de l’Institut de veille sanitaire (InVS). Il constitue un système de surveillance épidémiologique des effets de l’amiante sur la santé de la population française, à travers le suivi permanent du mésothéliome pleural. Il a pour objectif :

  • d'estimer l'incidence du mésothéliome en France ;
  • d'étudier la proportion de cas attribuables à une exposition à l'amiante ;
  • de contribuer à la recherche d'autres facteurs étiologiques ;
  • d'étudier, dans le cadre d'un volet médico-social, les éventuels obstacles à la réparation du mésothéliome comme maladie professionnelle.

Ce système repose sur l’enregistrement exhaustif des tumeurs primitives de la plèvre incidentes, dans 22 départements métropolitains ainsi que Lille et sa région, touchant ainsi environ 18 millions de personnes, soit 30 % de la population française

Dans chacun des départements, une procédure active de signalement des cas de tumeur primitive de la plèvre est mise en place auprès de l’ensemble des structures médicales spécialisées, afin de garantir une connaissance exhaustive des cas dès que le diagnostic est posé. Une procédure standardisée de confirmation anatomopathologique et clinique du diagnostic est ensuite utilisée pour tous les cas signalés.

Par ailleurs, un questionnaire standardisé est complété pour chaque cas signalé. Il permet la reconstitution de tous les domiciles et établissements scolaires fréquentés, du calendrier professionnel, avec les tâches effectuées au cours de chaque emploi, ainsi que la description des activités extraprofessionnelles (bricolage, formation technique par exemple). Lorsque le sujet est décédé, un questionnaire simplifié est complété par un proche. Les réponses à chaque questionnaire sont ensuite analysées par des experts en hygiène industrielle et environnementale, afin d’obtenir de façon semi-quantitative (durée, intensité et probabilité), une évaluation d’exposition vie entière à l’amiante pour chaque malade. D’autres facteurs de risque potentiels sont également expertisés grâce à ces questionnaires.

Enfin, une évaluation du processus de reconnaissance du mésothéliome pleural en maladie professionnelle ainsi que du recours au Fiva est réalisée.

Les principaux résultats déjà acquis par le PNSM concernent :

  • l’estimation du nombre annuel de cas incidents de mésothéliome ;
  • l’identification et la quantification des secteurs industriels et des professions présentant les plus hauts risques ;
  • le calcul de la fraction de risque de mésothéliome attribuable à une exposition professionnelle à l’amiante.

Divers travaux s’intéressent aussi aux résultats de l’expertise anatomopathologique et de l’expertise clinique ; ils ont permis d’apporter une contribution originale à la connaissance des diverses formes du mésothéliome pleural.

Enfin l’évaluation régulière du processus d’indemnisation des mésothéliomes au titre des maladies professionnelles permet de repérer les obstacles à la reconnaissance de cette pathologie professionnelle.

En 2006, en complément des activités de surveillance du PNSM, le registre Mesonat (registre multicentrique du mésothéliome à vocation nationale) a été mis en place sous la responsabilité du Pr F. Galateau-Sallé (CHU Caen). Ce registre dispose d’un enregistrement exhaustif de cas strictement validés sur le plan anatomopathologique et sa vocation est de développer des activités de recherche.

  • En savoir plus :

Gilg Soit Ilg A, Goldberg M, Rolland P, Chamming‘s S, Ducamps S et al. Programme national de surveillance du mésothéliome – Principaux résultats 1998-2006. Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire. 2009, 24 p.

Le registre Mesonat.

ESPrI : épidémiologie et surveillance des professions indépendantes

À la suite d’une première étude intitulée Espaces (Étude de suivi post-professionnel amiante en CES), réalisée avec la collaboration des Centres d’examen de santé (CES) de la Sécurité sociale et coordonnée par le département Santé-Environnement de l’InVS en association avec l’Inserm, l’InVS avait recommandé le développement de programmes de suivi post-professionnel. Cette recommandation a entraîné la mise en place de deux programmes indépendants et étroitement coordonnés :

  • Spirale, auprès de la population des salariés retraités ayant été exposée à l'amiante et aux poussières de bois. Ce programme est sous la responsabilité de l'équipe RPP-C - unité 1018 de l’Inserm en liaison avec la CnamTS. On trouvera les détails sur le site de Spirale : http://www.spirale.rppc.fr/accueil.htm ;
  • Le programme "Surveillance post-professionnelle (SPP)" du département santé environnement de l’InVS sous la forme du projet ESPrI qui concerne la population des artisans retraités.

Ces deux programmes poursuivent le même double objectif auprès de deux populations professionnelles différentes :

  • une intervention de santé publique avec le repérage des retraités ayant été exposés, afin de les faire bénéficier d’un suivi médical ;
  • une contribution aux connaissances, avec une surveillance épidémiologique des retraités repérés à travers une cohorte de volontaires, dans le but de décrire les expositions vie entière et les effets à long terme sur la santé et d’évaluer l’impact de ce système de surveillance en termes de bénéfices éventuels de santé et d’indemnisation.

Le programme ESPrI a été mis en place en 2005 dans trois régions en collaboration avec le Régime social des indépendants (RSI) : Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes,. Pour l’Aquitaine : en Dordogne (24), Gironde (33), Landes (40), Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Atlantiques (64) ; pour le Limousin : Corrèze (19), Creuse (23), Haute-Vienne (87) ; pour le Poitou-Charentes : Charente (16), Charente-Maritime (17), Deux-Sèvres (79), Vienne (86). Chaque année, les nouveaux retraités de l’année précédente étaient invités à participer au programme. En 2007, quatre nouvelles régions ont rejoint le dispositif : la Basse-Normandie (Calvados, Manche, Orne) ; le Nord-Pas-de-Calais (Nord et Pas-de-Calais), la Picardie (Aisne, Oise, Somme), la Haute-Normandie (Eure, Seine-Maritime). Les inclusions ont été suspendues en 2010 et n’ont pas repris à ce jour.

