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Déclaration obligatoire des mésothéliomes

Publié le 05/06/2014

Bulletin national du réseau de surveillance

Déclaration des mésothéliomes diagnostiqués en 2012 - Situation au 30 avril 2013

Point sur le lancement des enquêtes d'exposition

bandeau bulletin rétro-information déclaration obligatoire des mésothéliomes

  • Les mésothéliomes sont la 31e maladie à déclaration obligatoire (décret n°2012-47). La déclaration concerne tous les médecins (pathologistes et cliniciens) exerçant en France métropolitaine ou ultra-marine, posant un diagnostic de mésothéliome, quel qu’en soit son site anatomique. Cette déclaration concerne tous les cas diagnostiqués depuis le 1er janvier 2012.
  • La déclaration obligatoire (DO) des mésothéliomes est un système venant renforcer la surveillance épidémiologique, en complément du Programme national de surveillance des mésothéliomes (PNSM), qui concerne exclusivement la plèvre dans 21 départements.
  • A la date du 30 avril 2013, 618 cas de mésothéliomes diagnostiqués entre le 1er janvier et le 31 décembre 2012 ont été déclarés.
  • Il existe des différences importantes dans le niveau d’exhaustivité atteint par région. Au 30 avril 2013, un tiers étaient proches de l’exhaustivité, et au niveau national, l’exhaustivité se situait entre 51 et 77 %, en référence à l'ordre de grandeur du nombre de nouveaux cas annuels attendus (800 à 1 200).
  • Ces premières analyses doivent permettre d’orienter les actions de sensibilisation à mener dans chaque région, pour renforcer encore la participation de l’ensemble des pathologistes et cliniciens, et leur déclaration à l'ARS de tous les nouveaux cas diagnostiqués depuis 2012, pour un intérêt partagé de santé publique.
  • Des enquêtes d’exposition sont mises en place dans neuf régions volontaires, en janvier 2014, pour améliorer les connaissances dans trois populations (hors plèvre, plèvre-femmes, plèvre-hommes<50 ans). Elles dureront un an. En cas de test positif, elles devraient être déployées progressivement sur tout le territoire national.

La DO des mésothéliomes est mise en place à la demande du ministère de la santé pour renforcer la surveillance épidémiologique des mésothéliomes en France métropolitaine et ultra marine, en complément du PNSM (plèvre, 21 départements). Elle s’inscrit dans la lutte contre les cancers liés à l’amiante et fait partie des mesures du deuxième Plan cancer.

Le dispositif DO mésothéliomes comprend deux volets :

  1. Le premier volet doit permettre la surveillance épidémiologique nationale de l’ensemble des sites anatomiques de mésothéliomes, sur tout le territoire français métropolitain et ultramarin. Ce volet repose sur l’analyse des fiches de notifications renseignées par les médecins déclarants (pathologistes et cliniciens), traitées par les ARS, puis anonymisées et transmises à l’InVS pour la surveillance nationale.
  2. Le second volet vise à améliorer la connaissance des facteurs d’exposition dans trois populations jugées par les experts comme étant insuffisamment connues :
    - Mésothéliomes du péritoine et des autres localisations extra-pleurales : actuellement non surveillés.
    - Mésothéliomes de la plèvre chez les femmes : la part des expositions extraprofessionnelles est probablement importante. A partir des données PNSM, on retrouve une exposition professionnelle dans moins de 40 % des cas.
    - Mésothéliomes de la plèvre chez les hommes de moins de 50 ans : la durée entre le début de l’exposition professionnelle et la survenue d’un mésothéliome est d’environ 40 ans. Une durée plus courte conduit à s’interroger sur le rôle possible d’expositions notamment extraprofessionnelles.

Les premiers résultats 2012, première année de DO des mésothéliomes sont encourageants. Ils sont détaillés dans le rapport "Déclaration obligatoire des mésothéliomes : 2012, première année de fonctionnement du dispositif national". On peut considérer qu’au niveau national, au 30 avril 2013, on se situe dans une fourchette d’exhaustivité entre 51 % et 77 % mais le système fonctionne de façon inégale selon les régions. Dans près d’1/3 des régions, la participation des médecins est très satisfaisante, permettant de tendre voire atteindre l’exhaustivité. A l’inverse, dans quelques régions, la DO des mésothéliomes ne fonctionne encore pas bien.

Grâce à l’appui des sociétés savantes de professionnels concernés et des institutionnels, notamment au sein du Copil, et en lien avec ses partenaires régionaux (agences régionales de santé, réseaux régionaux de cancérologie, équipes PNSM) l’InVS a pu mettre en place efficacement le système de surveillance nationale DO des mésothéliomes. Ce système peut et doit encore être amélioré. Aussi, il est essentiel d’en poursuivre tous ensemble son développement. L’identification des actions permettant d’en augmenter sa qualité et sa pertinence est importante. Les modalités de leur mise en œuvre devront être discutées au sein du Copil, notamment pour les actions nationales mais également avec chacune des équipes projets régionale, qui disposent de la connaissance des spécificités de leur région.

Mise en garde

Les données présentées concernent la situation au 30 avril 2013, des cas incidents 2012. Ces données provisoires doivent permettre d’orienter les actions de sensibilisation encore nécessaires pour atteindre l’exhaustivité des notifications dans chaque région. Une nouvelle analyse sera produite à partir des données consolidées de mésothéliomes diagnostiqués en 2012, suite aux rattrapage des cas secondaires aux actions de relances notamment régionales auprès des médecins potentiellement déclarants.

  •  

    Sexe - Hommes : 73 % ; Femmes : 27 %

    Localisation - Plèvre : 89 % ; Péritoine : 9 % ; Vaginale testiculaire : 2 cas ; Non précisée : 9

    Sexe et localisation : Hommes - Plèvre : 92 % ; Péritoine : 7 % / Femmes - Plèvre : 83 % ; Péritoine : 14 %

     

    Nombre de cas notifiés

    Taux brut
    /100 000 hab.

    Taux standardisé Europe
    /100 000 hab.

    Taux standardisé Monde
    /100 000 hab.

    PAR SEXE

    Total

    618

    0,97

    0,66

    0,44

    Hommes

    454

    1,47

    1,07

    0,69

    Femmes

    164

    0,5

    0,34

    0,23

    Sex-ratio

    2,8

    2,9

    3,2

    3,0

    PAR LOCALISATION

    Plèvre

    553

    0,87

    0,58

    0,35

    Péritoine

    54

    0,08

    0,05

    0,05

    Autre loc. ou non précisée

    11

    -

    -

    -

  •  
    • 618 cas diagnostiqués en 2012 et déclarés jusqu’au 30 avril 2013, concernant 615 personnes domiciliées en métropole, 3 à la Réunion et aucune aux Antilles, en Guyane ou à Mayotte.
    • Ordre de grandeur du niveau d’exhaustivité de la DO atteint au 30 avril 2013 : entre 51 et 77 % (par comparaison à l'ordre de grandeur du nombre de cas attendus au niveau national : 800 à 1 200).
    • 781 fiches de notification de cas de mésothéliomes diagnostiqués en 2012 et reçues jusqu’au 30 avril 2013 par l’InVS, via les Agences régionales de santé (ARS). 
    • 74 % des cas notifiés par un pathologiste et 52 % par un clinicien.
    • Règle de notification (= déclaration par un pathologiste et par un clinicien) observée dans 1 cas sur 4.
     

    Nombre de fiches de notification

    Pourcentage
    ( par rapport aux cas déclarés, incidents 2012)

    NATURE DU MEDECIN DECLARANT

    Pathologiste

    457

    73,9 %

    Clinicien

    323

    52,3 %

    Inconnu

    1

    0,2 %

     

    Nombre de cas

    Pourcentage

    DOUBLE NOTIFICATION (=règle de notification)

    151

    24,4 %

  •  
    • La comparaison du nombre de cas diagnostiqués en 2012 et notifiés DO jusqu’au 30 avril 2013, aux données disponibles sur la situation des mésothéliomes dans la région permet d’approcher le niveau d’exhaustivité atteint.
    • Lorsque dans une région, il se situe dans l’ordre de grandeur des cas estimés par les autres sources, on peut penser que la DO tend vers l’exhaustivité des notifications.
     