  • En savoir plus :

Goulard H, Homère J. Programme de surveillance post-professionnelle des artisans ayant été exposés à l’amiante (ESPrI). Retraités entre 2004 et 2008, artisans du Régime social des indépendants (RSI). Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2012. 93 p.

Programme ESPrI

Déclaration obligatoire (DO) des mésothéliomes

La DO mésothéliome a été mise en place en janvier 2012 à la demande du ministère de la Santé (décret n°2012-47 du 16 janvier 2012 complétant la liste des maladies faisant l'objet d'une transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire, arrêté du 6 février 2012). Ce décret fait suite à l’avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) d’octobre 2010 de renforcer la surveillance des mésothéliomes dans les zones non couvertes par le PNSM ainsi que des mésothéliomes localisés hors plèvre (soit 12% à 15% des cas), et d’améliorer la connaissance des cas liés à des expositions environnementales. La DO mésothéliome est inscrite dans le Plan cancer 2009-2013 (mesure 9.1). Elle concerne les mésothéliomes de tous les sites anatomiques (plèvre, péritoine, péricarde, vaginale testiculaire), soit environ 800 à 1 200 cas par an. Elle s’impose à tous les médecins, pathologistes et cliniciens, qui en font le diagnostic.

Les objectifs de cette DO, complémentaires de ceux du Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM), sont les suivants :

  • renforcer la surveillance épidémiologique des mésothéliomes de tous sites anatomiques (plèvre, péritoine et autres localisations) dans toute la France (métropole et outre-mer) ;
  • mieux comprendre les facteurs d’exposition notamment environnementaux dans trois populations ciblées représentant environ 300 cas par an : les mésothéliomes survenant chez les femmes, chez les moins de 50 ans et les mésothéliomes extrapéritonéaux et notamment du péritoine. Ces cas, identifiés par la notification, feront ensuite l’objet d’une enquête d’exposition permettant notamment d’approfondir la connaissance de leurs possibles origines environnementales.

L’organisation et le traitement du système de notification et des enquêtes sont assurés par l’InVS (département Santé-Travail en collaboration avec le département santé environnement). Le système de notifications devra être opérationnel et performant (proche de l’exhaustivité) lors du démarrage des enquêtes. Ainsi, l’année 2012 est consacrée à la mise en place du dispositif de notification dans toutes les régions métropolitaines et ultramarines, accompagnée par le DST avec l’appui des Cire. Les cellules de veille et de gestion sanitaires des alertes des agences régionales de santé sont les acteurs réglementaires pour le traitement des fiches de notification au niveau de chaque région. Les réseaux régionaux de cancérologie sont fortement impliqués en tant que relais d’information des médecins potentiellement déclarants au niveau régional. Le démarrage des enquêtes est envisagé en 2013. Les travaux préparatoires sont menés dans le cadre d’un groupe de travail de l’InVS impliquant des spécialistes des enquêtes PNSM. La réalisation des enquêtes DO est une mission des Cire. Cependant des solutions alternatives (équipe PNSM, Réseau régional de cancérologie, registre de cancers…) seront possibles dans certaines régions pour prendre en charge ces enquêtes. Le DSE traitera les différents types d’exposition environnementale :

  • environnement extérieur sites polluants ou ayant pollué ;
  • environnement extérieur sites naturels ;
  • bricolage ;
  • domestique ;
  • paraprofessionnelle ;
  • intramurale passive (désamiantage…).

La procédure de notification est décrite dans le dossier "DO mésothéliome". Les documents nécessaires à la déclaration sont téléchargeables depuis ce dossier.

  • En savoir plus :

Chérié Challine L, Imbernon E. Déclaration obligatoire des mésothéliomes. Résultats de la phase pilote et recommandations pour le déploiement. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire; 2012. 85 p.

Chérié-Challine L, Imbernon E. Déclaration obligatoire des mésothéliomes : contexte, résultats de la phase pilote, perspectives. BEHWeb 2012 (1).

Suivi des victimes de l’amiante connues par le Fiva

Le département santé travail de l’InVS a mis en place, en partenariat avec le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva), un suivi épidémiologique des personnes identifiées comme victime de l’amiante par le Fiva, afin de disposer d’informations sur leur devenir sanitaire.

Ce suivi repose sur la reconstitution de la cohorte de l’ensemble des victimes recensées par le fonds depuis 2004, et l’analyse régulière de la mortalité observée dans cette population. Depuis la mise en place du Fiva en 2002 et jusqu’en 2008, 40 000 victimes (toutes pathologies confondues) auraient été identifiées.

Ce projet a pour objectif d’évaluer, chez les victimes atteintes de pathologies bénignes (notamment de plaques pleurales), la mortalité ultérieure par cancer, et sur l’ensemble de cette population l’impact de l’amiante en termes d’années de vie perdues. Ce projet commencé en 2009 produira ses premiers résultats en 2012, portant sur quelques années de recul. Il fournira des données épidémiologiques utiles sur une population et une problématique (les victimes et leur devenir) peu documentées jusqu’ici.

  • En savoir plus : Rapport du bilan de l’étude de faisabilité 2009

Dossier Impact sanitaire de l'exposition à l'amiante

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