    DO 2012

    *Ordre de grandeur des cas incidents(1)

    PMSI 2011

    Mortalité
     (CépiDc-Inserm)
    Décès en 2010

    Centre national de référence Anapath
    2012(2)

    Alsace

    9

    24-35

    18

    24-34

    11

    Aquitaine

    48

    41-62

    60

    53-71

    64

    Auvergne

    13

    17-26

    19

    15-22

    18

    Basse-Normandie

    13

    19-28

    56

    28-42

    25

    Bourgogne

    30

    21-32

    26

    25-37

    37

    Bretagne

    29

    41-61

    52

    40-61

    46

    Centre

    26

    33-49

    56

    45-60

    25

    Champagne-Ardenne

    6

    17-26

    17

    18-25

    18

    Corse

    0

    4-6

    4

    4-4

    3

    Franche-Comté

    9

    15-22

    18

    11-19

    6

    Haute-Normandie

    11

    23-35

    67

    55-70

    48

    Ile-de-France

    122

    150-225

    226

    173-230

    182

    Languedoc-Roussillon

    11

    33-50

    40

    32-56

    30

    Limousin

    11

    10-14

    8

    8-11

    11

    Lorraine

    22

    30-45

    43

    30-39

    23

    Midi-Pyrénées

    27

    37-55

    44

    25-45

    18

    Nord-Pas-de-Calais

    71

    52-77

    105

    78-112

    63

    PACA

    23

    63-94

    134

    85-116

    117

    Pays-de-la-Loire

    27

    45-68

    97

    61-84

    39

    Picardie

    19

    24-37

    37

    19-30

    25

    Poitou-Charentes

    23

    23-34

    19

    24-34

    23

    Rhône-Alpes

    65

    79-118

    118

    75-108

    78

    Total métropole

    615

    800-1 200

    1 264

    928-1 311

    910

    (1) Effectif national : source INCa, ordre de grandeur régional reposant sur la taille de la population et ne prenant pas en compte les différences d'exposition par région qui peuvent être importantes.
    (2) Contrairement aux autres indicateurs, la répartition régionale des cas expertisés se fait selon le lieu d'exercice du pathologiste posant le diagnostic et non le domicile du patient et peut concerner un cancer primitif ou une récidive (source : Mésopath).

Résumé

Les enquêtes d’exposition DO-Meso dans les trois populations ciblées (hors plèvre, plèvre-femmes, plèvre-homme <50ans) sont développées en complémentarité des enquêtes PNSM selon une méthodologie très proche pour permettre une analyse commune des données DO et PNSM.

Les objectifs des enquêtes DO-Meso sont de :

  • Catégoriser les cas en fonction de la nature de l’exposition (amiante et autres fibres) : professionnelle, environnementale, sans exposition identifiée.
  • Décrire les expositions environnementales (amiante et autres fibres) selon les différents types d’exposition et évaluer la part de chacune (environnement extérieur, bricolage, domestique, paraprofessionnelle, intramurale passive).
  • Décrire les emplois et secteurs associés à l’exposition cumulée la plus importante à l’amiante et autres fibres.

Les enquêtes DO-Meso sont testées en 2014 dans le cadre d’une phase pilote d’une durée d’une année dans huit régions métropolitaines et une région ultramarine volontaires. Deux modèles de fonctionnement seront testés :

  • Prise en charge des enquêtes par la Cellule interrégionale de l’InVS-Cire : Bretagne, Limousin, Picardie, Poitou-Charentes, La Réunion.
  • Prise en charge des enquêtes par l’équipe PNSM locale dans le cadre d’une extension du champ  PNSM, en appliquant la procédure d’enquêtes DO-Meso : Alsace, Aquitaine, Basse-Normandie, Franche-Comté.

Schéma d'enquête DO-Méso

Schéma d'enquête DO-Méso

Dossier Déclaration obligatoire des mésothéliomes

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